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Le professeur en études stratégiques Philip A. G. Sabin, du King's College de Londres, a mené jusqu'à aujourd'hui une carrière très reconnue d'historien militaire. Ses domaines de prédilections concernent l'antiquité, la seconde guerre mondiale et la stratégie aérienne. Philip Sabin est également, un expert éclectique de la simulation des conflits. Il a par ailleurs contribué à l'ouvrage collectif « Cambridge History of Greek and Roman Warfare » (Cambridge University Press, 2007) et a publié de nombreux articles, dont un particulièrement remarqué sur « The Current and Future Utility of Air and Space Power » (Royal Air Force Air Power Review, 2010). Il s'y s'essaye à la prospective, en recourant notamment aux principes déjà utilisés dans ses recherches sur l'antiquité. Son livre « Lost Battles » a constitué, dès sa sortie en 2007, un véritable événement dans le monde du jeu d'histoire et a conduit à sa réédition dès 2009.

Tout l'intérêt de l'ouvrage réside dans l'explication très détaillée de la conception d'un véritable modèle de « reconstruction » des batailles antiques. Ce choix, longuement argumenté, réside dans la volonté de créer un système suffisamment « générique » pour permettre des comparaisons sur un échantillon suffisamment représentatif de batailles. Sabin met par ailleurs en avant plusieurs points selon lui déterminants, comme l'importance du commandement ou le niveau de pertes extrêmement disproportionné entre vainqueurs et vaincus. Ce dernier élément le fait douter de la réalité des longues périodes de mêlées et d'escrime, sur la ligne de front, qui auraient justement équilibrées les pertes entre les protagonistes. Pointant les contradictions des sources antiques, en prenant l'exemple de la bataille de l'Hydapses et des récits d'Arrien, de Curtius et de Polyaenus, Sabin choisit également de faire l'impasse sur les travaux postérieurs « d'exégèse » et notamment sur les auteurs du XIXe siècle, comme Delbrück par exemple, pour ne retenir dans ses recherches que les travaux de ses contemporains.

La première partie du livre s'attache dès lors à évaluer autant que faire ce peut les réalités de l'art antique de la guerre au travers des armées, de leurs capacités de mouvement ou leurs aptitudes de combat. Sabin recourt ensuite à un niveau assez élevé d'abstraction afin de bâtir son modèle de reconstruction des batailles à l'échelle grand tactique. Il cherche à se dégager des incertitudes qui émanent des sources en suggérant par exemple « que l'on se concentre sur les effets des combats tels que décrits dans les récits eux-mêmes » plutôt que d'extrapoler sur leur déroulement. La seconde partie de l'ouvrage couvre la reconstruction, selon les principes évoqués, de 35 batailles de la période de 500 ans allant de Marathon à Pharsale. Elle est dans sa forme assez répétitive et gagne à être abordée en allant d'une bataille à l'autre, selon ses goûts, plutôt que par une lecture systématique. On y découvre aussi que Sabin est lui aussi contraint à faire des choix qui s'avèrent « personnels », par exemple pour valoriser des unités entre recrues ou vétérans ou pour reconstruire le terrain. Dans une certaine mesure, et c'est inévitable, Sabin donne ainsi sa propre compréhension des sources dans un modèle qui ne peut pas être exclusivement « scientifique ».

La conclusion du livre fait ainsi ressortir sa vision des clés de la bataille antique : la notion de force (effectifs et qualité des unités engagées), les contraintes liées à l'espace (le terrain et son utilisation), la notion de temps (trop souvent négligée dans les travaux de nombreux historiens) et enfin le facteur décisif du commandement. Innovant, créatif et toujours appuyé sur des argumentations très bien étayées, Lost Battles, le livre, constitue un travail majeur dans l'historiographie récente consacrée à l'art de la guerre de l'Antiquité.
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le 26 août 2009
Philip Sabin est un universitaire spécialiste de l'histoire militaire et fin connaisseur de la guerre antique.
C'est aussi un habitué du monde du jeu d'histoire.
Dans Lost Battles, il propose l'élaboration d'un modèle de simulation des batailles antiques dans le but de disposer d'un instrument de réflexion sur la guerre des Grecs et des Romains. En particulier, son modèle vise à soumettre à l'expérience les diverses sources relatives aux effectifs des armées afin de vérifier ce qui est plausible et ce qui ne l'est pas.
Par exemple: à Marathon, on parle de 15 à 20 000 Perses contre 10 000 Grecs. Pourtant le résultat donne l'impression d'une nette supériorité de l'armée athénienne. Comment concilier cela ? En travaillant sur le type (armement, formation) et la classe (mental, expérience) des troupes jusqu'à parvenir à deux listes d'armées qui rendent plausible le résultat historique.
Le livre, après une centaine de pages d'exposé de la méthode, donne donc des scénarios pour 35 batailles, de Marathon à Pharsale. Le champ de bataille est modélisé en un grand rectangle divisé en 20 zones carrés. Des éléments de terrain sont présents (cours d'eau, colline, bois...) quand les sources les évoquent. Le lecteur peut ensuite reproduire ces batailles et mener ses propres réflexions, voir corriger le modèle s'il le juge nécessaire.
Car Philip Sabin ne prétend pas détenir l'alpha et l'oméga de la guerre antique. Son modèle est au contraire destiné à enrichir le débat, non à le fermer: toute proposition est la bienvenue et il répond volontiers aux commentaires sur le groupe Yahoo consacré au livre.
Pour faciliter la pratique du modèle, un fichier contenant tous les scénarios est téléchargeable sur un site universitaire. Ce fichier fonctionne avec le logiciel Cyberboard très connu des joueurs par courriel.
Une expérience stimulante pour le passionné d'histoire militaire antique !
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le 10 décembre 2009
Une méthode d'analyse très innovante dans l'art de la guerre permet d'aborder les conflits anciens dans leur globalité en s'affranchissant des simples données bibliographiques forcément réduites et redondantes.
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