Homme de lettres tour à tour romancier, philosophe, éditeur, réalisateur...
Né au Portugal en 1971, Luis de Miranda vit à Paris depuis son enfance.
Très tôt, il parcourt le monde, notamment grâce à deux bourses de la Fondation Zellidja : à seize ans il fait un reportage d'un mois, seul en Afrique. Il doit écrire un journal de bord et finalement se prend au jeu de l'écriture et livre un récit passionné : en rentrant de Guiné-Bissau, pays secret, intense, dur, dictature démunie et éloignée des réseaux touristiques, il est profondément changé. Il a connu la fièvre, l'isolement, le temps qui se dilate infiniment, l'épuration sublime et douloureuse, la force de la Terre, les rencontres inouïes. Il a découvert dans sa chair la relativité de l'Occident. Au retour, il est à la fois déboussolé et déterminé : il déclare à ses parents, à leur grande frayeur, que plus tard, il sera écrivain. Un voyage initiatique : il a choisi la Guinée-Bissau comme destination parce qu'il y a passé les premiers mois de sa « vie », dans le ventre de sa mère, pendant la guerre d'indépendance avec le Portugal.
Deux ans plus tard il part, toujours en solitaire, tourner un film documentaire au Népal, qu'il produit et monte lui-même, et qui obtient le Grand Prix Zellidja. Puis Amérique après son diplôme à HEC en 1994, qu'il obtient sans effort pour rassurer ses parents et par curiosité pour l'étude de l'économie, tout en menant de pair des études de philosophie (Hypokhâgne et Khâgne au lycée Henri IV). Parenthèse new-yorkaise de deux ans durant laquelle il écrit son premier roman 'Joie'. S'y profile l'importance que la philosophie va prendre pour l'auteur. Luis de Miranda, après un master en philosophie au Panthéon Sorbonne Paris 1, entame un doctorat sur la philosophie de l'ère numérique qui deviendra un livre de référence, 'L'Art d'être libre au temps des automates', alors que le texte a été écarté par l'université pour défaut d'académisme. Cet essai et les autres, à commencer par 'Ego trip', asseyent son statut de penseur original et franc, tout en mettant ses romans en perspective.
Son expérience l'amène à exercer en tant qu'éditeur au sein de chez Max Milo où il est directeur éditorial à mi-temps depuis 2004. Il se tourne également vers la réalisation dans des courts-métrages qui font la part belle à la philosophie comme sa série basée sur des interviews de personnages historiques regroupées sous le titre de Textostérone, visible sur Internet. Son premier film, 'Quitte ou double', met en scène, déjà, des jumeaux et le thème du double.
À la faveur de l'expérience Arsenal du Midi (l'une des deux signatures-anagrammes de l'auteur, avec Animal du Désir), un laboratoire d'écriture mené sur Internet à partir de 2004, Luis de Miranda a rassemblé son projet littéraire et philosophique sous le terme de « créalisme ». Pour lui, le créalisme est une politique du réel en tant que co-création en devenir (le flux vital absolu comme « Créel »), où le sujet actif occupe une place centrale, où l'imagination, la passion, la volonté, l'art, le désir, redéfinissent sans cesse, au présent et en acte, les conditions de possibilité d'une vie désaliénée, voire d'une mutation continue, démultipliée et plus ou moins latente de la société.
Luis de Miranda écrit chaque matin, debout, sur un pupitre de chef d'orchestre.