En 2003, Avishai Cohen, fort de son succès et de sa reconnaissance comme immense bassiste, décide de fonder sa propre maison d'édition RAZDAZ. Lyla en est le premier opus.
La tendance du jeune artiste israélien vivant à New-York était déjà assez fortement ancrée à se mettre en scène dans des poses hiératiques qui, au mieux, faisaient sourire sur les pochettes de ses disques. Maintenant que notre homme possède sa propre maison, la mise en scène de sa personne, sous toutes ses formes, tourne à l'obsession mégalomaniaque. Photos sous toutes les coutures et presque à toutes les pages, discours glorifiant sur le génie artistique du personnage en sont les signes les plus évidents et insupportables.
Mais le pire est bien dans la musique malheureusement. Sur onze titres de cet album qui peine à trouver son souffle, six sont de Cohen seul (et ce sont clairement les moins intéressantes, voire les plus soporifiques, faute de maîtriser suffisamment bien les subtilités d'une écriture mélodique). Les titres qui sauvent du naufrage total sont ceux cosignés, la reprise amusante de Come Together des Beatles à la contrebasse jouée à l'archet et accompagnée d'une batterie et de Ethernal Child de Chick Corea joué par ce dernier au piano (bien sûr) et accompagné de Cohen, pour une fois au second plan. Car, pour couronner le tout, Avishai Cohen qui avait décidément la très grosse tête dans ce disque se targue d'être à tous les instruments nous imposant de difficiles et grinçants moments à la guitare électrique, des parties de piano sans sensibilité et des chants aux paroles aussi mielleuses qu'à la ligne de chant insipide.
Bref, c'est ce qu'on appelle un assassinat en règle pour un très mauvais disque, assurément !