Les Doves sont un des plus grands groupes actuels, ils incarnent le renouveau du rock anglais au coté de Radiohead, ont une forte identité, leurs pochettes ont un design enigmatique et traduisent une unité dans leur démarche (comme Joy Division), on peut dire qu'ils font désormais partie de l'histoire de Manchester au même titre que New Order ou les Smiths.
Le premier album des Doves, avec le recul ne souffre d'aucune comparaison avec "the last broadcast" (on pourrais seulement dire qu'il manque peut-être un titre comme "pounding" ...) , cet album traduit d'emblée, l'énorme potentiel du groupe à écrire les chansons et à nous transporter dans son univers qui évoque le quotidien du nord de l'Angleterre, les docks et les lads.
L'entrée en matière est magistrale, l'inquiétant instrumental"Firesuite" nous rappelle avec plaisir l'intro du premier Stone Roses (I wanna be adored) découpé entre une rythmique baggy très lente et s'arrêtant de temps en temps sur un sample mystérieux, majestueux ! s'ensuit "Here it comes" et son piano lanscinant à la Portishead, les Doves font passer leurs mélodies dans un prisme vert de gris et blafard tout en évoquant le meilleur de : Spiritualized sur "Break me gently", les Smiths (de last night I deramt...) sur "Sea song", les Stone Roses sur "Melody calls" et "Cedar room".
Paradoxalement la chanson la plus catchy et la plus électrique "Catch the sun" imposée comme single est pour moi la plus faible de l'album.
Quant à la ballade douce amère de "A house" qui évoque un Nick Drake prolo et qui clôt l'album nous fait penser à une nuit pluvieuse dans Manchester et il est probable qu'on écoutera encore ce disque dans trente ans avec le même ravissement.