film dur sans concessions sur la vie de quelques enfants des rues dans une banlieue pauvre de Mexico (je n'ai appris qu'après avoir visionné le film que la banlieue avait été reconstituée en studio avec une véracité étonnante), Bunuel nous décrit ces gosses et adolescents perdus en les différenciant les uns des autres, il y a quelques anges en manque de tendresse -dont le héros-, il y a les authentiques frappes violentes, stupides et méchantes et il y a les suiveurs ; il nous les montre agressant un aveugle ou un cul-de-jatte avec une cruauté ordinaire -on s'attaque à plus faible que nous- ... donc aucun manichéisme dans ce film, c'est du cas par cas, la mère célibataire rejette son enfant -le héros- car il découche et fait les quatre cents coups, qu'elle travaille toute la journée et qu'elle a d'autres enfants qui demandent son attention Mais au fond c'est son fils malgré tout et sa cruauté n'est qu'apparente, le directeur d'une ferme-école pour enfants en perdition est extrêmement humain et psychologue... Mais il n y a pas de happy end ici, la vérité prime, et la fin sonne juste et arrive brusquement ; quelques scènes oniriques entre cauchemars et phantasmes particulièrement enthousiasmants.
Dans les bonus il y a un reportage de Bunuel ((1932) "Terre sans pain" sur une région désolée de l'Espagne pauvre, moyenâgeuse, survivant dans une misère crasse... il dénonce les conditions infamantes de ces laissés pour compte. Évidemment interdit en Espagne pendant des décennies.