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Atys par Christie et Villégier ... enfin, 27 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Atys (DVD)
Oui enfin car l'attente a été longue depuis le triomphe d'Atys porté par William Christie et ses Arts Florissants, la mise en scène de Jean-Marie Villégier et les chorégraphies de Francine Lancelot, créé en 1987 à l'occasion du tricentenaire de la mort de Jean-Baptiste Lully.
Ce chef d'oeuvre de Lully et Quinault remporta alors un succès international.
Et il convient de souligner que, sans ce succès, nombre de productions ultérieures d'opéras baroques n'auraient sans doute jamais vu le jour.
Hélas, pour d' obscures raisons, ce merveilleux spectacle n'a jamais pu être édité en DVD.
Et nous avons sans doute été nombreux à penser depuis 1987, comme Cybèle dans l'acte V, « Quelle douleur, Ah ! quelle rage ! Ah ! quel malheur ! » ...
Alors il fallait qu'un miracle se produise ...
Et c'est un philanthrope et mécène américain Ronald P. Stanton qui a permis que ce miracle prenne corps. Il a en effet souhaité revoir Atys avant de mourir et s'en est donné les moyens. Un très grand merci à lui.
Atys a donc pu émerveiller en 2010 d'anciens et nouveaux spectateurs à Paris, Versailles, Caen, Bordeaux, et bien sur New-York dans cette nouvelle production avec toujours William Christie et ses Arts Florissants, Jean-Marie Villégier et cette fois Béatrice Massin qui a repris les chorégraphies de la regrettée Francine Lancelot.
Et nous les retrouvons dans ce DVD réalisé par François Roussillon.
La magie du spectacle est inchangée. Dans les rôles principaux Bernard Richter (Atys), Emmanuelle de Negri (Sangaride), Stéphanie d'Oustrac (Cybèle) sont excellents et l'équilibre entre l'orchestre et les solistes est parfait.
Ajoutons que les 2 DVD sont, comme pour Armide, insérés dans un coffret/livre de qualité qui comprend de bien belles photos. Et nous avons droit en bonus à cinq visions d'Atys, dont bien entendu celles de William Christie et de Jean-Marie Villégier.
Alors « allons, allons, accourez tous » ... Atys est de retour.
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5.0 étoiles sur 5
Spectacle intégral, 30 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Atys (DVD)
Quelle merveille que ce spectacle où aucun point n'est négligé. J'ai eu la chance d'assister à une représentation d'Atys à l'opéra comique il y a quelques mois et j'y ai été subjuguée par la beauté des costumes, leur élégance, l'harmonie recherchée de leurs couleurs qui jouent sur les gris, les blancs, les "crème", les ors et les noirs avec parfois du rouge pour les courtisans ou une autre touche colorée pour les danseurs. Cela plonge tout de suite le spectateur dans une ambiance de grâce et d'extrême élégance. Ceci ressort très bien sur le dvd. J'ai ensuite été frappée par la qualité des danses qui vous ont un petit air XVII° du plus bel effet. Les courtisans ne dansaient probablement pas comme cela mais qu'importe, nous spectateurs, nous y croyons et c'est magique. C'est très bien rendu sur le dvd. Et puis il y a la musique de Lully sur un texte très bien écrit. Je l'ai re-assimilée en regardant le dvd car lors de ce spectacle si riche, si dense, j'avais trop de choses à regarder et à écouter, à découvrir en un mot, pour être ouverte à tout. Donc j'ai trouvé dans la musique de Lully des accents tragiques qui la rendent beaucoup plus intéressante que ce qu'il m'avait semblé au premier abord. Le meilleur signe en est qu'elle m'a trotté longtemps dans la tête après! En ce qui concerne les musiciens dirigés par W. Christie, c'est un sans faute. Quant aux chanteurs... La distribution est très homogène. Pas de points faibles, pas de défaillances, pas un qui tire la couverture à lui... Sangaride est parfaite d'expressivité vocale et corporelle, Atys est remarquable et affiche, outre sa voix, des talents scéniques plus que certains et Cybèle (Stéphanie d'Oustrac) m'a, à la vue du dvd, encore plus tenue en haleine que lors de la représentation car outre ses talents vocaux, ses talents de tragédienne-née sont évidents dans les gros plans qui permettent de voir le grand registre expressif de son visage et de son corps tout entier. Elle vit si intensément son personnage qu'elle a à plusieurs reprises les larmes aux yeux et c'est le plus du dvd par rapport au spectacle que de permettre d'entrer si profondément dans l'interprétation de la chanteuse qu'on en aurait presque l'impression d'être un voyeur indiscret. La mise en scène est si efficace qu'on oublie qu'il y en a une, quant au décor unique il est parfait. Un très grand moment et un dvd à ne surtout pas manquer car il complète et enrichit merveilleusement bien le spectacle original. Bravo et merci à tous ceux qui l'ont permis et surtout au mécène américain qui a financé cette reprise magique.
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La magie d'Atys, 27 octobre 2011
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En 1987, je faisais partie de ces téléspectateurs émerveillés devant leur écran de télévision pour la diffusion sur FR3 d'ATYS. Cette représentation fit l'effet d'une bombe et révéla véritablement à la France et au monde les splendeurs un peu oubliés de la tragédie lyrique française.
Orchestre de rêve (les Arts Florissants), plateau vocal somptueux, décors grand siècle d'une beauté fastueuse, décors sobres et grandioses, chorégraphies baroques retrouvées dans toute leur grâce et leur noblesse, William Christie à la direction, bref trois heures de grâce comme il en existe peu. Cette représentation ne fit scandaleusement pas l'objet d'un DVD à l'époque et beaucoup des amoureux de Lully éspéraient chaque année que cette magie soit un jour rendu à l'image.
En attendant, le coffret 3 CD a bercé nos oreilles des mélodies de "l'opéra du roy" ainsi surnommé car Louis XIV demandait souvent à l'entendre.
Il faut dire que Lully et son librettiste Quinault se sont surpassés pour cette tragédie lyrique de 1676, sans doute avec Armide leur plus beau chef d'oeuvre.
Et puis enfin, grâce au mécénat d'un riche américain, le miracle a enfin eut lieu et ATYS fut à nouveau remonté à l'identique à l'opéra comique et le voila en DVD.
Aussi c'est avec un peu d'appréhension que j'ai commencé à visionner le DVD. En effet, certains chanteurs ne sont plus la, l'équipe a un peu vieilli, les solistes ne sont plus les mêmes, donc allais je être déçu après tant d'années d'attente?
D'entrée William Christie utilise des tempi plus rapides pour l'ouverture grandiose, ce qui n'enlève tout de même rien à la beauté de cette pièce typique dont le modèle sera repris dans toute l'Europe pendant un siècle.
Le prologue est magique, avec une succession d'allégories chantant la gloire du roi et de danses réalisés grâce au travail de la regréttée Francine Lancelot qui a oeuvré toute sa vie à retrouver les chorégraphie du siècle classique.
Les choeurs sont superbement en phase et typique de l'architecture verticale et solide du florentin; que de noblesse dans "ses justes lois", quelle beauté dans le choeur finale du prologue le temps des jeux" !
Puis reprise de l'ouverture et début des cinq actes.
Le décor unique y paraît tel un cabinet aux illusions spectrales, en gris, argent et nuances lunaires. C'est une oeuvre au noir, foudroyante par ses ténèbres criminelles qui curieusement enchanta à son époque, par un effet de contraste saisissant, l'imaginaire du Roi-Soleil.
Le personnage principal, Atys, est interprété par un Bernard Richter qui possède une voix splendide et qui campe son personnage remarquablement bien.
Cybèle interprétée par Stéphanie d'Oustreac est également parfaite, même si elle a un peu de mal à égaler sa prédécesseur dans ce rôle, Guillemette Laurens.
Les choeurs des Arts florissants sublimes, l'orchestre étincelant et de bout en bout le drame est mené avec une tension rare.
Les deux moments forts sont bien sur le fameux sommeil d'"Atys", célébrissime et magique. Les Songes agréables s'approchent d'Atys, et par leurs chants et leurs danses lui font connaître l'amour de Cybèle et le bonheur qu'il doit en espérer. Les Songes funestes s'approchent à son tour de lui, et le menacent de la vengeance de Cybèle s'il méprise son amour et ne l'aime pas avec fidélité. Les musiciens sur scène en costume grand siècle or jouent des airs assoupissants et envoutants tandis que le sommeil danse un miraculeux solo autour d'Atys assoupi avec une perfection et une poésie presque irréelles, tout simplement admirable, profondément émouvant avec son élégance absolue et sa grâce mélancolique.
Le final qui voit la mort d'Atys est marqué par le récitatif déchirant de Cybèle, accompagné des choeurs qui défilent en procession telle une pompe funèbre baroque, en scandant "ha quelle rage!" et le final splendide du choeur "que le malheur d'Atys".
La gestique, le maintien, cette noblesse des corps, cette dignité du port de tête, cette grandeur de la démarche, ces passions contenues, tout y parle le français du Grand siècle, tout y respire la plus haute civilisation. Et jusqu'à la fantaisie qu'on y mettait aussi, qui n'est pas absente : témoin ce pas de deux des petits pages, qui virevoltent autour des dallages ronds imaginés par Carlo Tommasi, comme des papillons autour d'une lumière.
Cela aussi est XVIIe. Ces défilés, cette noirceur soudaine, ces songes funestes, avec cauchemars, imprécations, ces démonstrations fantastiques, sont purement versaillais. Il faut se rappeler qu'aux obsèques d'un grand personnage à Notre-Dame, on avait empilé dans la nef ses meubles, son argenterie, les plats, les aiguières, les tableaux, les tapis, et placé le cercueil au sommet de l'appareil, démonstration de la vanité des ambitions.
Vraiment on reste sans voix devant tant de beauté, devant un tel accomplissement et une telle féérie qui sans conteste est un des plus beaux spectacle d'opéra en DVD.
Synopsis : Atys ne veut ni ne peut aimer. La nymphe Sangaride, fille du fleuve Sangar, aime Atys mais doit épouser Célénus, le roi de Phrygie. Atys surprend sa détresse et lui offre son amour. Survient alors la déesse Cybèle, descendue sur terre pour assister au mariage. Amoureuse d'Atys, elle plonge ce dernier dans un profond sommeil et lui dévoile sa flamme. A son réveil, le jeune homme est bien embarrassé ; que faire ? c'est la nymphe qu'il veut, pas la déesse ! Les deux amants décident malgré tout de se jurer fidélité. Atys, grand sacrificateur de Cybèle, va trouver Sangar et lui ordonne d'annuler le mariage de sa fille. Furieux, Célénus et Cybèle décident de se venger. La déesse envoûte Atys. Celui-ci tue Sangaride en la prenant pour un monstre. Lorsque le jeune homme recouvre la raison, il tente de se suicider, mais Cybèle le transforme en pin puis se met à pleurer beaucoup devant l'étendue du désastre.
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