Il disait être très fier de ce disque qui, ironiquement, fut son plus grand succès commercial... même si ce manifeste 80's se mesure difficilement à ces 2 monuments discographiques que sont
Melody Nelson et L'homme à tête de choux, il serait regrettable de le dénigrer en raison de ses atours. D'abord, parce que Gainsbourg a toujours eu cet amour du son le poussant à expérimenter sans cesse, à tirer un nouveau suc au service de son univers, où les sonorités à la mode ont toujours été pour lui un moyen, jamais une fin en soi.
En cela, Love on the Beat, album faussement opportuniste comme l'était
sa période reggae, ne mérite pas d'être mis au niveau du gros de la production des années 80. Certains y voient de la facilité dans la répétition (des rythmes, des paroles), d'autres comme moi y voient une incarnation de l'obsession. Cet obscur objet du désir, jusqu'à la transe, jusqu'à la décadence... la Décadanse...
Avec ce goût de fer dans la bouche modulée par volutes Gitane, Gainsbarre nous apparaît dans toute sa dégueulasserie sublime, où sous la crasse se dissimule la classe. Allez donc trouver un équivalant dans la chanson française des années 80!