Ce quatrième album, réalisé par un Josh Homme plus que jamais maître à bord mais cette fois-ci à la tête d'une formation plus restreinte, aurait pu souffrir de la comparaison avec
Songs for the Deaf. Mais au finish, il n'en est rien, d'abord et avant tout parce qu'il ne sonne nullement comme son prédécesseur. Sur l'étrange
« This Lullaby », la douce ballade acoustique d'introduction, on entend la voix d'outre-tombe de Mark Lanegan, invité permanent de Josh Homme, qui a aussi trouvé des invités de luxe en la personne de Shirley Manson (Garbage) et surtout de Billy Gibbons de ZZ Top, avec lequel Josh Homme duettise peu après à la guitare sur l'étonnant
« Burn the Witch », presque un blues. L'à peine plus long
« Medication » ramène en des contrées plus connues des fans : batterie martelée (étonnant Joey Castillo), riffs chromés, autant d'éléments qui font la force du groupe et permettent de le reconnaître entre mille. Membre alors le plus ancien à bord, le fidèle Troy Van Leeuwen (A Perfect Circle) qui, pourtant, enregistre aussi pour la première fois avec Josh Homme, brille à la lap-steel et aux synthés tandis qu'Alain Johannes (Eleven), partage la basse avec le leader. Enregistrée en une seule prise, l'évidente
« Little Sister » sera le single, suivi par
« In My Head » (taillée pour les radios) et
« Burn the Witch ». Premier disque des QOTSA réalisé sans Nick Oliveri (qui a sans doute plus qu'inspiré le brutal
« Everybody Knows That You're Insane »),
Lullabies to Paralyze, écrit essentiellement pendant la tournée de promo de
Songs for the Deaf, est très sombre par rapport à ses prédécesseurs, presque la perle noire dans la discographie du groupe, tant les chansons tiennent à la fois de la berceuse mais aussi du conte pour enfants, qui représente comme chacun sait un genre moins innocent qu'il en a l'air. Et Josh Homme qui, en plus, n'a pas ici à subir la concurrence d'un instrumentiste virtuose comme Dave Grohl, y est sans doute à son sommet en tant que chanteur – c'est d'ailleurs une honte que le formidable
« Like a Drug », où il est bouleversant, ne soit qu'un bonus CD de l'édition européenne de l'album. La bande-son idéale pour un cauchemar de somnambule (rien que
« Long Slow Goodbye » fiche un cafard pas possible) et l'autre
must des Queens Of The Stone Age.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story