Ce disque a de quoi plaire notamment grâce aux voix superbes de «The King's Singer» et à l'artillerie des instruments hétéroclites et bizarroïdes déployés: théorbe, guitare baroque, luth, psaltérion (2), cornet à bouquin, violon baroque, viole, zarb, tambourins, cachichis, haricots, mâchoire d'âne, guïro, doumbeck, tambour, guitare flamenca (2) et jarana.
D'un caractère enjoué et plutôt naïf, cet album convient à merveille pour passer une merveilleuse soirée, tout genre de public confondu.
Et c'est là que le bat blesse. Il y a cette tentation de faire du « moderne» avec de «l'ancien» qui m'a sévèrement déplu, surtout à la plage 11, intitulé «Olvidate de mi». On croit vraiment entendre du «jazz» ; et je pèse bien mes mots; ce n'est pas la première fois que Christina Pluhar se permet quelques anachronismes (rappelez-vous la clarinette de son album «All Improvviso») Ce «Olvidate de mi», non daté, m'a passablement consterné. En effet, même si la tendance « moderne» se fait parfois sentir, même pour des oeuvres datées des années 1643, 1556, 1730, le «Olvidate de mi» fait penser à de la musique du monde jazzée. Or, tel n'était pas le but recherché quand j'ai fait l'acquisition de cette «Impossible Rencontre»
Parmi les bons points, mentionnons le sublime chant «a cappella» qui clôture le disque. Et le violon furieux, mais hélas, si court qui donne un peu de tonus à ce récital (« la Dia spagola »). Mira Glodeanu, au violon baroque, est toute de feu et aurait mérité plus d'espace qu'un maigre 2 minutes (-si fort d'intensité- on en aurait redemandé !)
Par ailleurs, on a parfois l'impression que Christina Pluhar a refusé toute démesure. En effet, lorsque des airs, des mélodies assez toniques démarrent, notamment à la guitare baroque, celles-ci s'évanouissent aussi tôt. Un peu plus de flamme espagnole aurait été ici de mise.
Un disque qui me laisse perplexe mais qu'on prends néanmoins plaisir à écouter.