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32 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Hérold : la renaissance ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis-Ferdinand Herold : Concertos pour piano n° 2, 3 et 4 (CD)
J'avoue bien volontiers avoir découvert ce disque grâce à une récompense discographique décernée ce mois-ci par une des deux revues musicales françaises et par l'écoute d'un extrait très vite complété par ceux mis en ligne sur amazon. L'achat du disque et son écoute intégrale a aussitôt confirmé mes premières impressions : fraicheur, jubilation et très, très grand plaisir.Elève de Méhul, et ami de Boildieu et d'Auber, Jean-Ferdinand Hérold (1791-1833) est surtout connu pour des opéras (23 au total) et quelques ballets- dont tous ne furent pas des succès, loin s'en faut. Zampa, son plus grand succès, écrit seulement deux ans avant sa mort, est le seul qui a survécu à l'oubli, surtout en Allemagne. Mais si on ne pouvait vraiment alors briller que grâce à l'opéra, genre majeur par excellence, il n'était évidemment pas interdit d'écrire autre chose et ce que l'on découvre dans ces trois concertos pour piano, c'est non seulement l'esprit d'une époque mais sans doute aussi quelques pêchés musicaux auxquels le compositeur lui-même ne prêtait pas grande importance -on nous révèle ainsi que l'écriture illisible d'un 1er concerto a rendu impossible sa relecture, et donc son interprétation- ce qui rend encore plus excitante leur redécouverte. Bien sûr, ce ne sont pas des chefs d'œuvre absolus, mais la qualité superlative d'interprétation permet d'en retrouver intacte toute la charmante saveur : Hervé Niquet fait sonner le Sinfonia Varsovia avec toute la légèreté nécessaire et Jean-François Neuberger, qui a déjà enregistré du piano de Liszt et de Chopin pour Mirare, le label créé par René Martin (« La folle Journée », La Roque d'Anthéron) met tout l'enthousiasme d'une jeunesse déjà très savante pour faire revive ces trois œuvres. Le piano est clair, léger, vif et d'une imagination sans borne. Selon les mouvements, on pense à Mozart mais aussi à Chopin, voire Schubert : l'esprit d'une époque, disais-je, en tous cas celui des salons de musique. C'est d'ailleurs sous le titre générique « Le salon romantique » que ces trois concertos furent joués par les mêmes interprètes dans le cadre de la 1ere saison organisée à Venise en 2010 par le Centre de Musique Romantique Française du Palazzetto Bru Zane. Hervé Niquet et Jean-François Neuberger officiaient alors dans la grandiose Scuola Grande de San Rocco et il existe sur cette « Journée à Venise » un documentaire diffusé alors par Arte. Je ne sais si les toiles grandioses (et non les fresques !) du Tintoret sont vraiment le décor le plus approprié pour l'écoute de ces œuvres, du moins était-ce déjà un signal fort pour remettre à l'honneur des partitions défendues avec autant de tranquille ferveur ! Allons, grâce à Mirare et quelques autres labels, le disque reste encore (parfois) un objet d'utilité publique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un joli programme,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis-Ferdinand Herold : Concertos pour piano n° 2, 3 et 4 (CD)
Elève de Méhul, Hérold est d'abord un pianiste virtuose, puis au contact de l'Italie ou il émigre pour raisons de santé (tuberculose), il se fait homme de théâtre passionné par la fièvre dramatique... tout cela le mènera au triomphe de l'opéra Zampa (1831), proche de l'esthétique de Boieldieu et de sa "Dame blanche" qui l'imposent au milieu parisien comme acteur majeur de la scène lyrique.L'apport de ce disque pionnier pour la réhabilitation du compositeur français qui avec Cherubini et Jadin pose les jalons d'un romantisme français qui sera sublimé par Berlioz est ambitieux. Capable d'ouverture, d'éclectisme et pour synthèse finale, d'assimilation personnelle voire originale ces Concertos pour piano, dévoilés pour la première fois montre un auteur qui participe activement à la génèse du répertoire romantique français encore balbutiant, quand en Europe centrale, Haydn, Mozart, Beethoven ont abondamment nourri le genre du concerto pour piano et orchestre. Avant le séjour italien, le n°2 (1811) est composé à Paris: une forme riche, ample voire ambitieuse dont le souffle dépasse les cercles strictement intimistes des salons. Il affirme une touche personnelle dans une cadence libre d'inspiration bellinienne et d'un parisianisme parfaitement assimilé. Jean-François Neuberger y excelle par son toucher fluide et précis, mais aussi une maîtrise dynamique qui souligne dans l'Andante, un climat rasséréné, d'une élégance et d'un maintien idéalement viennois. Même agitation nerveuse d'obédience viennoise dans l'effet "alla caccia" du final très enlevé. Plus nuancé encore le n°3, écrit à Rome en février 1813, s'éclaire d'une lueur schubertienne; expérimentalement juste, Hérold innove encore dans le second mouvement (andante) par son dialogue violon et piano dont le chant tendre et murmuré, coulant et élégiaque confirme sa pâte singulière: d'autant que les libertés chromatiques assumées dans le dernier mouvement a fait réagir les plus traditionalistes dont Gossec. Le n°4 (août 1813) prolonge l'avancée des audaces d'un Hérold inventif. Neuberger éclaire tout ce que la tonalité mineure apporte en lueurs fauves et crépusculaires, entre un énoncé contrasté dramatique de type Sturm und drang et une intériorité plus intimiste, proche du sentiment romantique. Le présent disque éclaire un pan oublié d'un compositeur à redécouvrir d'une sensibilité particulièrement attachante. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Quelle découverte !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis-Ferdinand Herold : Concertos pour piano n° 2, 3 et 4 (CD)
Fraîcheur, vivacité, virtuosité, mélancolie... Une magnifique découverte, grâce à un magazine musical. Ne boudons pas notre plaisir à (re)découvrir un compositeur aussi talentueux !
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