L'interprétation des "Six pièces" d'Arnold Schoenberg préserve la complexion texturaliste et les nuances oniriques de "Vergangenes" et "Farben", n'excluant ici pas une sensualité que la regrettable absence de relief sonore tend à pasteller.
Quant aux "Vorgefuhle", l'orchestre de Birmingham ne saurait rivaliser avec les fureurs déchaînées par Antal Dorati avec le London Symphony (Mercury).
Les "Six pièces" d'Anton Webern se voient hélas presque réduites au silence à cause d'une captation ectoplasmique. Pour ce qu'on en perçoit, la conception du maestro n'échappe pas toujours à l'effet de surface (la percussion esbroufante à la fin du "sehr mässig"...)
Les paysages désertiques qu'y matérialise James Levine à Berlin (DG) et le cortège macabre évoqué par Herbert Kegel à Leipzig suggèrent selon moi une écoute plus intéressante de cette « marcia funebre ».
Les options lyriques que Simon Rattle semble manifester dans ce répertoire conviennent mieux à la "Lulu Suite", même si le trouble érotisme s'en trouve ici quelque peu édulcoré. On retient alors surtout la lumineuse prestation vocale d'Arleen Augér.
Même si le chef anglais se montre indéniablement inspiré, le visions beaucoup plus dramatiques que défendirent Dorati (avec Helga Pilarczyk) et Claudio Abbado (DG, avec Margaret Price) me font bien vite oublier le présent disque, dont le contenu a été réédité dans
un coffret consacré à la Seconde Ecole de Vienne.
Ultime précision, d'ordre iconographique : en page 2 du livret du CD, les portraits respectifs d'Alban Berg et Anton Webern sont intervertis.