3.0 étoiles sur 5
Voir Lucrèce et mourir !, 2 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lucrezia Borgia [Import USA Zone 1] (DVD)
Tourné en noir et blanc en 1935 aux studios Paramount de Saint-Maurice, cette « ratatouille 'historique' » signée d'Abel Gance (qui n'oublia jamais de préciser par après qu'il ne s'était agi que d'un strict film alimentaire pour lui) illustre les méfaits de la famille Borgia à la tête de Rome et de l'Italie au XV° siècle et qui réussirent à faire l'unanimité... contre eux !
En 1492, l'espagnol Roderic de Borja, devenu Rodrigo Borgia en Italie, est élu Pape sous le nom d'Alexandre VI. Neveu du Pape Calixte III (de son vrai nom Alfons de Borja), qui régna de 1455 à 1458 et fut suivi sur le trône du Vatican par Pie II, Paul II, Sixte IV et Innocent VIII, Rodrigo Borgia fut Pape jusqu'en 1503.
Ce 'Saint-Père' (Roger Karl) avait eu plusieurs enfants dont Jean, l'aîné (Maurice Escande), un prince frivole et efféminé encourageant les arts, et César (Gabriel Gabrio), présenté dans le film comme une bête immonde, en fait un prince particulièrement ambitieux qui sut notamment se servir de sa jeune et jolie s½ur, Lucrèce (Edwige Feuillère, 28 ans alors et déjà 17 films à son actif), pour nouer, puis dénouer les alliances dont il avait besoin pour asseoir sa puissance sur une Italie qui était loin encore d'être unie.
Conseillé par Machiavel (Aimé Clariond), auquel il servit de modèle pour son 'Prince', César, qui n'ignorait rien de l'art d'arriver au pouvoir et surtout de s'y maintenir, et qui pensait que ce qu'un premier César avait réussi à faire, un deuxième César devrait pouvoir le refaire, maria successivement Lucrèce à Giovanni Sforza (Jacques Dumesnil), Alphonse d'Aragon (Max Michel), puis Alphonse 1° d'Este, qui devint ensuite Duc de Ferrare. Assassin de son propre frère aîné, d'Alphonse d'Aragon ainsi que d'amants occasionnels (un sculpteur, un militaire, etc.) de sa lascive s½ur (morte à l'âge de seulement 39 ans en 1519 en mettant au monde son huitième enfant), le cruel et perfide César fit régner violence et peur au nom de la Papauté sur une Italie qui n'en demandait pas tant.
Le seul qui osa s'opposer officiellement aux Borgia, fut le moine dominicain Savonarole (Antonin Artaud) que le Pape fit excommunier, pendre, puis brûler en place publique...
Ce vieux film, extrêmement superficiel et joué comme au temps du muet, a considérablement vieilli et n'illustre de toute façon que la légende sulfureuse des Borgia, sans réelle mise en perspective de ce que fut le règne de cette famille animée par la seule raison politique. Il connut néanmoins à sa sortie un vif succès dû aux habituelles scènes de nus qui émaillent tous les 'Lucrèce Borgia' et tous les 'Cléopâtre' de l'histoire du cinéma comme de la télévision (en général, comme ici, des scènes de bain et d'orgies) : le sexe et le sang ont toujours fait vendre et continuent de faire vendre puisqu'ils sont aussi le moteur des deux feuilletons télévisés actuels consacrés à cette famille pas tout à fait comme les autres.
A noter : les Borgia ont été évoqués dans de nombreux films et téléfilms dont 'Echec à Borgia' d'Henry King en 49 avec Orson Welles dans le rôle de César, 'La vengeance des Borgia' de Mitchell Leisen en 49 aussi avec Paulette Goddard, le célèbre 'Lucrèce Borgia' de Christian-Jaque en 53 avec Martine Carol et les italiens 'Les nuits de Lucrèce Borgia' de Sergio Grieco en 59 avec Belinda Lee et 'L'imposture des Borgia' de Sergio Corbucci en 65, et même dans le 4° conte des 'Contes immoraux' de Walerian Borowczyk en 74, sans parler du feuilleton français 'Les Borgia ou le sang doré 'de 1977 écrit et dialogué par Françoise Sagan
A noter également : même la bande dessinée s'y est mise récemment avec la quadrilogie signée d'Alejandro Jodorowski (scénario) et Milo Manara (dessin) 'Borgia' parue entre 2004 et 2010
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