A force de lire des bandes dessinées à forte dimension autobiographique, je vais finir par croire qu'il existe un véritable homo bandedessineecus solitaire, nul en sport, boutonneux à l'adolescence, cheveux longs aux beaux arts, vie sexuelle difficile - au moins au début, relations compliquées avec les parents, etc., etc. Histoire de démontrer qu'il fait bien partie du clan, chaque homo bandedessineecus se doit de faire un album relatant les petites misères (morales, affectives, sexuelles...) de sa vie. Simplement, pour se faire remarquer, il faut toujours aller un peu plus loin que les petits camarades qui l'ont précédé.
Ludologie n'échappe pas à cette règle de l'homo bandessineecus et Ludovic Debeurme nous y présente quelques uns des éléments marquants de sa jeunesse : l'immolation d'une araignée, la mort du chef des playmobils, une vraie fausse première expérience sexuelle, les joies ambiguës du harcèlement (et pourquoi ça ne m'arrive jamais, à moi, d'abord ?)...
Dans un premier temps, j'ai eu un peu mauvaise conscience d'avoir apprécié cet album, car j'ai eu l'impression d'être victime de racolage : horreur ! c'est le voyeur qui est en moi qui avait aimé tout cet étalage... pouah ! je me délecte de voir quelqu'un raconter ce que je n'oserais jamais (m')avouer... Avec le recul, je pense que c'est justement le talent de l'auteur d'arriver à faire passer son histoire tout en restant léger, parfois poétique, en variant le rythme de la narration et la densité graphique des différents passages de l'album.
En y réfléchissant bien, Ludologie me rappelle le Portnoy de P. Roth... Y'a pire