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Y a-t-il une école musicale portugaise? Comme la Symphonie N°1, la Symphonie N°2 est faite d'élégance et de clarté et pourrait être rangée dans "l'école française". Les deux oeuvres qui l'accompagnent sont plus originales. Selon la notice, les musicologues portugais considèrent "Artificial Paradises" comme le chef-d'oeuvre du compositeur. L'oeuvre est inspirée d'un écrit autobiographique de Thomas De Quincy traduit en français par Charles Baudelaire. Heureusement, vous pourrez vous en détacher et y revenir sans risque de dépendance. Ah, les vertus de la Musique!
Saluons d'emblée l'heureuse initiative du grand découvreur Naxos à un prix ridicule : ce qui parfois paraît être anecdotique se transforme vite en élément important de l'histoire de la musique. C'est le cas avec le portugais Luis de Freitas Branco. Le livret (en anglais) nous apprend sa naissance dans une famille aristocratique, des études poussées à Berlin et à Paris, des premières compositions d'une étonnante maturité orchestrale, un rôle important dans la restructuration de l'éducation musicale au Conservatoire de Lisbonne, une activité de musicologue assez pointue. C'est toujours un plaisir de découvrir un compositeur, surtout portugais, dont on ignorait (presque) tout avant la parution de ces enregistrements. Et de voir comment les grands maîtres de l'histoire de la musique ont pu influencer certains confrères défavorisés, il est vrai, par un tissu musical indigent, ce qui était le cas au Portugal à l'époque de Freitas Branco. Dans la symphonie n°2, l'ombre de César Franck plane encore sur le premier mouvement, déjà plus personnel, tout comme le bel andantino con moto. Le III rappelle les scherzos de Bruckner. Le Finale est assez pompeux. La Fantaisie symphonique de 1909 est un clone des poèmes symphoniques de Strauss digne de figurer dans les examens des candidats en musicologie : on peut s'amuser à comprendre par quels truchements on arrive à intégrer parfaitement le style d'autrui pour en faire une oeuvre pourtant intéressante. Quant aux Paradis Artificiels de 1910, le tout jeune compositeur portugais reprend les couleurs et les formules de Debussy. Don Juan, Till l'Espiègle, Salomé et le Prélude à l'Après-midi d'un Faune viennent tour à tour hanter tous les morceaux présents sur ce disque. Livret détaillé, mais en anglais.