Lynyrd Skynyrd |
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Lynyrd Skynyrd : top des titres MP3
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BiographieLent et patient, Lynyrd Skynyrd a mis presque six ans à trouver son nom de scène. Appelée tout d'abord The Noble Five, cette formation de pop et de rock voit le jour en Floride en 1964, menée par les personnalités charismatiques du chanteur Ronnie Van Zant et du guitariste Gary Rossington. Mêlant les influences de la pop britannique, du rock'n'roll et des airs traditionnels du Vieux Sud comme le rhythm'n'blues ou la country, le groupe change de nom et de membres dès l'année suivante pour devenir My Backyard. Arpentant les scènes locales et les petits festivals du sud des Etats-Unis, My ... Lire la suite
Lent et patient, Lynyrd Skynyrd a mis presque six ans à trouver son nom de scène. Appelée tout d'abord The Noble Five, cette formation de pop et de rock voit le jour en Floride en 1964, menée par les personnalités charismatiques du chanteur Ronnie Van Zant et du guitariste Gary Rossington. Mêlant les influences de la pop britannique, du rock'n'roll et des airs traditionnels du Vieux Sud comme le rhythm'n'blues ou la country, le groupe change de nom et de membres dès l'année suivante pour devenir My Backyard. Arpentant les scènes locales et les petits festivals du sud des Etats-Unis, My Backyard remporte en 1968 un concours de rock et obtient ainsi le surcroît de publicité qui lui manquait pour un lancement digne de ce nom en gagnant le droit de faire la première partie de Strawberry Alarm Clock. Rock'n'Roll Dixieland (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd)C'est en 1970 que Lynyrd Skynyrd adopte son étrange et définitif patronyme, en « hommage » à Leonard Skinner, un ancien de prof de gym du lycée dans lequel les membres du groupe se sont connus autrefois (prononcé avec l'accent traînant du sud, « Leonard Skinner » s'entend « Lynyrd Skynyrd »). Véritable auberge espagnole, Lynyrd Skynyrd change régulièrement de membres (à l'exception des deux piliers que sont Ronnie Van Zant et Gary Rossington) et n'achève sa composition « définitive » qu'en 1972 avec Billy Powell aux claviers, Leon Wilkeson à la basse, Bob Burns à la batterie, Ed King et Allen Collins aux guitares. Un tour de chant à Atlanta triomphal conduit MCA Records à leur offrir leur chance et à leur signer un premier album, originalement intitulé (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd) (les fans se mettent rapidement d'accord pour se contenter de l'appeler « Pronounced ») qui devient aussitôt un succès, porté par le titre « Free Bird ». Un triomphe qui vaut au groupe d'être contactés par The Who pour assurer la première partie de leur show-tour Quadrophenia en 1973, qui a le mérite de faire sortir Lynyrd Skynyrd du Sud profond et de faire connaître le groupe à l'Amérique entière. Second Helping, en 1974, cartonne tout autant que son prédécesseur... mais créé la polémique. En effet, l'une des chansons de l'album, « Sweet Home Alabama », est une réponse directe au morceau de Neil Young, « Alabama », dans lequel ce dernier reproche aux habitants du Sud leur racisme viscéral. À cette attaque en dessous de la Sun Belt, Lynyrd Skynyrd répond en affirmant la fierté des membres du groupe d'être sudistes et leur soutien au gouverneur de l'Etat de l'Alabama, George Wallace, alors partisan de la ségrégation raciale. Si le titre en lui-même se veut juste une réponse du berger à la bergère sous forme de plaisanterie (Van Zant est, en réalité, plutôt de sensibilité « dixiecrate » - socialement proche de la gauche mais conservateur sur le plan des mœurs - et ami personnel de Neil Young), le 45-tours, dont la pochette s'illustre d'un drapeau confédéré, vaut au groupe une réputation de formation raciste et ségrégationniste, hostile aux droits des minorités. Une réputation qui grandit d'autant qu'effectivement, « Sweet Home Alabama » devient en peu de temps un hit auprès des électeurs conservateurs du Sud et un hymne quasi officiel dans certaines officines du Ku Klux Klan. Aujourd'hui encore, bien que faisant désormais partie du patrimoine culturel sudiste et devenue anodine, cette chanson entache encore la réputation du groupe. Série noire 1976 constitue l'annus horribilis pour Lynyrd Skynyrd. Ed King et Bob Burns quittent le groupe qui s'adjoint alors les service du guitariste Steve Gaines et du batteur Artimus Pyle, ainsi que de The Honkettes, un trio qui assure les chœurs lors des sessions d'enregistrement et les concerts. Nuthin' Fancy, puis Gimme Back My Bullets sont loin d'égaler les succès des premiers albums, la population du « Nord historique » des Etats-Unis étant devenue plus rétive aux compositions du groupe depuis la polémique enclenchée par « Sweet Home Alabama ». Cela n'empêche pas le groupe de découvrir l'Europe, plus particulièrement le Royaume-Uni, en faisant la première partie des Rolling Stones, mais l'élan de départ s'est clairement brisé. Street Survivors sort en 1977 et se voit médiatisé par une publicité monstre dont le groupe se serait bien passé... En effet, trois jours à peine après la sortie de l'album, l'avion transportant le groupe s'écrase dans le Mississipi. Ronnie Van Zant, les deux frères Gaines, ainsi qu'une partie du staff technique décèdent dans l'accident. Les autres membres du groupe, bien que survivants, s'en sortent avec plusieurs membres brisés qui exigent une sévère rééducation. Leon Wilkeson, lui, est amputé des deux jambes. L'accident sonne le glas de Lynyrd Skynyrd, qui a perdu plusieurs de ses membres et voit les autres incapables de jouer pendant des années. Deux ans après l'accident, Rossington et Collins s'associent pour former The Rossington-Collins Band avec Powell et Wilkeson (en dépit de son handicap) qui continuent sur la lancée de Lynyrd Skynyrd (les commentateurs annonçant, un peu péremptoirement, la renaissance du groupe), sans toutefois retrouver les grands élans de jadis. Une renaissance musicale interrompue là encore brutalement par le décès de l'épouse d'Allen Collins qui ne s'en remet vraiment qu'en 1982. Johnny Van Zant, l'un des frères de Ronnie Van Zant rejoint le groupe comme chanteur en 1980, tout en évoluant en parallèle au sein de .38 Special, le combo de Donnie, un autre membre de la fratrie Van Zant. Lynyrd Skynyrd post-crash Gary Rossington et Allen Collins mettent finalement fin à leur collaboration en 1983, chacun se décidant à évoluer de son côté, lançant un tonitruant « qui m'aime me suive » en direction des autres membres du groupe. Si Wilkeson et Powell choisissent d'accompagner Collins au sein de The Allen Collins Band, les autres anciens de Lynyrd Skynyrd, des Honkettes ou de la famille Van Zant choisissent de voler de leurs propres ailes et de se consacrer à des projets plus personnels, soit en solo, soit au sein de formations dont certaines se réclament officiellement (mais illégalement) du défunt groupe de Jacksonville. La série noire continue toutefois Allen Collins se retrouve paralysé des membres inférieurs suite à un accident de voiture en 1986 qui coûte par ailleurs la vie à sa nouvelle petite amie. Une malédiction plane t'elle sur les ex-membres de Lynyrd Skynyrd et leur entourage ? Malgré tout cela, l'idée ambitieuse et un peu folle de reconstituer le groupe est lancée en 1987 par Rossington et Johnny Van Zant. À leur appel, tous les grands anciens répondent présents, y compris Collins, qui, en dépit de sa paralysie assure désormais la direction artistique du groupe refondé. « Southern By The Grace Of God / Lynyrd Skynyrd Tribute Tour » est l'album tiré de leur première tournée triomphale qui voit la formation renouer avec son public et les thèmes qui lui sont chers : fierté de descendants de confédérés, identité sudiste parfaitement assumée et rock de plus en plus marqué par le heavy sans renier pour autant la fidélité d'origine à la country-music. Le succès est tel que l'opération marketing, qui ne devait être qu'exceptionnelle au départ, devient le point de départ d'une réelle renaissance du groupe autour de ses figures historiques (Allen, Powell, Rossington, Pyle, King et Wilkeson). Southern By The Grace Of God Une renaissance cependant endeuillée par un nouveau décès, celui d'Allen Collins qui meurt des suites d'une pneumonie en 1990, un an avant la sortie de Lynyrd Skynyrd 1991, le premier album studio depuis Street Survivors, quinze ans auparavant. Très marqués par les tragédies successives qui ont frappé le groupe, les musiciens retranscrivent clairement leur deuil dans les textes de ce nouvel opus, marqué aussi par la récente adhésion à la religion d'un certain nombre d'entre eux, devenus « born again christians », même s'il ne s'agit pas de « rock chrétien » pour autant. « Keep the Faith » ou « Mama (Afraid to Say Goodbye) » sont autant de titres qui balisent le nouveau sentier de Lynyrd Skynyrd qui, désormais, ne craint plus d'être taxé de « groupe conservateur » et assume parfaitement ce qualificatif. Twenty, en 1997 marque les vingt ans du crash de l'avion et voit le groupe s'associer à d'autres vétérans du rock sudiste comme Ricky Medlocke ou Hughie Thomasson pour les besoins de cet album hommage (la voix de Ronnie Van Zant est samplée sur l'un des morceaux) qui se veut une exploration onirique d'une réserve indienne (en dépit du retour au Christ de certains membres du groupe, les références au chamanisme navajo ainsi qu'au vaudou louisianais sont assez présentes sur l'album). Christmas Time Again, trois ans plus tard, est le dernier album dans lequel Wilkeson vient plaquer ses accords de basse, décédant lui-même en 2001, de mort naturelle, selon le rapport d'autopsie, âgé pourtant de seulement 49 ans. Le morceau « Mad Hatter » sur l'album Vicious Cyrcle, sorti en 2003, lui est d'ailleurs dédiée. Moins présent dans les bacs et sur scène, Lynyrd Skynyrd est cependant de toutes les grandes manifestations américaines, de l'ouverture du Superbowl aux concerts de soutien à la population de la Nouvelle-Orléans après le passage du cyclone Katrina (à la demande d'Harry Connick Jr). Désormais entré dans la légende et enfin lavé de son affreuse réputation de groupe flirtant avec des encagoulés amateurs de croix qui brûlent, Lynyrd Skynyrd est, par essence, le groupe anti-baraka. Accidents, décès à réputation, soupçons d'infamies, Lynyrd Skynyrd a tout connu et même la réhabilitation grâce à une place gagnée au Rock'n'Roll Hall of Fame aux côtés des Rolling Stones ou de Miles Davis. Éphémère satisfaction devant la série noire, puisque celle-ci se poursuit en 2007, avec le décès de Hughie Thomasson, des suites d'une attaque cardiaque. A l'automne 2009, les héros sont de retour avec l'inusable God & Guns et son emblématique « Still Unbroken ». Copyright 2013 Music Story Benjamin D'Alguerre
Lent et patient, Lynyrd Skynyrd a mis presque six ans à trouver son nom de scène. Appelée tout d'abord The Noble Five, cette formation de pop et de rock voit le jour en Floride en 1964, menée par les personnalités charismatiques du chanteur Ronnie Van Zant et du guitariste Gary Rossington. Mêlant les influences de la pop britannique, du rock'n'roll et des airs traditionnels du Vieux Sud comme le rhythm'n'blues ou la country, le groupe change de nom et de membres dès l'année suivante pour devenir My Backyard. Arpentant les scènes locales et les petits festivals du sud des Etats-Unis, My Backyard remporte en 1968 un concours de rock et obtient ainsi le surcroît de publicité qui lui manquait pour un lancement digne de ce nom en gagnant le droit de faire la première partie de Strawberry Alarm Clock. Rock'n'Roll Dixieland (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd)C'est en 1970 que Lynyrd Skynyrd adopte son étrange et définitif patronyme, en « hommage » à Leonard Skinner, un ancien de prof de gym du lycée dans lequel les membres du groupe se sont connus autrefois (prononcé avec l'accent traînant du sud, « Leonard Skinner » s'entend « Lynyrd Skynyrd »). Véritable auberge espagnole, Lynyrd Skynyrd change régulièrement de membres (à l'exception des deux piliers que sont Ronnie Van Zant et Gary Rossington) et n'achève sa composition « définitive » qu'en 1972 avec Billy Powell aux claviers, Leon Wilkeson à la basse, Bob Burns à la batterie, Ed King et Allen Collins aux guitares. Un tour de chant à Atlanta triomphal conduit MCA Records à leur offrir leur chance et à leur signer un premier album, originalement intitulé (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd) (les fans se mettent rapidement d'accord pour se contenter de l'appeler « Pronounced ») qui devient aussitôt un succès, porté par le titre « Free Bird ». Un triomphe qui vaut au groupe d'être contactés par The Who pour assurer la première partie de leur show-tour Quadrophenia en 1973, qui a le mérite de faire sortir Lynyrd Skynyrd du Sud profond et de faire connaître le groupe à l'Amérique entière. Second Helping, en 1974, cartonne tout autant que son prédécesseur... mais créé la polémique. En effet, l'une des chansons de l'album, « Sweet Home Alabama », est une réponse directe au morceau de Neil Young, « Alabama », dans lequel ce dernier reproche aux habitants du Sud leur racisme viscéral. À cette attaque en dessous de la Sun Belt, Lynyrd Skynyrd répond en affirmant la fierté des membres du groupe d'être sudistes et leur soutien au gouverneur de l'Etat de l'Alabama, George Wallace, alors partisan de la ségrégation raciale. Si le titre en lui-même se veut juste une réponse du berger à la bergère sous forme de plaisanterie (Van Zant est, en réalité, plutôt de sensibilité « dixiecrate » - socialement proche de la gauche mais conservateur sur le plan des mœurs - et ami personnel de Neil Young), le 45-tours, dont la pochette s'illustre d'un drapeau confédéré, vaut au groupe une réputation de formation raciste et ségrégationniste, hostile aux droits des minorités. Une réputation qui grandit d'autant qu'effectivement, « Sweet Home Alabama » devient en peu de temps un hit auprès des électeurs conservateurs du Sud et un hymne quasi officiel dans certaines officines du Ku Klux Klan. Aujourd'hui encore, bien que faisant désormais partie du patrimoine culturel sudiste et devenue anodine, cette chanson entache encore la réputation du groupe. Série noire 1976 constitue l'annus horribilis pour Lynyrd Skynyrd. Ed King et Bob Burns quittent le groupe qui s'adjoint alors les service du guitariste Steve Gaines et du batteur Artimus Pyle, ainsi que de The Honkettes, un trio qui assure les chœurs lors des sessions d'enregistrement et les concerts. Nuthin' Fancy, puis Gimme Back My Bullets sont loin d'égaler les succès des premiers albums, la population du « Nord historique » des Etats-Unis étant devenue plus rétive aux compositions du groupe depuis la polémique enclenchée par « Sweet Home Alabama ». Cela n'empêche pas le groupe de découvrir l'Europe, plus particulièrement le Royaume-Uni, en faisant la première partie des Rolling Stones, mais l'élan de départ s'est clairement brisé. Street Survivors sort en 1977 et se voit médiatisé par une publicité monstre dont le groupe se serait bien passé... En effet, trois jours à peine après la sortie de l'album, l'avion transportant le groupe s'écrase dans le Mississipi. Ronnie Van Zant, les deux frères Gaines, ainsi qu'une partie du staff technique décèdent dans l'accident. Les autres membres du groupe, bien que survivants, s'en sortent avec plusieurs membres brisés qui exigent une sévère rééducation. Leon Wilkeson, lui, est amputé des deux jambes. L'accident sonne le glas de Lynyrd Skynyrd, qui a perdu plusieurs de ses membres et voit les autres incapables de jouer pendant des années. Deux ans après l'accident, Rossington et Collins s'associent pour former The Rossington-Collins Band avec Powell et Wilkeson (en dépit de son handicap) qui continuent sur la lancée de Lynyrd Skynyrd (les commentateurs annonçant, un peu péremptoirement, la renaissance du groupe), sans toutefois retrouver les grands élans de jadis. Une renaissance musicale interrompue là encore brutalement par le décès de l'épouse d'Allen Collins qui ne s'en remet vraiment qu'en 1982. Johnny Van Zant, l'un des frères de Ronnie Van Zant rejoint le groupe comme chanteur en 1980, tout en évoluant en parallèle au sein de .38 Special, le combo de Donnie, un autre membre de la fratrie Van Zant. Lynyrd Skynyrd post-crash Gary Rossington et Allen Collins mettent finalement fin à leur collaboration en 1983, chacun se décidant à évoluer de son côté, lançant un tonitruant « qui m'aime me suive » en direction des autres membres du groupe. Si Wilkeson et Powell choisissent d'accompagner Collins au sein de The Allen Collins Band, les autres anciens de Lynyrd Skynyrd, des Honkettes ou de la famille Van Zant choisissent de voler de leurs propres ailes et de se consacrer à des projets plus personnels, soit en solo, soit au sein de formations dont certaines se réclament officiellement (mais illégalement) du défunt groupe de Jacksonville. La série noire continue toutefois Allen Collins se retrouve paralysé des membres inférieurs suite à un accident de voiture en 1986 qui coûte par ailleurs la vie à sa nouvelle petite amie. Une malédiction plane t'elle sur les ex-membres de Lynyrd Skynyrd et leur entourage ? Malgré tout cela, l'idée ambitieuse et un peu folle de reconstituer le groupe est lancée en 1987 par Rossington et Johnny Van Zant. À leur appel, tous les grands anciens répondent présents, y compris Collins, qui, en dépit de sa paralysie assure désormais la direction artistique du groupe refondé. « Southern By The Grace Of God / Lynyrd Skynyrd Tribute Tour » est l'album tiré de leur première tournée triomphale qui voit la formation renouer avec son public et les thèmes qui lui sont chers : fierté de descendants de confédérés, identité sudiste parfaitement assumée et rock de plus en plus marqué par le heavy sans renier pour autant la fidélité d'origine à la country-music. Le succès est tel que l'opération marketing, qui ne devait être qu'exceptionnelle au départ, devient le point de départ d'une réelle renaissance du groupe autour de ses figures historiques (Allen, Powell, Rossington, Pyle, King et Wilkeson). Southern By The Grace Of God Une renaissance cependant endeuillée par un nouveau décès, celui d'Allen Collins qui meurt des suites d'une pneumonie en 1990, un an avant la sortie de Lynyrd Skynyrd 1991, le premier album studio depuis Street Survivors, quinze ans auparavant. Très marqués par les tragédies successives qui ont frappé le groupe, les musiciens retranscrivent clairement leur deuil dans les textes de ce nouvel opus, marqué aussi par la récente adhésion à la religion d'un certain nombre d'entre eux, devenus « born again christians », même s'il ne s'agit pas de « rock chrétien » pour autant. « Keep the Faith » ou « Mama (Afraid to Say Goodbye) » sont autant de titres qui balisent le nouveau sentier de Lynyrd Skynyrd qui, désormais, ne craint plus d'être taxé de « groupe conservateur » et assume parfaitement ce qualificatif. Twenty, en 1997 marque les vingt ans du crash de l'avion et voit le groupe s'associer à d'autres vétérans du rock sudiste comme Ricky Medlocke ou Hughie Thomasson pour les besoins de cet album hommage (la voix de Ronnie Van Zant est samplée sur l'un des morceaux) qui se veut une exploration onirique d'une réserve indienne (en dépit du retour au Christ de certains membres du groupe, les références au chamanisme navajo ainsi qu'au vaudou louisianais sont assez présentes sur l'album). Christmas Time Again, trois ans plus tard, est le dernier album dans lequel Wilkeson vient plaquer ses accords de basse, décédant lui-même en 2001, de mort naturelle, selon le rapport d'autopsie, âgé pourtant de seulement 49 ans. Le morceau « Mad Hatter » sur l'album Vicious Cyrcle, sorti en 2003, lui est d'ailleurs dédiée. Moins présent dans les bacs et sur scène, Lynyrd Skynyrd est cependant de toutes les grandes manifestations américaines, de l'ouverture du Superbowl aux concerts de soutien à la population de la Nouvelle-Orléans après le passage du cyclone Katrina (à la demande d'Harry Connick Jr). Désormais entré dans la légende et enfin lavé de son affreuse réputation de groupe flirtant avec des encagoulés amateurs de croix qui brûlent, Lynyrd Skynyrd est, par essence, le groupe anti-baraka. Accidents, décès à réputation, soupçons d'infamies, Lynyrd Skynyrd a tout connu et même la réhabilitation grâce à une place gagnée au Rock'n'Roll Hall of Fame aux côtés des Rolling Stones ou de Miles Davis. Éphémère satisfaction devant la série noire, puisque celle-ci se poursuit en 2007, avec le décès de Hughie Thomasson, des suites d'une attaque cardiaque. A l'automne 2009, les héros sont de retour avec l'inusable God & Guns et son emblématique « Still Unbroken ». Copyright 2013 Music Story Benjamin D'Alguerre
Lent et patient, Lynyrd Skynyrd a mis presque six ans à trouver son nom de scène. Appelée tout d'abord The Noble Five, cette formation de pop et de rock voit le jour en Floride en 1964, menée par les personnalités charismatiques du chanteur Ronnie Van Zant et du guitariste Gary Rossington. Mêlant les influences de la pop britannique, du rock'n'roll et des airs traditionnels du Vieux Sud comme le rhythm'n'blues ou la country, le groupe change de nom et de membres dès l'année suivante pour devenir My Backyard. Arpentant les scènes locales et les petits festivals du sud des Etats-Unis, My Backyard remporte en 1968 un concours de rock et obtient ainsi le surcroît de publicité qui lui manquait pour un lancement digne de ce nom en gagnant le droit de faire la première partie de Strawberry Alarm Clock. Rock'n'Roll Dixieland (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd)C'est en 1970 que Lynyrd Skynyrd adopte son étrange et définitif patronyme, en « hommage » à Leonard Skinner, un ancien de prof de gym du lycée dans lequel les membres du groupe se sont connus autrefois (prononcé avec l'accent traînant du sud, « Leonard Skinner » s'entend « Lynyrd Skynyrd »). Véritable auberge espagnole, Lynyrd Skynyrd change régulièrement de membres (à l'exception des deux piliers que sont Ronnie Van Zant et Gary Rossington) et n'achève sa composition « définitive » qu'en 1972 avec Billy Powell aux claviers, Leon Wilkeson à la basse, Bob Burns à la batterie, Ed King et Allen Collins aux guitares. Un tour de chant à Atlanta triomphal conduit MCA Records à leur offrir leur chance et à leur signer un premier album, originalement intitulé (pronounced 'loh-'nérd 'skin-'nérd) (les fans se mettent rapidement d'accord pour se contenter de l'appeler « Pronounced ») qui devient aussitôt un succès, porté par le titre « Free Bird ». Un triomphe qui vaut au groupe d'être contactés par The Who pour assurer la première partie de leur show-tour Quadrophenia en 1973, qui a le mérite de faire sortir Lynyrd Skynyrd du Sud profond et de faire connaître le groupe à l'Amérique entière. Second Helping, en 1974, cartonne tout autant que son prédécesseur... mais créé la polémique. En effet, l'une des chansons de l'album, « Sweet Home Alabama », est une réponse directe au morceau de Neil Young, « Alabama », dans lequel ce dernier reproche aux habitants du Sud leur racisme viscéral. À cette attaque en dessous de la Sun Belt, Lynyrd Skynyrd répond en affirmant la fierté des membres du groupe d'être sudistes et leur soutien au gouverneur de l'Etat de l'Alabama, George Wallace, alors partisan de la ségrégation raciale. Si le titre en lui-même se veut juste une réponse du berger à la bergère sous forme de plaisanterie (Van Zant est, en réalité, plutôt de sensibilité « dixiecrate » - socialement proche de la gauche mais conservateur sur le plan des mœurs - et ami personnel de Neil Young), le 45-tours, dont la pochette s'illustre d'un drapeau confédéré, vaut au groupe une réputation de formation raciste et ségrégationniste, hostile aux droits des minorités. Une réputation qui grandit d'autant qu'effectivement, « Sweet Home Alabama » devient en peu de temps un hit auprès des électeurs conservateurs du Sud et un hymne quasi officiel dans certaines officines du Ku Klux Klan. Aujourd'hui encore, bien que faisant désormais partie du patrimoine culturel sudiste et devenue anodine, cette chanson entache encore la réputation du groupe. Série noire 1976 constitue l'annus horribilis pour Lynyrd Skynyrd. Ed King et Bob Burns quittent le groupe qui s'adjoint alors les service du guitariste Steve Gaines et du batteur Artimus Pyle, ainsi que de The Honkettes, un trio qui assure les chœurs lors des sessions d'enregistrement et les concerts. Nuthin' Fancy, puis Gimme Back My Bullets sont loin d'égaler les succès des premiers albums, la population du « Nord historique » des Etats-Unis étant devenue plus rétive aux compositions du groupe depuis la polémique enclenchée par « Sweet Home Alabama ». Cela n'empêche pas le groupe de découvrir l'Europe, plus particulièrement le Royaume-Uni, en faisant la première partie des Rolling Stones, mais l'élan de départ s'est clairement brisé. Street Survivors sort en 1977 et se voit médiatisé par une publicité monstre dont le groupe se serait bien passé... En effet, trois jours à peine après la sortie de l'album, l'avion transportant le groupe s'écrase dans le Mississipi. Ronnie Van Zant, les deux frères Gaines, ainsi qu'une partie du staff technique décèdent dans l'accident. Les autres membres du groupe, bien que survivants, s'en sortent avec plusieurs membres brisés qui exigent une sévère rééducation. Leon Wilkeson, lui, est amputé des deux jambes. L'accident sonne le glas de Lynyrd Skynyrd, qui a perdu plusieurs de ses membres et voit les autres incapables de jouer pendant des années. Deux ans après l'accident, Rossington et Collins s'associent pour former The Rossington-Collins Band avec Powell et Wilkeson (en dépit de son handicap) qui continuent sur la lancée de Lynyrd Skynyrd (les commentateurs annonçant, un peu péremptoirement, la renaissance du groupe), sans toutefois retrouver les grands élans de jadis. Une renaissance musicale interrompue là encore brutalement par le décès de l'épouse d'Allen Collins qui ne s'en remet vraiment qu'en 1982. Johnny Van Zant, l'un des frères de Ronnie Van Zant rejoint le groupe comme chanteur en 1980, tout en évoluant en parallèle au sein de .38 Special, le combo de Donnie, un autre membre de la fratrie Van Zant. Lynyrd Skynyrd post-crash Gary Rossington et Allen Collins mettent finalement fin à leur collaboration en 1983, chacun se décidant à évoluer de son côté, lançant un tonitruant « qui m'aime me suive » en direction des autres membres du groupe. Si Wilkeson et Powell choisissent d'accompagner Collins au sein de The Allen Collins Band, les autres anciens de Lynyrd Skynyrd, des Honkettes ou de la famille Van Zant choisissent de voler de leurs propres ailes et de se consacrer à des projets plus personnels, soit en solo, soit au sein de formations dont certaines se réclament officiellement (mais illégalement) du défunt groupe de Jacksonville. La série noire continue toutefois Allen Collins se retrouve paralysé des membres inférieurs suite à un accident de voiture en 1986 qui coûte par ailleurs la vie à sa nouvelle petite amie. Une malédiction plane t'elle sur les ex-membres de Lynyrd Skynyrd et leur entourage ? Malgré tout cela, l'idée ambitieuse et un peu folle de reconstituer le groupe est lancée en 1987 par Rossington et Johnny Van Zant. À leur appel, tous les grands anciens répondent présents, y compris Collins, qui, en dépit de sa paralysie assure désormais la direction artistique du groupe refondé. « Southern By The Grace Of God / Lynyrd Skynyrd Tribute Tour » est l'album tiré de leur première tournée triomphale qui voit la formation renouer avec son public et les thèmes qui lui sont chers : fierté de descendants de confédérés, identité sudiste parfaitement assumée et rock de plus en plus marqué par le heavy sans renier pour autant la fidélité d'origine à la country-music. Le succès est tel que l'opération marketing, qui ne devait être qu'exceptionnelle au départ, devient le point de départ d'une réelle renaissance du groupe autour de ses figures historiques (Allen, Powell, Rossington, Pyle, King et Wilkeson). Southern By The Grace Of God Une renaissance cependant endeuillée par un nouveau décès, celui d'Allen Collins qui meurt des suites d'une pneumonie en 1990, un an avant la sortie de Lynyrd Skynyrd 1991, le premier album studio depuis Street Survivors, quinze ans auparavant. Très marqués par les tragédies successives qui ont frappé le groupe, les musiciens retranscrivent clairement leur deuil dans les textes de ce nouvel opus, marqué aussi par la récente adhésion à la religion d'un certain nombre d'entre eux, devenus « born again christians », même s'il ne s'agit pas de « rock chrétien » pour autant. « Keep the Faith » ou « Mama (Afraid to Say Goodbye) » sont autant de titres qui balisent le nouveau sentier de Lynyrd Skynyrd qui, désormais, ne craint plus d'être taxé de « groupe conservateur » et assume parfaitement ce qualificatif. Twenty, en 1997 marque les vingt ans du crash de l'avion et voit le groupe s'associer à d'autres vétérans du rock sudiste comme Ricky Medlocke ou Hughie Thomasson pour les besoins de cet album hommage (la voix de Ronnie Van Zant est samplée sur l'un des morceaux) qui se veut une exploration onirique d'une réserve indienne (en dépit du retour au Christ de certains membres du groupe, les références au chamanisme navajo ainsi qu'au vaudou louisianais sont assez présentes sur l'album). Christmas Time Again, trois ans plus tard, est le dernier album dans lequel Wilkeson vient plaquer ses accords de basse, décédant lui-même en 2001, de mort naturelle, selon le rapport d'autopsie, âgé pourtant de seulement 49 ans. Le morceau « Mad Hatter » sur l'album Vicious Cyrcle, sorti en 2003, lui est d'ailleurs dédiée. Moins présent dans les bacs et sur scène, Lynyrd Skynyrd est cependant de toutes les grandes manifestations américaines, de l'ouverture du Superbowl aux concerts de soutien à la population de la Nouvelle-Orléans après le passage du cyclone Katrina (à la demande d'Harry Connick Jr). Désormais entré dans la légende et enfin lavé de son affreuse réputation de groupe flirtant avec des encagoulés amateurs de croix qui brûlent, Lynyrd Skynyrd est, par essence, le groupe anti-baraka. Accidents, décès à réputation, soupçons d'infamies, Lynyrd Skynyrd a tout connu et même la réhabilitation grâce à une place gagnée au Rock'n'Roll Hall of Fame aux côtés des Rolling Stones ou de Miles Davis. Éphémère satisfaction devant la série noire, puisque celle-ci se poursuit en 2007, avec le décès de Hughie Thomasson, des suites d'une attaque cardiaque. A l'automne 2009, les héros sont de retour avec l'inusable God & Guns et son emblématique « Still Unbroken ». Copyright 2013 Music Story Benjamin D'Alguerre |
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