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5.0 étoiles sur 5
Excellent "prequel",
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis Ferchot, tome 1 : L'usine (Cartonné)
Malgré la mort du dessinateur Jean-Paul Dethorey, Frank Giroud n'en avait pas encore fini avec Louis-la-Guigne. La série des Louis Ferchot raconte les aventures de Louis avant son retour tardif de la première guerre mondiale et du pénitencier, au début des années 20. Cette série nous fait rencontrer Louis, 19 ans, en pleine Belle-Epoque, à la mort de son père. L'idée est intéressante puisqu'elle permet d'explorer les changements de la France au même rythme que les changements personnels de Louis. Et bien que 10 ans seulement se soient écoulés entre 1910 et 1920, Paris et le monde ont subi des changements profonds, que cet album reflète parfaitement. Aux manettes, Giroud écrit une œuvre miroir de celle du premier Louis-la-Guigne (publié 15 ans plus tôt): polar haletant autour d'une histoire familiale, critique sociale pointue -- mais ce qui rend l'album extrêmement attachant c'est qu'il raconte la perte de l'innocence. Louis n'a jamais demandé à être le porte-parole des damnés de la terre et un de leurs plus fameux représentants mais l'engrenage d'un certain capitalisme sauvage a conduit à cette situation. Les 48 pages de cet album montrent magnifiquement cette évolution et comment Louis a "mérité" sa casquette. Aux dessins, le style de Courtois n'a absolument RIEN-A-VOIR avec celui de Dethorey, et c'est tant mieux il n'y aura donc pas de comparaison à faire. La ligne est extrêmement claire, juvénile -- ce qui est parfait puisque cet album se déroule dans une période plus insouciante et que Louis Ferchot est plus jeune et plus naïf que Louis La Guigne. Comme toujours dans les albums historiques de Giroud, la reconstitution est magnifique, Courtois aime bien dessiner les uniformes, les voitures de la Belle-Epoque, les bleus de travail. On saluera aussi l'expression des ouvriers: cette ambiance lourde, magnifique, après la grève (page 29) et en général tous les plans dans l'usine, qui montrent l'inflexibilité du travail à la chaîne: du dessin magnifique à la hauteur de cette belle histoire. Dethorey, où qu'il soit, peut être fier.
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