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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Enfin Quinault revint !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lully: Proserpine (CD)
Lully "Proserpine" 1680, Hervé Niquet, Le Concert Spirituel, Versailles, 2006, 2 CDs Glossa Music.Après la collaboration difficile et peu fructueuse entre Thomas Corneille et Lully pour Béllérophon, Philippe Quinault, de retour en grâce auprès de Mme de Montespan, proposa un sujet auquel il tenait depuis très longtemps, Proserpine. Cette histoire de la fille de Cérès, déesse des moissons, enlevée par Pluton pour régner avec lui dans les Enfers, et dont la mère obtient qu'elle revienne sur terre six mois par an, symbole du printemps et de l'été, fut agréée par Louis XIV. C'était toujours le Roi qui choisissait entre les trois ou quatre sujets que le librettiste et le compositeur lui présentaient. Malgré une intrigue peu théâtrale, à nos yeux, car Pluton, roi des enfers, est un ravisseur, pas un amant qui puisse séduire, ou émouvoir, si amoureux soi-il; car Proserpine ne peut l'aimer, et les réjouissances célébrées outre-tombe ne nous semblent pas très "réjouissantes", l'oeuvre connut le succès, grâce aux beaux échanges amoureux entre Aréthuse et Alphée, le couple "d'appoint" indispensable tant dans la tragédie que dans la comédie, grâce aux nombreux divertissements champêtres ou infernaux magnifiquement orchestrés par Lully, et grâce aussi aux emportements, très dramatiques ceux-là, de Cérès. Qui a lu Saint-Simon se rappelle qu'il compare Madame Palatine à "Cérès réclamant sa fille à Jupiter", lorsque la princesse arpente la Galerie des Glaces, furieuse d'avoir appris que le Roi impose à son fils, le futur régent, d'épouser une de ses batardes, Mlle de Blois. L'épisode se place en 1692. Preuve que l'oeuvre est bien vive dans les esprits. Elle sera d'ailleurs représentée régulièrement jusqu'en 1756, et le poème de Quinault, encore mis en musique par Paisiello en 1803. Philippe Quinault, comme en opposition à l'oeuvre de son prédécesseur Thomas Corneille, écrit un poème presque dépourvu d'action, tout entier consacré à chanter l'amour sous toutes ses formes. Et avec "son grand talent ou son petit génie", l'expression est de Philippe Beaussant, il y réussit avec un bonheur incomparable. Cette version chantée, et fort bien, par Salomé Haller (Proserpine), Stéphanie d'Oustrac (Cérès), Cyril Auvity (Alphée) et João Fernandes (Pluton) souffre de nombreuses coupures. L'oeuvre complète et dirigée avec moins de sécheresse aurait évidemment mérité cinq étoiles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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