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Le caractère profondément romanesque de Lord Jim (sa deuxième partie surtout), qui met en scène amour et combats guerriers dans la jungle malaise, a su enflammer des générations de jeunes lecteurs. La complexité de ce long roman avait pourtant de quoi dérouter : monologues et dialogues continuellement imbriqués enchevêtrent un récit à tiroirs, un labyrinthe dont le fil conducteur ne se dénoue que brutalement, avec une fin tragique. Conrad patiemment tisse sa trame, emprisonne son héros comme dans une toile. Explore tous les angles d'une personnalité déchirée, torturée par ses contradictions. Tour à tour éclaire puis assombrit les facettes d'une histoire individuelle, avec ce mélange de distance et de chaleur qui lui est si personnel. Car non seulement Conrad domine son sujet, promenant sur les hommes et la mer un miroir implacable, mais il retient aussi son lecteur, l'hypnotise avec une virtuosité magique, pour mieux l'entraîner dans le grand rêve de Lord Jim. --Scarbo
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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Présentation de l'éditeur
Plus qu'un roman d'aventures, Lord Jim est un récit initiatique et une sombre parabole sur le destin de l'empire britannique. Jim, l'idéaliste romantique, est dépossédé de son acte au moment même où il le commet et reste hanté par les rêves de l'illusion romanesque. Courage et lâcheté, solidarité et trahison s'enchevêtrent au point que tout jugement moral se brouille dans une irréalité où seules subsistent la solitude et la mort. Vacillant entre pulsion de mort et accomplissement sacrificiel, Jim est à la fois juge et accusé, coupable et victime, bouc émissaire et figure tragique. Dans un Patusan où le primitivisme de Conrad se colore de pessimisme post-darwinien, la jungle archaïque apparaît assez menacée par l'entropie et la barbarie. Par son tournoiement de témoignages et ses dislocations chronologiques, la narration devient un kaléidoscope où toute vérité absolue se dissout, annonçant les expérimentations modernistes et le montage cinématographique. La voix du narrateur Marlow ne peut alors que tâtonner dans une obscurité grandissante, laissant finalement le lecteur au " centre d'une formidable énigme ".
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Poche
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