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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Les mystères de La lutte de Jacob avec l'ange...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Lutte avec l'ange (Poche)
Ce livre est une véritable enquête sur la vie de Delacroix pendant toutes les années qu'il a mis à peindre La lutte de Jacob avec l'ange à Saint-Sulpice, de 1854 à 1861. Le texte met en evidence la longue et difficile creation de cette oeuvre de Delacroix, tout comme il montre aussi la longue et difficile enquête du narrateur pour arriver à relater les faits de cette création et tenter de découvrir la clef du mystère que renferme cette peinture. Le lecteur se laisse prendre au jeu et est lui aussi captivé par le secret qu'il espère partager avec le narrateur, le peintre, le tableau... Tout comme une enquête policière, il le tient en haleine, mais finalement, ce n'est pas au narrateur de dévoiler, mais au lecteur de découvrir.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Le calvaire Delacroix,
Par Durden (Lille, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Lutte avec l'ange (Poche)
Ce qu’il y a de formidable chez Kauffmann, c’est qu’à chaque fois il nous fait découvrir, avec un éminent talent, des endroits insolites et quasiment inaccessibles au grand public. Il y a d’abord eu le passionnant voyage dans ces Iles de la Désolation perdues dans les tempêtes de l’Atlantique sud (« L’Arche des Kerguelen »), puis la fascinante visite du sombre logis de Napoléon à Sainte-Hélène (« La Chambre noire de Longwood », à lire absolument) et enfin, ici, les coulisses énigmatiques de l’Eglise Saint-Sulpice à Paris, laquelle abrite une œuvre peu connue du peintre Eugène Delacroix, « La Lutte de Jacob avec l’Ange ». Pivot central du récit, ce tableau est le subtil prétexte qui sert à nous dévoiler une foultitude d’informations captivantes sur l’histoire ou l’architecture de l’édifice religieux, mais aussi sur la mystérieuse vie intime qui existe entre ses murs. Malheureusement, au fil de notre déambulation parmi les fantômes de gens célèbres hantant encore les lieux, l’auteur nous traîne dans une longue prospection qui perd peu à peu de son envoûtement. On ne sait plus trop où cela nous conduit et quelles en sont les motivations. Dommage, le sujet était prometteur. Néanmoins, connaissant l’étonnant savoir-faire de Kauffmann, on ne peut qu’attendre avec impatience son prochain livre.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
L'inaccompli et l'engloutissement,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Lutte avec l'ange (Broché)
Le livre de Jean-Paul Kauffmann a la saveur de l'inaccompli et de l'engloutissement.Saveur de l'inaccompli car l'enquête menée par l'auteur a pour point central la fresque peinte par Eugène Delacroix dans la chapelle des Saints-Anges en l'église Saint-Sulpice de Paris, la " lutte de Jacob avec l'ange ". Cette oeuvre, de grande taille, fait référence au passage du livre de la Genèse (Gen 32,23-33) dans lequel Jacob revient au pays de son père afin de se réconcilier avec son frère Esaü. Sur le gué du torrent Yabboq, Jacob est arrêté par un inconnu avec lequel il va se battre toute la nuit. L'aurore naissante, l'inconnu le blesse définitivement à la hanche avant de transformer son nom en Israël. La Tradition a fait de cet inconnu un ange, plus facilement représentable que Dieu (l'inconnu et l'innommé par excellence). Ce thème fut pris par de nombreux artistes qui en firent plus des apologies de la danse ou de la lutte romaine que de la réflexion théologique ! Jean-Paul Kauffmann semble porter cette scène biblique en lui depuis de nombreuses années. On se serait donc attendu à ce qu'il commente cet attachement particulier à ce combat nocturne, solitaire, acharné dans l'humidité d'un torrent. Du sens de ce corps à corps tenace que Delacroix traduit avec une tension violente des corps et une sensualité manifestée par le regard de l'ange et l'entrelacement des doigts, l'auteur reste en retrait. Il laisse parler quelques figures originales dont la plus attachante est celle de ce funambule franchissant l'espace entre les deux tours de l'église, et qui voit dans la peinture la marque même de l'équilibre. L'auteur de " la chambre noire de Longwood " ne s'arrête pas non plus sur cette transformation radicale de Jacob, marqué en sa chair, renouvelé dans les eaux du torrent, préfiguration du Jourdain et des fonds baptismaux, préfiguration du Vendredi Saint, de cet engloutissement dans une lutte contre la nuit, la mort, la régression avant la Résurrection et l'aurore des grands matins. Cette lutte entre un homme allant se réconcilier avec son frère, affrontant les épreuves du doute alors qu'il est au seuil de la Miséricorde manifeste aussi de la volonté humaine de s'attacher aux pas de Dieu, contre vents et marées. Pour cela, Jacob a prévalu dans son combat et en a eu la vie sauve après avoir contemplé Dieu face à face. Saveur de l'engloutissement car Jean-Paul Kauffmann, qui reconnaît lui-même avoir eu ce sentiment face à l'oeuvre, part de l'idée selon laquelle le secret de la peinture recèle un mystère lié tout à la fois à la personnalité du peintre et l'église Saint-Sulpice. L'auteur nous entraîne donc, avec une étonnante aisance, quelques touches d'humour et une érudition sans verbiage dans un vertige d'anecdotes, de dialogues impromptus, de méditations autour de l'oeuvre. On y découvre une église aux multiples recoins, aux habitants surprenants, voyageant de la crypte au sommet des tours pour y découvrir la capitale, " vision désolée de la belle Sodome que l'ange exterminateur a épargné mais vidée de ses habitants ". L'auteur de " l'arche des Kerguelen " n'est jamais aussi à l'aise que dans les descriptions des déserts et des lieux où l'esprit peut se détacher de cette " masse gluante qui se proclame Monde ", selon la formule de Julio Cortázar. Sans doute restera-t-on réservé sur les dernières pages du livre dans lesquelles on semble considérer que le peintre, attiré par les mauvais anges chers à Baudelaire, aurait voulu peindre un ange de ténèbres pour le " combat " sous prétexte que l'on trouve des esquisses d'ailes crochues dans ses carnets de croquis. Le livre de Jean-Paul KAUFFMANN est un agréable voyage dans l'univers de la peinture et de l'architecture. C'est une " enquête " légère et agréable à lire même s'il reste préférable de simplement regarder l'oeuvre d'Eugène Delacroix en méditant l'inscription figurant à l'entrée de la chapelle des Saints-Anges : " Retire-moi de la boue, que je n'y reste pas enfoncé ". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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