Pour savoir ce que cache ce sibyllin « heartagram », (symbole fusionnant un pentagramme avec un cœur, signe de ralliement des fans du groupe) il faut tendre l’oreille sur
Love Metal. Sorti en 2003, il est considéré comme l’album de référence des Finlandais et leur a ouvert les portes du succès international. Non seulement parce qu’il expose (et dépose) le concept de HIM (qui en effet peut se targuer d’être l’ambassadeur du « genre » love metal, puisqu’il en est l’inventeur) mais en plus, parce que l’objet-disque, arborant le symbole doré sur un fond gris-noir de motifs baroques glacés, fait figure de talisman.
Ville Valo l’a lui-même reconnu, ce symbole est sans doute sa plus grande invention. Avec des textes parlant d’amours, réelles ou fantasmées, au-delà de la mort, des riffs répétitifs, aplats noir sur lesquels se détachent par petites touches des mélodies romantiques (pianos, mandolines),
Love Metal est l’album d’un groupe qui force le trait et s’applique à le faire.
On serait tenté de croire à l’entreprise parodique de la chose (on pense à la théâtralité de Marilyn Manson, sur ces sujets mais dans un genre beaucoup moins soft) s’il n’y avait autant de fidèles unis par cet « Him »ne.
« Buried Alive by Love » démarre l’album sur un rythme et une énergie cathartique,
« Love Requiem » le clôt sur un slow dans lequel résonnent les orgues attendues. Entre les deux, signalons «
Sacrement », du love métal à son paroxysme, et
« Circle of Fear », le morceau le plus riche du disque.
Les compositions léchées, la production propre et l’effort artistique global de HIM font de ces onze titres un disque néo-glam cohérent. Mais les amateurs de metal ressentiront vite le manque flagrant de « guitar hero » et du son musclé qu’ils seraient en droit d’attendre avec cette appellation.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story