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Sa lente et heureuse dérive dans les années 1953-1954 entre Genève et le Khyber Pass en compagnie du peintre Thierry Vernet a inspiré ce livre d'un flâneur émerveillé à Nicolas Bouvier (1929-1998), « un voyageur d'une espèce rare, comme Segalen et Michaux » (Jacques Meunier).
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Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'usure du monde,
Par Carcharoth (Aix, PACA France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'usage du monde (Poche)
Ce récit est fabuleux. Le projet de ces deux amis, l'un peintre et l'autre écrivain (si tant est que l'on puisse se définir ainsi à 24 ans) est fantastique d'audace, de naïveté, d'humanité, de grandeur. Ils sont humble devant le monde, devant chaque culture. Pourtant la leur passe pour être l'une des plus avancée du monde. Pourtant ils partent, une topolino de troisième main sous les fesses. Et avec juste assez d'argent pour arriver en Yougoslavie. Bouvier ira jusqu'au Japon, Vernet s'arrêtera a Ceylan pour y retrouver sa future femme.
Pour autant le livre n'est pas qu'une relation de voyage, même si les détails géographiques et culturels foisonnent, toujours pertinents et érudits. C'est aussi un voyage à travers soi, que laisse entrevoir pudiquement Nicolas Bouvier, une quête de quelques instant comme "volés" au monde. L'ouverture dont il fait preuve vis à vis de culture et de civilisation très différentes est exemplaire. Sans comparer en permanence avec sa Suisse natale, il décrit fidèlement les peuples et leurs paysages. Car dans ce livre ces deux aspects sont indissociables. Un autre aspect important de leur démarche est de prendre le temps. Deux ans pour parcourir les Balkans, la Turquie, L'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan. Deux ans de galères mécaniques, financières, de santé, mais aussi deux ans de rencontres, de découverte, de route, d'émerveillement. Les derniers paragraphes sont à ce titre tout simplement magiques, lorsqu'il décrit cette sensation d'appartenir au monde qui l'emplit puis le laisse vide, mais heureux. Cette conception du voyage, qui lui était très personnelle (et le reste, chacun partant pour ses raisons, avec ses envies et ses besoins propres), cette façon de se livrer, de donner de son sang, de sa chair est à la base de bien des récits de ce genre, qu'il a en quelque sorte et sans le vouloir inspirer. Une grand merci, et un grand bravo. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La "petite musique" de Nicolas Bouvier,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'usage du monde (Poche)
J'ai fait la "connaissance" de Nicolas Bouvier en février 1975. J'étais alors professeur de français à l'E.C.I.C.A. de Bamako (MALI) et j'avais besoin d'un texte court à utiliser pour un exercice de dictée. En consultant le manuel de français que le Ministère de la Coopération avait mis à ma disposition, je suis tombé sur un extrait de *L'usage du monde*. Ce jour-là, j'ai découvert le ton si particulier de Nicolas Bouvier : cette petite musique ne m'a jamais quitté, et périodiquement je me souvenais de ce texte si singulier.
En ce début d'année 2009 (il faut savoir prendre son temps, aller lentement, dit lui-même Nicolas Bouvier), à l'occasion de différents achats sur Amazon, par curiosité je tape le nom de Nicolas Bouvier. Je tombe sur *L'usage du monde* et *Chronique japonaise*. Je lis les présentations et les commentaires des lecteurs et dans la foulée, tellement cela devenait une évidence (j'ai vécu une grande partie de ma vie à "l'étranger" et j'ai fait un séjour au Japon), je commande ces deux livres. J'ai enfin lu le texte intégral de *L'usage du monde*. J'ai compris pourquoi j'avais été "accroché" à l'époque et pourquoi il était resté dans ma mémoire : c'est certainement le meilleur récit de voyage que j'aie jamais lu. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Irremplaçable,
Par Breizh Izel (savoie, france) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'usage du monde (Poche)
les oeuvres de Bouvier - dont l'Usage du Monde - sont en permanence à mon chevet depuis cette rencontre éclatante avec cet auteur singulier, par son écriture, par son honnêteté intellectuelle,par son parcours, malheureusement disparu en 98. Et puis sa poésie :
"C'était hier plage noire de la Caspienne sur des racines blanchies rejetées par la mer sur de menus éclats de bambou nous faisions cuire un tout petit poisson sa chair rose prenait une couleur de fumée Douce pluie d'automne c½ur au chaud sous la laine au Nord un fabuleux champignon d''orage montait jusqu'à la Crimée et s''étendait jusqu'à la Chine Ce midi-là la vie était si égarante et bonne que tu lui as dit ou plutôt murmuré « va-t'en me perdre où tu voudras » Les vagues ont répondu : « tu n''en reviendras pas » Trébizonde ' 1953 ' le dehors et le dedans la chute de ce poème est ensorcelante ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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