En 2006, le single puissant
« Hang Me up to Dry » avait fait la réussite amplement méritée du premier album de Cold War Kids,
Robbers & Cowards… même si la voix de Nathan Willett avait pu en agacer plus d’un.
Loyalty to Loyalty était donc attendu avec impatience.
À la première écoute de ces treize chansons, on s’interroge sur ce qui a pu se passer entre les deux disques. Cold War Kids auraient-ils été enfermés par des chamanes à subir des élixirs douteux et à écouter toute la journée le Jefferson Airplane ? Impression étrange, donc, mais loin d’être négative :
Loyalty to Loyalty est un excellent album ressuscitant toute musique proche du psychédélisme dans les années 1970 (et cela en fait beaucoup). Et qui contraste intelligemment avec les prises de position textuelles du groupe, qui ne vante pas précisément les vertus de l’hédonisme…
Refusant l’homogénéité, l’album s’affiche comme inégal, évitant l’ennui et les répétitions. S’y détache l’évident tube
« Something Is Not Right With Me », qui électrise par son rythme saccadé et son chant furieusement poignant, proche de la crise de nerfs.
Loyalty to Loyalty recèle d’autres bijoux : un
« Relief » risqué et réussi, un hypnotique
« I’ve Seen Enough », ou encore un
« Mexican Dogs » que ne renierait pas un Jimi Hendrix.
Nathan Willett demeure sans conteste le point fort du groupe. S’investissant dans chacun des morceaux comme si c’était le dernier, il impressionne toujours par sa force d’interprétation. Certains l’accuseront de surenchère, mais tant d’émotion non feinte ne peut que servir ce rock abrupt et ambitieux.
Sophie Rosemont - Copyright 2013 Music Story