Quatrième de couverture
Bonnier resta fidèle toute sa vie au rationalisme constructif qui est la base même de l'Art Nouveau, si marqué en France par la pensée de Viollet-le-Duc: débarraser l'architecture de tous les modèles culturels (antique, renaissant, classique...) et n'accepter pour ornement que ce qui souligne la structure de l'édifice et en facilite la compréhension.
Aussi son oeuvre est-elle un jalon indispensable pour comprendre l'évolution de l'architecture française de Viollet-le-Duc au Style international et aux tenants du rationalisme constructif.
Mais à côté de son oeuvre construite, son oeuvre administrative est, elle aussi, très importante. Entré au service de la Ville de Paris comme architecte-voyer-adjoint-auxiliaire [sic] en 1884, il devint directeur des Services d'architecture et des plantations et promenades en 1910.
Chargé du rapport de la Commission de révision des décrets réglementant la construction dans Paris, il préparera le décret du 13 août 1902 qui donnera plus de souplesse à la réglementation des saillies des immeubles permettant ainsi l'éclosion des fantaisies de l'"Art Nouveau" et modifiera le gabarit des constructions de façon à dispenser une plus grande lumière et un peu plus de soleil dans les rues et les cours.
En 1912, il élabore avec Marcel Poëte le premier plan d'extension de Paris, qui servira de base au concours lancé en 1919. Pendant la première guerre, il crée le Casier archéologique de la Ville, et peu après l'armistice, participe à la fondation de l'Institut d'urbanisme où il enseignera de longues années.
Sa carrière de fonctionnaire se terminera brillamment par la direction de Services d'architecture et des travaux de l'Exposition de 1925, poste offert en compensation de sa mise à la retraite prononcée deux ans plus tôt: son sens du service public et sa droiture lui avaient suscité beaucoup d'ennemis.
Fortement influencé par l'architecture anglaise et flamande, son style allie au rationalisme constructif un dosage savant de pragmatisme quasi rustique et d'imagination pleine de fantaisie. Parmi ses oeuvres les plus connues, citons: le pavillon Schneider à l'Exposition 1900, la villa d'André Gide à Auteuil (1905), le groupe scolaire de la rue Rouelle (1911), la piscine de la Butte-aux-Cailles (1924)...