Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Comment se pilotent les systèmes,
Par Blacknano (France) - Voir tous mes commentaires
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lost in management : La vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle (Broché)
A l'heure où les gouvernants de tout poil s'interrogent sur la gouvernabilité des systèmes dont ils ont la charge - Etats, système financier, entreprises... -, l'ouvrage de François Dupuy tombe à pic en (re)mettant à jour quelques évidences sur le fonctionnement des organisations.Que nous raconte donc son dernier ouvrage consacré à « la vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle » ? L'idée centrale est qu'à force de tout vouloir piloter à l'aide d'indicateurs et de reportings, les entreprises perdent le contrôle d'elles-mêmes. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que les outils utilisés et, - surtout, - leur inflation démesurée, sont inadaptés à la complexité croissante du réel. Plus le réel devient interdépendant, plus les outils conçus pour l'appréhender devraient (logiquement) mettre l'accent sur les liens, les interfaces. Or, on n'assiste à rien de tout cela. C'est même plutôt l'exact inverse, avec l'accumulation d'indicateurs, de procédures, de modes opératoires qui appauvrissent la réalité et la découpent en morceaux toujours plus petits. Pour maîtriser une complexité faite de liens et de rétroactions, les entreprises empruntent ainsi une voie qui aboutit à l'opposé du but recherché : l'utilisation massive d'indicateurs qui parcellisent la connaissance, disjoignent les phénomènes. Les outils étant inadaptés, les résultats ne peuvent qu'être décevants. Mais au lieu de s'interroger sur la méthode, les entreprises font « toujours plus de la même chose » (Palo Alto) : elles demandent encore et toujours plus d'indicateurs, entretenant des bureaucraties intermédiaires spécialement dédiées à cette tâche. La solution finit par renforcer le problème : plus personne ne sait trop bien quoi faire de cet accroissement incessant de contrôles. Pire : plus il y a d'indicateurs, plus c'est la base qui se trouve - à son corps défendant - en situation d'arbitrage : « Le délire des processus, des reportings et des indicateurs finit par recréer des zones de liberté pour les salariés tant [ces indicateurs] deviennent contradictoires les uns avec les autres et laissent ainsi les acteurs libres de décider ce qu'ils doivent appliquer ou non. » Cette place démesurée faite aux dispositifs de contrôle repose sur une erreur fondamentale de raisonnement : « Chacun pense (ou feint de penser) que la règle définit le jeu, et donc que les acteurs appliquent ce qu'on leur demande d'appliquer et ne déploient leur intelligence que pour se conformer à ce qui a été décidé ». Les sociologues des organisations ont montré depuis longtemps que c'était loin d'être le cas : « Les règles ne définissent pas le jeu, elles le structurent. Les règles ne sont pas importantes par ce qu'elles disent, mais par l'usage que les acteurs en font. Le véritable déluge procédurier qui envahit aujourd'hui (à nouveau !) les entreprises ne crée ni l'ordre ni l'harmonie ni la prévisibilité. Il donne aux acteurs des marges de jeu considérables ». Non seulement, donc, les informations remontées ne donnent qu'une image très appauvrie de la réalité, mais en outre, ce « déluge » sape la confiance des salariés et décrédibilise tout appel à « l'autonomie » ou « l'empowerment ». « Au lieu de donner aux entreprises les moyens de reprendre le contrôle d'elles-mêmes, [les processus] découragent les bonnes volontés et encouragent les comportements routiniers et bureaucratiques. On substitue à l'initiative des acteurs des modes de gestion « rationalisés ». Le passage à des formes trop rationalisées de travail détruit la confiance initiale si précieuse. » Pour couronner le tout, les salariés eux-mêmes, par leurs demandes récurrentes de « clarification de l'organisation », participent de cette impuissance. Ce que montre magistralement Dupuy, c'est que plus les postes sont « clairs » (c'est-à-dire plus ils ont des frontières nettes et étanches entre eux), plus ils constituent de petits « monopoles internes » dont les acteurs se servent pour accroître leur pouvoir. On aboutit ainsi à ce résultat déjà mis à jour depuis fort longtempsbien connu, mais que les organisateurs persistent à ne pas vouloir comprendre, que plus une organisation est « claire », (c'est-à-dire plus elle est segmentée), moins elle a de chances de coopérer. Alors, comment dénouer ces naeuds ? Comment rétablir cette fameuse confiance, clé de voûte du comportement coopératif ? Repartons de la définition du pouvoir. Pour les sociologues des organisations, on l'a déjà dit, le pouvoir vient de la maîtrise de « monopoles internes », qui permet à leurs propriétaires de créer de l'incertitude sur leurs comportements et donc de négocier leur bonne volonté. Le caeur du pouvoir est là, bien davantage que dans les galons. « Plus l'acteur est incertain, plus il a de pouvoir, et moins on peut lui faire confiance. [Les acteurs] font payer le coût de leur situation monopolistique au reste de cette organisation ». Appuyons-nous alors sur cette proposition pour recréer de la confiance : « Ce qui va permettre la confiance, c'est la réduction de l'incertitude des comportements. [...] Les acteurs doivent définir entre eux ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas dans leurs relations ». Lire François Dupuy est toujours un plaisir. D'abord parce qu'il a un vrai talent de pédagogue :, et ensuite parce que les « cas » qu'il relate se lisent comme des histoires ;. Iil a l'un art consommé de modéliser les situations qu'il rencontre et de les rendre limpides. François Dupuy le souligne aussi avec force : « L'essentiel n'est pas la règle, mais la régulation ». Autrement dit, qui veut intervenir en entreprise a tout intérêt à adopter une lecture relationnelle des organisations, en lieu et place des visions classiques en termes d'organigrammes ou de modes opératoires. Le pouvoir vu comme la maîtrise d'une « zone d'incertitude » offre, enfin, une vraie piste pour rebâtir cet étrange objet qu'est la confiance : « Toute cette perspective replace au premier plan la question de la confiance. La question est de construire un environnement de travail moins incertain, plus prévisible, qui permette de se fier un peu plus à l'autre. » Arrêtons donc d'investir autant d'énergie dans la conception et la production d'indicateurs, de process, de reportings, et redonnons aux acteurs l'opportunité de travailler ensemble, de trouver ensemble les solutions aux problèmes qui apparaissent immanquablement aux interfaces. Je ne suis pas complètement convaincu que le paradigme de l'individu calculateur et stratège - socle méthodologique de la sociologie des organisations - soit le plus pertinent pour penser la question de la confiance. Quiconque travaille dans une organisation peut constater que la confiance ne « s'achète » pas aussi facilement que cela et ce, quelle que soit l'efficacité des leviers RH (rémunération, évaluation). Elle comporte une part incompressible de « don », de relations, magnifiquement mise en lumière par les travaux de l'école du don (Alter, Godbout). Les gens coopèrent, certes, parce qu'ils y ont intérêt, mais aussi, et peut-être davantage encore, parce qu'ils en ont envie, parce qu'ils en retirent des bénéfices relationnels, sociaux, voire identitaires. Et, du coup, je trouve François Dupuy sévère lorsqu'il parle, à propos d'une organisation dans laquelle il est intervenu, d'une « grande « immaturité » organisationnelle (...) qui se traduit par la place que prend la dimension affective dans les relations ». Ma pratique de coach m'amène à constater l'inverse, à savoir que les équipes qui coopèrent le mieux sont aussi celles qui savent faire une juste place à la dimension affective. Ma seconde interrogation concerne la question du contrôle. Pour l'auteur, c'est une nécessité « légitime » : il parle insiste ainsi sur ledu « besoin de retrouver la maîtrise... », sur le fait qu' ; il ne faut pas « critiquer la tentative des entreprises de mieux contrôler ce qu'elles font. Il est légitime qu'elles émettent des règles, des procédures, des indicateurs, des processus. Ce qui est en jeu, c'est la façon dont elles le font ». Il me semble que cette « évidence », parée des habits du bon sens, mériterait d'être un peu davantage soumise à la question. A l'âge de l'autonomie, des réseaux sociaux, de la génération Y, est-il encore envisageable de « contrôler » les salariés ? Je veux dire de les contrôler pour qu'ils obtiennent les résultats que l'on attend d'eux ? Au vu de l'efficacité plus que limitée des dispositifs décrits par l'auteur, on peut se poser la question. Ne vaudrait-il pas mieux chercher à s'appuyer sur l'autonomie des... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
37 internautes sur 47 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Une analyse qui a ses limites,
Par crew.koos (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lost in management : La vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle (Broché)
Sociologue des organisations, François Dupuy n'en est pas à son coup d'essai en matière d'étude du monde de l'entreprise (il est notamment l'auteur de "La fatigue des élites : Le capitalisme et ses cadres" paru en 2005 dans lequel, malheureusement, il ne proposait que des solutions palliatives au mal être qu'il décrivait par ailleurs fort bien). Voici donc son nouvel ouvrage dont le thème central semble être les jeux de pouvoir au sein de l'entreprise en ce début de millénaire.Réfutant l'idée d'une entreprise régie par la tyrannie du profit au seul bénéfice des cadres dirigeants et des actionnaires, la thèse qu'il défend est celle d'une entreprise où le pouvoir serait dilué dans la masse informe de l'organisation, sans qu'on en puisse plus l'attribuer, dans sa globalité, aux dirigeants. Cette dilution du (des) pouvoir(s) ayant pour conséquence de rendre la politique de l'entreprise (quelle qu'elle soit) beaucoup moins claire et lisible, entrainant, par la même, la désorientation, la souffrance et la démotivation des intervenants. Curieuse idée donc, plus personne n'aurait vraiment le pouvoir dans l'entreprise, et cette redistributioin des cartes nuirait à la sérénité des employés ? Une thèse qui pourrait se défendre si l'auteur n'avait eu de cesse de rappeler, en préambule, que l'idée selon laquelle tout se faisait au seul profit des actionnaires était fausse. En effet, il est tout à fait possible que les dirigeants d'une boite jouissent actuellement de moins de pouvoir direct que leurs (glorieux ?) prédécesseurs, mais la raison est sans doute beaucoup moins à chercher du coté d'une prétendue dillution de ce pouvoir dans l'organisation, comme tente de le démontrer assez maladroitement l'auteur, que du coté des marchés financiers tout puissant qui font la pluie et le beau temps sur l'activité de n'importe quelle boite cotée pour peu que celà se traduise rapidement en dividendes sonnants et trébuchants. Dillution du pouvoir prétend l'auteur ? à voir, en tous cas, beaucoup plus certainement, concentration du pouvoir en d'autres mains que celles qui ont vraiment la main sur les commandes opérationnelles de la société. Si l'on peut ainsi mettre en question les conclusions de l'auteur quant à la dégradation des relations et la démotivations qui en découle, force est de lui reconnaitre le mérite de dresser un tableau particulièrement probant du piteux état des troupes qui peuplent les dites entreprises. Si le constat est lucide, le diagnostic est, lui, beaucoup plus discutable, quant aux solutions, reconstruire une maîtrise minimale de la direction et de ses managers sur l'organisation et ses personnels est-ce vraiment ce que l'on peut appeler une solution viable et facile nà mettre en place ? j'en doute. Comme pour son précédent ouvrage, l'auteur, fin observateur, propose des soins paliatifs à un mal qui mériterait un traitement de fond bien plus contraignant. CREW.KOOS Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
L'analyse est redoutable, les solutions proposées sont moins convainquantes,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lost in management : La vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle (Broché)
L'auteur, sociologue des organisations, s'appuie sur un grand nombre d'enquêtes dans différentes entreprises et organisations pour montrer que celles-ci perdent souvent le contrôle d'elles-mêmes, souvent du fait d'années de "paresse managériale". Celle-ci se manifeste par le fait qu'on a laissé filer le travail au fil d'années de (relative) aisance, en utilisant souvent le travail intérimaire (les CDD qui se défoncent) comme variable d'ajustement pour ne pas avoir à gratter les avantages acquis et les mauvaises habitudes systémiques prises. L'organisation en silos a aussi enlevé tout sens du collectif, et quand on se rend compte des dégâts on lance des stratégies d'intégration (matriciel, processus, foison d'indicateurs de performance, etc.) qui perdent de vue la gestion du client, sacrifient l'encadrement de proximité et créent plus de tourmente qu'elles ne résolvent de problèmes.Les exemples déroulés sont implacables, ils montrent comment on peut remplacer l'intelligence collective par une "diarrhée" de processus, comment le matriciel et l'intégration mettent en place des bureaucraties intermédiaires qui ne portent ni la vision de la stratégie de l'ensemble, ni la connaissance du terrain que peut posséder l'encadrement de proximité. Au passage, on détruit la confiance et la prise d'initiative que donnent une autonomie sous contrôle des personnes, à tous les niveaux. Si Dupuy est redoutable comme analyste, avec des démonstrations criantes de vérité de la situation dans laquelle se trouvent nombre d'organismes ou d'entreprises (au passage, on se rend compte que public ou privé, secteur de service public ou secteur concurrentiel, ce n'est pas là que sont les différences, les mêmes maux frappent les uns et les autres), je le trouve moins pertinent et convainquant quand il s'agit de proposer des solutions. Il plaide pour des organisations floues où on laisse la confiance, associée au jeu des réseaux et des confrontations internes, dessiner une gouvernance qui n'en est pas vraiment une et dont on a du mal à comprendre comment mettre ça en place en pratique. Il ne parle pas non plus beaucoup de l'importance du sens partagé au sein d'une entité, alors que les exemples positifs qu'il présente en fin d'ouvrage pour nourrir son propos, me semblent surtout être des exemples d'entreprises où on a su préserver le partage du sens, plus que des entreprises qui tirent profit d'une organisation floue. Il n'empêche que c'est un livre qui interpelle et qu'il vaut la peine de lire pour prendre un peu de recul sur les multiples chantiers dans lesquels nombre d'entreprises et d'organisations sont plongées. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
Commentaires client les plus récents |
|
|
|