Billy Wilder, en 1957 est le scénariste, le producteur et le réalisateur de ce très émouvant film...sur l'Amour et ceux qui badinent avec ou s'y trouve pris au piège.
Les acteurs sont superbes... Tout spécialement Audrey Hepburn, fraiche, juvénile, brillante de spontanéité. Moi qui apprécie tant Gary Cooper pour son jeu sérieux, sa prestance et son engagement dans les rôles, je le trouve cependant un peu trop âgé pour être le tombeur de cette fille à peine sortie de l'adolescence, on aurait dû masquer un peu plus l'effet de sa presque soixantaine en effaçant les poches sous les yeux. Il est cependant parfait quant à l'expression de ses sentiments, il est le grand acteur romantique et dramatique de High Noon... Et pourtant le personnage qui est le sien est celui d'un coureur invétéré, mais le scénario qui est proche de la comédie vaudevillesque, par moment, le rend très sympathique...
Que dire sur une histoire d'amour sans être mièvre...? que c'est une histoire pas comme les autres qu'elle démarre à l'envers... que les partenaires se jouent une comédie curieuse pour masquer le sentiment de faiblesse après avoir reçu la flèche miraculeuse de Cupidon.
Une petite jeune femme qui pioche dans les dossiers d'un père détective. Ce père enquête sur les femmes adultères il obéit aux maris jaloux...
La voilà Ariane (Audrey) plongeant dans un dossier qui la fascine : Frank Flanagan (Gary Cooper)est un bel homme terriblement riche, qui obtient toutes les femmes qui se présentent...Et voilà qu'un amour VIRTUEL va la toucher, elle s'engage incognito à l'insu de son père pour sauver ce "Don Juan" d'un coup de pistolet qui l'attendait dans la chambre d'hôtel du RITZ où l'adultère est prévu...Elle prend la place de la femme au mari jaloux et le baiser qu'elle reçoit déclenche une avalanche d'émotions qu'elle va s'empresser de masquer à celui qui l'a donné...Il n'y aura pas un seul "je t'aime" dans tout le film mais au contraire des situations qui devraient prouver la légèreté des partenaires, le flirt, le jeu de l'amour. Ce sont, petit à petit, ces situations qui apparaissent anormales, mensongères, à Frank Flanagan qui se détache sans mot dire d'un rôle de séducteur, qui devient jaloux...Et qui le hasard faisant BIEN les choses va s'adresser au père-détective pour comprendre une situation.
Trichera-t-il jusqu'à la fin ?
Elle coincée par ses affabulations osera-t-elle un mot pour tomber le masque ? Un masque de la pudeur si douloureusement exprimé. Et si elle n'était qu'un tout petit coeur vibrant qui attend un petit signe de lui ?
Et Maurice Chevallier, le père est parfait lui aussi, son accent franchouillard fait sourire. Des sourires il y en a bien d'autres à propos d'un petit chien puni alors qu'il y des réactions justifiées et que sa "mèmère au chienchien " n'y voit que du feu...
Un belle histoire, un conte de cendrillon, ou d'une "pretty woman" ....
Un film optimiste pour s'endormir en paix après une grosse déception par exemple...ou quand la vie parait bien sordide.