Louis Bertignac

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Biographie

On entre par une cuisine que l'on devine familiale, toujours prête à accueillir l'ami improviste. À gauche, un studio, capharnaüm dévoilant une activité fébrile, une passion visiblement vivace. Au mur, à droite, des guitares, beaucoup, toutes belles, toutes différentes, pas des trophées, non, des outils, comme dans un établi, attendant de servir la création, une Dobro au sol, aussi un sitar, une batterie, des photos, des bougeoirs ottomans. Un studio revendiquant une existence. Vivant. Au centre, l'ordinateur et un mur d'enceintes. Qui vont bientôt dévoiler les titres du nouvel album de ... Lire la suite

On entre par une cuisine que l'on devine familiale, toujours prête à accueillir l'ami improviste. À gauche, un studio, capharnaüm dévoilant une activité fébrile, une passion visiblement vivace. Au mur, à droite, des guitares, beaucoup, toutes belles, toutes différentes, pas des trophées, non, des outils, comme dans un établi, attendant de servir la création, une Dobro au sol, aussi un sitar, une batterie, des photos, des bougeoirs ottomans. Un studio revendiquant une existence. Vivant. Au centre, l'ordinateur et un mur d'enceintes. Qui vont bientôt dévoiler les titres du nouvel album de ... Lire la suite

Cette biographie a été fournie par l'artiste ou son représentant.

Sans doute le soleil, en tapant sur la tête de certains bambins, contribue-t-il à libérer leur talent : on finirait par se poser la question en constatant le nombre d'artistes, politiques et autres gloires nationales né(e)s en plein Empire colonial français. C'est en effet à Oran (Algérie française) que Louis Bertignac voit le jour, le 23 février 1954. Mais la musique qui fait alors danser la colonie nord-africaine n'a rien de guilleret : en pleine guerre d'Algérie, la famille Bertignac regagne la métropole. Le petit Louis, âgé de trois ans, s'installe à Paris, et plus précisément dans le ... Lire la suite

On entre par une cuisine que l'on devine familiale, toujours prête à accueillir l'ami improviste. À gauche, un studio, capharnaüm dévoilant une activité fébrile, une passion visiblement vivace. Au mur, à droite, des guitares, beaucoup, toutes belles, toutes différentes, pas des trophées, non, des outils, comme dans un établi, attendant de servir la création, une Dobro au sol, aussi un sitar, une batterie, des photos, des bougeoirs ottomans. Un studio revendiquant une existence. Vivant. Au centre, l'ordinateur et un mur d'enceintes. Qui vont bientôt dévoiler les titres du nouvel album de Bertignac.
L'homme ne change pas. On le croise par médias interposés depuis Téléphone, on le devine rigolard, habité, virtuose et fil de fer. C'est un peu ça. Son sourire est celui d'un gamin à qui on ne la fait pas. Son enthousiasme à la simplicité débonnaire a de quoi fédérer bien des âmes.
Bertignac... LE guitariste hexagonal, la SG toujours et encore en bandoulière. L'enfant de Led Zeppelin, d'Hendrix, des Who, des Rolling Stones, du blues, de l'électricité débridée, du solo qui décolle. Un parcours rock, une reconnaissance nationale. Tout ça, on le sait.
Ici, dans cette pièce à l'identité laboratoire, mélange idéal de convivialité et de bohème, c'est une évidence, on préfère, aux bégaiements de l'histoire, la quête du chemin nouveau, l'aventure. Fier de l'avant, bien sûr mais surtout désireux de ne pas s'endormir sur des lauriers mérités, dévoré par une nécessité: se surprendre, fouetter sa passion pour mieux rebondir.
C'est presque étrange mais au moment de s'installer, on devine que quelque chose va se passer. Quelque chose de pas anodin. Des rumeurs ont filtré. Les nouvelles compositions seraient fiévreuses, incandescentes même. On demande quand même à entendre. Parce qu'en France, on nous promet du rock depuis 1960 et on attendrait presque encore... Le fameux complexe face au grand-frère anglo-saxon. L'obsession de la mélodie, le besoin de paroles accessibles. Sempiternelle rengaine. Lassitude.
Ca commence. Explosion. Littéralement. On regarde Bertignac. Il sourit. Il sait. Là, c'est comme si tous les compteurs venaient, en un riff, d'être remis à zéro. Oui, en un seul riff, la donne a changé. Bertignac ne tourne pas autour du rock, ne joue pas au plus malin, là, il le percute, l'enlace, le ressuscite. Carrément. Un blues monstrueux, tellurique, envahit la pièce. Bertignac s'est lâché. Il a ouvert les vannes. La charge est moins héroïque que décomplexée, totale, jubilatoire! Il chante comme jamais. La voix hargneuse, au centre du conflit. Le disque défile, 13 titres, la guitare est à l'honneur, doux euphémisme, une certaine idée d'un rock animal, psychédélique, d'un blues sorti de la caverne, brise les dernières réticences. Bertignac fait enfin du Bertignac, aurait-on presque envie d'écrire. Une question s'impose alors à l'esprit: Pourquoi avoir attendu 2010 pour enregistrer ce disque qui lui ressemble autant? La réponse relève du miracle: “C'est un album de rock... Un florilège de riffs de guitare. Pour moi, c'est le deuxième album que j'aurais du faire après le 1er Téléphone. Pourquoi avoir attendu 2010? Je ne sais pas... Et je ne savais pas que j'étais capable de sortir autant de riffs... Je n'avais même jamais essayé. Je sais, c'est bizarre. Il y a eu un déclic. Mais j'avais déjà fait des riffs, “Ca, C'est Vraiment toi”, “Argent Trop Cher”, il y avait des riffs. Mais Téléphone, c'était quand même plus des accords et des mélodies... Ce disque, j'aurais du le faire il y a longtemps. Ce disque, je pourrais sans problème le faire écouter à Jagger ou à Page, sans aucun complexe. Cette nouvelle confiance, elle vient aussi de mon manager, Maurice, qui est un amour de mec et qui a changé quelque chose dans ma vie. Il m'a fait jouer avec Bill Wyman, Alvin Lee, des héros pour moi et ces mecs, je leur ai mis la claque. Tout ça donne vachement confiance. Si j'avais des complexes? Ouais, probablement. Mais il y a quelque chose de positif dans les complexes, c'est que ça t'évite de prendre la grosse tête, ça t'évite ce genre de conneries. Surtout, ça te pousse à toujours tenter de faire mieux. Moi, je veux arriver au sommet de moi. Je n'y suis pas encore. Mais avec cet album, je suis la bonne route. Je me suis toujours dit que je pouvais faire dix fois, cent fois mieux. Et puis, ce qui compte, c'est de savoir que je vais me retrouver sur scène pour jouer ces chansons et que je vais m'éclater. Un hommage au rock, cet album? Bien sûr, bien sûr... En fait, j'avais un album qui était quasiment prêt. J'avais fait les maquettes. En 2008-2009. J'avais écrit les textes, il était presque déjà mixé. Et puis je vais voir Prince en concert à Paris. Et juste devant moi, il y a, assis, ce cher Martin Meissonnier. Je suis content de le revoir. C'est un mec que je croise régulièrement, souvent par hasard, à Paris ou à Katmandou, un mec que j'aime beaucoup et pour qui j'ai beaucoup de respect depuis que j'ai lu son nom sur l'album de Page et Plant... Je lui propose de venir écouter chez moi mon album presque fini, pour avoir son avis. Il accepte. Après écoute, il me dit: “Ouais, c'est vachement bien mais je peux te dire un truc, sincèrement? C'est pas l'album que j'espère de toi depuis toujours.” Alors moi, je réponds: “Qu'est ce que tu attends de moi?”. Et il dit: “De toi, j'attends des riffs de guitares à n'en plus pouvoir, des solo qui durent...”. Et là, je vois exactement ce qu'il veut dire. Et ça me tourne dans la tronche pendant plusieurs jours. Et ça devient une évidence. Je décide d'essayer de faire des riffs ... Il se trouve que je pars une semaine après au Brésil, pour une tournée de 25 jours. Et, là, j'ai composé des riffs. Que j'enregistrais avec mon I-Phone, qui a un magnéto 4 pistes intégré (sourire). Je faisais un riff puis j'enregistrais une mélodie de voix par dessus (Il dégaine son téléphone et nous fait écouter. On dirait un enfant à la malice communicative). Je suis rentré à Paris avec une quinzaine de morceaux à base de riffs. J'envoie ça par Skype à Martin. Il me répond: “Putain, voilà, c'est exactement ça! Tu les as, tes chansons. Il faut maintenant trouver un parolier...” Je pense direct à Boris Bergman. Qui a accepté, bien sûr. Meissonnier, ça a vraiment été le déclic, il m'a ouvert un truc... C'est marrant parce que c'est un mec qui n'a rien à voir avec le rock, à priori... Cette fois, ce n'est pas la guitare qui m'a dicté les choses. Les riffs, au Brésil, je les ai trouvés avec la tête. Et c'est ça qui a fait la différence. Ce disque, c'est ce que je faisais quand je jouais, dès que je prenais une guitare. Et quand je faisais un disque, ce n'était plus ça! Sauf là. Je ne comprends pas. Ca m'a pris d'un coup, j'ai eu au Brésil cette explosion de riffs dans la tête. Ouais, il y a eu pendant des années comme une sorte d'autocensure complètement inconsciente. Pourquoi? J'en sais foutre rien...” Une rencontre, une évidence qui s'impose. À quoi ça tient l'existence... À rien. Comme le rock. Un seul petit riff peut tout changer. Absolument tout. Bertignac n'a plus rien à (se) prouver. Son moteur? La passion, l'envie d'honorer l'électricité, en toute liberté. Cet album, c'est une machine à explorer le temps, les désirs. C'est aussi une accélération, une faille spatio-temporelle béante, la certitude que l'on peut faire beaucoup avec très peu, sans plus se soucier des obligations. En formule commando. Bertignac a fait appel à Cyril Atef à la batterie (avec qui il joue au sein du groupe Band Of Gnawa) et Hilaire Penda à la basse (un musicien hors pair repéré par Meissonnier). Autant dire qu'il n'est pas monté au front les mains vides. Il a surtout bouleversé les codes. Ce disque organique, diablement vivant, où femmes indépendantes, bestiaire et guitares hantées par les Grands dominent pour le meilleur, n'a pas eu le temps de tergiverser. Bertignac: “J'ai demandé aux musiciens de venir chez moi l'avant veille de l'enregistrement. On a joué les trucs tous les trois. Ils ont pris des notes. Et ça roulait, c'était facile. Ca collait. En deux jours, on a enregistré la basse, les guitares, la batterie et les voix. Moi, j'étais branché à trois amplis... Et les premières prises étaient toujours bonnes. Et voilà. On a expédié les chansons en un jour et demi. Le dimanche à 14 heures, c'était dans la boîte. Martin voulait absolument enregistrer en analogique. On a donc enregistré sur un magnéto à bandes avant de tout transférer sur un disque dur. Martin est évidemment le réalisateur du disque, ça s'est imposé tout seul. Ce disque, ça n'a été que de la facilité. On n'a pas eu le temps de douter.”48 heures... Pour accoucher d'un monstre de groove. Économie de moyens, générosité de chaque instant. Renaissance? Illumination? On préfèrera parler de timing idéal. Bertignac, pendant l'écoute, se saisit d'une guitare pour rejouer, en direct, certains passages de son disque. Et quand ce n'est pas une six cordes, c'est un harmonica. On sent le gamin qui jubile, véritablement. Heureux d'être là, fier de sa créature. Quand il précise que cet album sortira également en vinyle, on n'est même plus surpris. Un chien noir, immense, les crocs en avant, traverse ce disque à la fois lumineux et rageur, jouisseur et abandonné aux vents d'un rock salvateur. Black Dog. Kolinka a frappé les fûts sur un titre, Joyce Jonathan (dont le premier album a été produit par Bertignac) prête sa jolie voix à deux compositions. Un esprit de famille flotte sur ces compositions. Indéniablement. Et puis, il y a les textes, de Boris Bergman. En français. Pas ce français qui gangrène depuis trop longtemps notre rock, non. Un français à la poésie autant narquoise que cryptée, un français qui s'accorde à la guitare, plus qu'il ne la domine. Des paroles aux images qui emmènent. Qui refusent l'explication de texte. Et qui collent à merveille aux assauts soniques de Bertignac.“C'est vraiment ça que j'ai aimé dans les paroles de Bergman. Lui, c'est vraiment l'écrivain de rock. Parce que justement, il a un truc que la plupart des autres n'a pas: Il écrit flou, il écrit des images. Dans ses textes, on peut trouver le sens que l'on veut. J'adore ce style. Ses mots sonnent. Je l'ai repris sur maximum trois phrases sur l'album. Il est venu. On a passé quelques jours ensemble. Il n'a pas écrit sur moi mais étonnamment, il y a plein de trucs qui collent. Ces chansons, tu rentres dedans et tu fais des analogies avec ta propre vie. Elles sont presque toutes pour moi finalement...” Cet album a pour titre “Grizzli”. Qu'on se le dise, l'ours est sorti de sa grotte. Les griffes acérées. Et le message est clair: Rien n'est jamais perdu, figé. Il faut s'ouvrir, tout donner. Malgré le succès, malgré les années qui passent, là, tout de suite, maintenant. Bertignac montre un chemin. Un chemin pas balisé, où tout est encore possible. Pour ceux qui acceptent de lâcher prise. Bertignac est un pirate du plaisir. Son nouvel album une promesse d'après.

Cette biographie a été fournie par l'artiste ou son représentant.

On entre par une cuisine que l'on devine familiale, toujours prête à accueillir l'ami improviste. À gauche, un studio, capharnaüm dévoilant une activité fébrile, une passion visiblement vivace. Au mur, à droite, des guitares, beaucoup, toutes belles, toutes différentes, pas des trophées, non, des outils, comme dans un établi, attendant de servir la création, une Dobro au sol, aussi un sitar, une batterie, des photos, des bougeoirs ottomans. Un studio revendiquant une existence. Vivant. Au centre, l'ordinateur et un mur d'enceintes. Qui vont bientôt dévoiler les titres du nouvel album de Bertignac.
L'homme ne change pas. On le croise par médias interposés depuis Téléphone, on le devine rigolard, habité, virtuose et fil de fer. C'est un peu ça. Son sourire est celui d'un gamin à qui on ne la fait pas. Son enthousiasme à la simplicité débonnaire a de quoi fédérer bien des âmes.
Bertignac... LE guitariste hexagonal, la SG toujours et encore en bandoulière. L'enfant de Led Zeppelin, d'Hendrix, des Who, des Rolling Stones, du blues, de l'électricité débridée, du solo qui décolle. Un parcours rock, une reconnaissance nationale. Tout ça, on le sait.
Ici, dans cette pièce à l'identité laboratoire, mélange idéal de convivialité et de bohème, c'est une évidence, on préfère, aux bégaiements de l'histoire, la quête du chemin nouveau, l'aventure. Fier de l'avant, bien sûr mais surtout désireux de ne pas s'endormir sur des lauriers mérités, dévoré par une nécessité: se surprendre, fouetter sa passion pour mieux rebondir.
C'est presque étrange mais au moment de s'installer, on devine que quelque chose va se passer. Quelque chose de pas anodin. Des rumeurs ont filtré. Les nouvelles compositions seraient fiévreuses, incandescentes même. On demande quand même à entendre. Parce qu'en France, on nous promet du rock depuis 1960 et on attendrait presque encore... Le fameux complexe face au grand-frère anglo-saxon. L'obsession de la mélodie, le besoin de paroles accessibles. Sempiternelle rengaine. Lassitude.
Ca commence. Explosion. Littéralement. On regarde Bertignac. Il sourit. Il sait. Là, c'est comme si tous les compteurs venaient, en un riff, d'être remis à zéro. Oui, en un seul riff, la donne a changé. Bertignac ne tourne pas autour du rock, ne joue pas au plus malin, là, il le percute, l'enlace, le ressuscite. Carrément. Un blues monstrueux, tellurique, envahit la pièce. Bertignac s'est lâché. Il a ouvert les vannes. La charge est moins héroïque que décomplexée, totale, jubilatoire! Il chante comme jamais. La voix hargneuse, au centre du conflit. Le disque défile, 13 titres, la guitare est à l'honneur, doux euphémisme, une certaine idée d'un rock animal, psychédélique, d'un blues sorti de la caverne, brise les dernières réticences. Bertignac fait enfin du Bertignac, aurait-on presque envie d'écrire. Une question s'impose alors à l'esprit: Pourquoi avoir attendu 2010 pour enregistrer ce disque qui lui ressemble autant? La réponse relève du miracle: “C'est un album de rock... Un florilège de riffs de guitare. Pour moi, c'est le deuxième album que j'aurais du faire après le 1er Téléphone. Pourquoi avoir attendu 2010? Je ne sais pas... Et je ne savais pas que j'étais capable de sortir autant de riffs... Je n'avais même jamais essayé. Je sais, c'est bizarre. Il y a eu un déclic. Mais j'avais déjà fait des riffs, “Ca, C'est Vraiment toi”, “Argent Trop Cher”, il y avait des riffs. Mais Téléphone, c'était quand même plus des accords et des mélodies... Ce disque, j'aurais du le faire il y a longtemps. Ce disque, je pourrais sans problème le faire écouter à Jagger ou à Page, sans aucun complexe. Cette nouvelle confiance, elle vient aussi de mon manager, Maurice, qui est un amour de mec et qui a changé quelque chose dans ma vie. Il m'a fait jouer avec Bill Wyman, Alvin Lee, des héros pour moi et ces mecs, je leur ai mis la claque. Tout ça donne vachement confiance. Si j'avais des complexes? Ouais, probablement. Mais il y a quelque chose de positif dans les complexes, c'est que ça t'évite de prendre la grosse tête, ça t'évite ce genre de conneries. Surtout, ça te pousse à toujours tenter de faire mieux. Moi, je veux arriver au sommet de moi. Je n'y suis pas encore. Mais avec cet album, je suis la bonne route. Je me suis toujours dit que je pouvais faire dix fois, cent fois mieux. Et puis, ce qui compte, c'est de savoir que je vais me retrouver sur scène pour jouer ces chansons et que je vais m'éclater. Un hommage au rock, cet album? Bien sûr, bien sûr... En fait, j'avais un album qui était quasiment prêt. J'avais fait les maquettes. En 2008-2009. J'avais écrit les textes, il était presque déjà mixé. Et puis je vais voir Prince en concert à Paris. Et juste devant moi, il y a, assis, ce cher Martin Meissonnier. Je suis content de le revoir. C'est un mec que je croise régulièrement, souvent par hasard, à Paris ou à Katmandou, un mec que j'aime beaucoup et pour qui j'ai beaucoup de respect depuis que j'ai lu son nom sur l'album de Page et Plant... Je lui propose de venir écouter chez moi mon album presque fini, pour avoir son avis. Il accepte. Après écoute, il me dit: “Ouais, c'est vachement bien mais je peux te dire un truc, sincèrement? C'est pas l'album que j'espère de toi depuis toujours.” Alors moi, je réponds: “Qu'est ce que tu attends de moi?”. Et il dit: “De toi, j'attends des riffs de guitares à n'en plus pouvoir, des solo qui durent...”. Et là, je vois exactement ce qu'il veut dire. Et ça me tourne dans la tronche pendant plusieurs jours. Et ça devient une évidence. Je décide d'essayer de faire des riffs ... Il se trouve que je pars une semaine après au Brésil, pour une tournée de 25 jours. Et, là, j'ai composé des riffs. Que j'enregistrais avec mon I-Phone, qui a un magnéto 4 pistes intégré (sourire). Je faisais un riff puis j'enregistrais une mélodie de voix par dessus (Il dégaine son téléphone et nous fait écouter. On dirait un enfant à la malice communicative). Je suis rentré à Paris avec une quinzaine de morceaux à base de riffs. J'envoie ça par Skype à Martin. Il me répond: “Putain, voilà, c'est exactement ça! Tu les as, tes chansons. Il faut maintenant trouver un parolier...” Je pense direct à Boris Bergman. Qui a accepté, bien sûr. Meissonnier, ça a vraiment été le déclic, il m'a ouvert un truc... C'est marrant parce que c'est un mec qui n'a rien à voir avec le rock, à priori... Cette fois, ce n'est pas la guitare qui m'a dicté les choses. Les riffs, au Brésil, je les ai trouvés avec la tête. Et c'est ça qui a fait la différence. Ce disque, c'est ce que je faisais quand je jouais, dès que je prenais une guitare. Et quand je faisais un disque, ce n'était plus ça! Sauf là. Je ne comprends pas. Ca m'a pris d'un coup, j'ai eu au Brésil cette explosion de riffs dans la tête. Ouais, il y a eu pendant des années comme une sorte d'autocensure complètement inconsciente. Pourquoi? J'en sais foutre rien...” Une rencontre, une évidence qui s'impose. À quoi ça tient l'existence... À rien. Comme le rock. Un seul petit riff peut tout changer. Absolument tout. Bertignac n'a plus rien à (se) prouver. Son moteur? La passion, l'envie d'honorer l'électricité, en toute liberté. Cet album, c'est une machine à explorer le temps, les désirs. C'est aussi une accélération, une faille spatio-temporelle béante, la certitude que l'on peut faire beaucoup avec très peu, sans plus se soucier des obligations. En formule commando. Bertignac a fait appel à Cyril Atef à la batterie (avec qui il joue au sein du groupe Band Of Gnawa) et Hilaire Penda à la basse (un musicien hors pair repéré par Meissonnier). Autant dire qu'il n'est pas monté au front les mains vides. Il a surtout bouleversé les codes. Ce disque organique, diablement vivant, où femmes indépendantes, bestiaire et guitares hantées par les Grands dominent pour le meilleur, n'a pas eu le temps de tergiverser. Bertignac: “J'ai demandé aux musiciens de venir chez moi l'avant veille de l'enregistrement. On a joué les trucs tous les trois. Ils ont pris des notes. Et ça roulait, c'était facile. Ca collait. En deux jours, on a enregistré la basse, les guitares, la batterie et les voix. Moi, j'étais branché à trois amplis... Et les premières prises étaient toujours bonnes. Et voilà. On a expédié les chansons en un jour et demi. Le dimanche à 14 heures, c'était dans la boîte. Martin voulait absolument enregistrer en analogique. On a donc enregistré sur un magnéto à bandes avant de tout transférer sur un disque dur. Martin est évidemment le réalisateur du disque, ça s'est imposé tout seul. Ce disque, ça n'a été que de la facilité. On n'a pas eu le temps de douter.”48 heures... Pour accoucher d'un monstre de groove. Économie de moyens, générosité de chaque instant. Renaissance? Illumination? On préfèrera parler de timing idéal. Bertignac, pendant l'écoute, se saisit d'une guitare pour rejouer, en direct, certains passages de son disque. Et quand ce n'est pas une six cordes, c'est un harmonica. On sent le gamin qui jubile, véritablement. Heureux d'être là, fier de sa créature. Quand il précise que cet album sortira également en vinyle, on n'est même plus surpris. Un chien noir, immense, les crocs en avant, traverse ce disque à la fois lumineux et rageur, jouisseur et abandonné aux vents d'un rock salvateur. Black Dog. Kolinka a frappé les fûts sur un titre, Joyce Jonathan (dont le premier album a été produit par Bertignac) prête sa jolie voix à deux compositions. Un esprit de famille flotte sur ces compositions. Indéniablement. Et puis, il y a les textes, de Boris Bergman. En français. Pas ce français qui gangrène depuis trop longtemps notre rock, non. Un français à la poésie autant narquoise que cryptée, un français qui s'accorde à la guitare, plus qu'il ne la domine. Des paroles aux images qui emmènent. Qui refusent l'explication de texte. Et qui collent à merveille aux assauts soniques de Bertignac.“C'est vraiment ça que j'ai aimé dans les paroles de Bergman. Lui, c'est vraiment l'écrivain de rock. Parce que justement, il a un truc que la plupart des autres n'a pas: Il écrit flou, il écrit des images. Dans ses textes, on peut trouver le sens que l'on veut. J'adore ce style. Ses mots sonnent. Je l'ai repris sur maximum trois phrases sur l'album. Il est venu. On a passé quelques jours ensemble. Il n'a pas écrit sur moi mais étonnamment, il y a plein de trucs qui collent. Ces chansons, tu rentres dedans et tu fais des analogies avec ta propre vie. Elles sont presque toutes pour moi finalement...” Cet album a pour titre “Grizzli”. Qu'on se le dise, l'ours est sorti de sa grotte. Les griffes acérées. Et le message est clair: Rien n'est jamais perdu, figé. Il faut s'ouvrir, tout donner. Malgré le succès, malgré les années qui passent, là, tout de suite, maintenant. Bertignac montre un chemin. Un chemin pas balisé, où tout est encore possible. Pour ceux qui acceptent de lâcher prise. Bertignac est un pirate du plaisir. Son nouvel album une promesse d'après.

Cette biographie a été fournie par l'artiste ou son représentant.

Sans doute le soleil, en tapant sur la tête de certains bambins, contribue-t-il à libérer leur talent : on finirait par se poser la question en constatant le nombre d'artistes, politiques et autres gloires nationales né(e)s en plein Empire colonial français. C'est en effet à Oran (Algérie française) que Louis Bertignac voit le jour, le 23 février 1954. Mais la musique qui fait alors danser la colonie nord-africaine n'a rien de guilleret : en pleine guerre d'Algérie, la famille Bertignac regagne la métropole. Le petit Louis, âgé de trois ans, s'installe à Paris, et plus précisément dans le XIIème arrondissement, où il grandit. Son premier contact avec la guitare n'est guère concluant : peu enthousiasmé par ses cours de guitare classique, le jeune garçon laisse vite tomber.

Ce n'est qu'un peu plus tard que le virus de la musique le prend : au début des années 1970, Louis Bertignac, fan des Rolling Stones, des Beatles et de Led Zeppelin, commence de se sentir pousser des ailes de rocker. C'est à cette époque qu'il rencontre Corine Marienneau et Richard Kolinka, deux des futurs membres de Téléphone. La carrière du jeune musicos ne va en effet pas tarder à passer à la vitesse supérieure, grâce à sa liaison avec la chanteuse Valérie Lagrange, qui lui présente Jacques Higelin. Convaincu du talent de Louis Bertignac, Higelin l'embauche en qualité de guitariste du groupe Les Super Goujats, qui l'accompagne lors de sa tournée. Le jeune musicien est de l'aventure jusqu'en 1975 et contribue à l'album d'Higelin, Irradié.Mais le jeune homme ne compte pas jouer éternellement les seconds couteaux, serait-ce dans une ombre aussi prestigieuse que celle de Jacques Higelin : avec Eric Levi (guitare), Corinne Marieneau (basse) et Fabienne Shine (chant), le guitariste lance le groupe Shakin' Street (emprunté au titre d'une chanson du MC5), évoluant dans un registre hard rock. Malgré le succès d'estime remporté par ces pionniers du heavy metal à la française, le hit-parade hexagonal ne leur tend pas encore les bras. Shakin' Street poursuit finalement sa route sans Louis Bertignac et Corine Marienneau qui continuent d'écumer de leur côté les salles de concert.

Le coup de Téléphone

Le destin des musiciens, à force de rencontres impromptues dans des salles enfumées ou chargées d'électricité, connaît parfois des accélérations aussi puissantes qu'imprévisibles. En novembre 1976, Louis Bertignac et Corine Marienneau sont sollicités par Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka, deux autres jeunes musiciens rencontrés peu de temps auparavant : ces derniers doivent jouer au Centre américain de Paris mais les musiciens qui devaient les accompagner leur ont fait faux bond ; Louis et Corine acceptent de les remplacer au pied levé et c'est sur scène, lors du concert du 12 novembre 1976, que le groupe Téléphone voit le jour. Après une intense période de concerts, le groupe perce enfin en 1977 avec « Métro c'est trop » et son premier album, Anna.

L'immense succès de Téléphone, qui permet la naissance d'un authentique rock français intense et déchaîné, est aussi celui de Louis Bertignac, qui s'affirme comme l'un des meilleurs guitaristes du paysage musical hexagonal. Volontiers comparés aux Rolling Stones, les membres de Téléphone font individuellement l'objet du même parallèle : si Jean-Louis Aubert, chanteur charismatique, est plus d'une fois comparé à Mick Jagger, Louis Bertignac, roi de la guitare, se voit hissé sur le piédestal de Keith Richards. Jean-Louis Aubert assure l'essentiel du chant, mais Louis Bertignac donne également de la voix. Multi-instrumentiste, Bertignac est un spécialiste des guitares électriques (avec une préférence pour la gamme des Gibson, bien qu'il maîtrise également les Fender et Rickenbaker) mais s'exprime volontiers sur des guitares acoustiques, des basses, et même un oud.Les albums Au Coeur de la Nuit et Un Autre Monde (troisième et cinquième albums, parus respectivement en 1980 et 1984) marquent une génération, tandis que plusieurs morceaux du groupe - « La Bombe humaine », « Argent trop cher »... - s'affirment comme des standards impérissables du rock français. Téléphone côtoie les grands, assurant les premières parties d'Iggy Pop et, suprême consécration, des Rolling Stones. Mais, suivant le plus déprimant des lieux communs, les meilleures choses ont une fin : en mai 1986, après 450 concerts et cinq albums, le groupe annonce sa séparation. Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka continuent de travailler ensemble, tandis que, de leur côté, Louis Bertignac et Corine Marienneau donnent naissance à la formation nommée Louis Bertignac et Les Visiteurs.

Coeur de rocker

En 1987, paraît un premier album du groupe éponyme (Louis Bertignac et Les Visiteurs), dans lequel Louis Bertignac passe enfin au premier plan et, sans égaler la puissance vocale de Jean-Louis Aubert, s'affirme comme un chanteur de talent. Le succès est au rendez-vous, grâce notamment à la chanson « Ces idées-là », slow à la fois rock et romantique, où l'empreinte de Téléphone est encore évidemment très sensible. Mais en 1990, le second album des Visiteurs, sobrement intitulé Rocks, remporte moins de succès ; c'est une nouvelle séparation, Corine Marienneau souhaitant abandonner la musique pour le théâtre. Louis Bertignac part pour un voyage en Orient (Inde, Népal) et revient, ressourcé et prêt à se lancer enfin dans l'aventure d'une carrière solo.Avec le concours du producteur Tony Visconti (T. Rex, David Bowie, The Stranglers, Rita Mitsouko...), du batteur Manu Katché, et la participation de Vanessa Paradis en choriste, Bertignac enregistre Elle et Louis (1993), dont se détache particulièrement le titre « Vas-y guitare » (« Je l'ai toujours autour du cou / Elle ne m'a jamais, jamais quitté/ C'est elle qui joue ce soir »). Si les ventes de disques ne sont pas miraculeuses, Louis Bertignac se lance néanmoins dans une longue tournée, accompagné d'une formation acoustique, dont sortira l'album live Bertignacoustic, mixé par Dominique Blanc-Francard. A la même époque, un projet de reformation de Téléphone tourne court, malgré un nouveau concert en commun, le 26 mai 1994. Sa rencontre avec le parolier Etienne Roda-Gil donne naissance à l'album 96, à la sensibilité fortement rock.

En 1998, c'est la parution d'un double album live, regroupant ses meilleures interprétations scéniques accompagné d'un CD-Rom à la gloire du chanteur. Louis Bertignac se fait ensuite plus discret ; s'il revient en 2002, c'est dans un rôle d'homme de l'ombre. Carla Bruni, mannequin récemment reconverti en chanteuse, fait appel à ses services pour être le réalisateur de son premier album, Quelqu'un M'a Dit. C'est une éclatante réussite artistique et commerciale, dont la gloire rejaillit sur Louis Bertignac, qui fait figure d'accoucheur de talents musicaux et de parrain de la scène. Il renoue parallèlement avec ses vieilles amitiés pour réaliser l'album de Corine Marienneau. Le chanteur-guitariste, à la manière d'un dandy du rock impérial et revenu de tout, vient volontiers donner de la gratte sur les plateaux d'émissions de télé-réalité musicale pour faire profiter de son expérience les jeunes candidats éblouis. Mais Bertignac a quelques problèmes de santé et doit rester un temps éloigné des feux de la rampe pour soigner une hépatite C.

Une fois remis, et galvanisé par la naissance de son premier enfant, Louis Bertignac se remet au travail et enregistre enfin en 2005 un nouvel album solo, Longtemps, disque « fabriqué à la maison » par l'homme-orchestre. Des amis comme Richard Kolinka (instrumental) et Carla Bruni (textes) ont participé à cette renaissance artistique, où Bertignac s'amuse à introduire des sons d'instruments africains et népalais, ramenés de ses multiples voyages. L'album est accompagné par une tournée, qui remporte un succès notable, Bertignac affichant complet à L'Européen, à Paris : au cours de ce Longtemps Tour, Bertignac est accompagné de Cyril Denis (basse) et Hervé Koster (batterie). Voyant dans le groupe formé avec ses deux compères une analogie avec le trio The Jimi Hendrix Experience, Bertignac rend hommage à leur expérience scénique avec l'album Live Power Trio, paru en 2006.

Fidèle dans ses collaborations, le chanteur remet ensuite sa casquette de réalisateur pour les besoins de l'album de Carla Bruni, No Promises. Loin des chanteurs ringardisés reprenant inlassablement leurs ritournelles et leurs jeux de scène rendus obsolètes par le temps, Louis Bertignac fait figure de parrain du rock, en perpétuelle réinvention musicale tout en demeurant dans la grande tradition des Rolling Stones. C'est sous cet angle plus que rock que Louis Bertignac effectue un come back tous riffs dehors avec l'album Grizzly paru début 2011 et assorti du single « 22m² ».

Si sa renommée et son succès commercial n'ont jamais égalé le temps glorieux de Téléphone, auquel il demeure indissolublement lié, Bertignac a su prouver que les vrais héros du rock ne vieillissent pas : ils mûrissent et s'enrichissent avec le temps.  Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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