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Chaque partie de ce livre apporte son éclairage sur la manière dont Pasolini s'est saisi du mythe campé par Euripide, en y incorporant ses propres intuitions avec audace, insolence, et une liberté que seuls les plus grands savent maîtriser. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Trop de fidélité ruine le projet,
Par Jacques COULARDEAU "A soul doctor, so to say" (OLLIERGUES France) - Voir tous mes commentaires (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Médée (Poche)
Il s'agit d'un récit descriptif du film Médée de Pier Paolo Pasolini par Pier Paolo Pasolini lui-même plus quelques scènes du scénario.Tout est construit sur l'opposition entre La Grèce, Iolcos puis Corinthe, et la Colchide. L'accent est mis sur la barbarisme de la Colchide sans voir les limites de cette vision. Pour récupérer sa couronne à Iolcos Jason, réfugié auprès d'un centaure qui l'a élevé, doit aller conquérir la toison d'or en Colchide. Le détail que cette toison d'or a été donnée à la Colchide par les Grecs est passé sous silence. Jason et ses compagnons, justement présentés comme « une petite armée d'aventuriers » qui pillent et mettent à sac les villages de la Colchide, ont prétendument inventé le premier bateau de l'humanité, l'Argo, ce qui est faux en soi puisque l'île de Crète a été peuplée par des Homo Sapiens venus d'Afrique du Nord plus de cent mille ans plus tôt. Mais plus encore, au moment de la fuite, l'Argo est pourchassée par la flotte colchidienne, ce qui ne colle pas avec cette invention. Il est vrai que Pasolini change un peu l'histoire et fait fuir Médée avec son frère Absyrtos et fait en sorte que Médée tue, dépèce et jette les morceaux de son frère sur la route derrière les fuyards pour arrêter le père de Médée et ses troupes. Cette volonté de barbariser Médée ne se dément pas tout du long du récit. La trahison qu'elle subit de la part de son époux Jason est en soi presque réduite à peu de chose et Médée est vue comme une sauvage criminelle cherchant vengeance. Eliminé l'assassinat d'Absyrtos par son propre père qui craignait pour son trône. Notons d'ailleurs que c'est ce qui était arrivé au père de Jason éliminé par son frère ou oncle. La barbarisme est bien partagé. Silence aussi sur le fait que Médée découvre le secret de Créon, roi de Corinthe, qu'il a fait sacrifier sa propre fille aînée car lui aussi craignait pour son trône, ce qui semble être un syndrome maladif à cette époque. En fait ici Pasolini peint une Médée sanglante, vengeresse, et barbare, et il manque par là même toute la dimension politique du mythe. C'est l'émergence des royautés héréditaires et non électives mais c'est aussi l'émergence d'une organisation étatique nécessaire à une société plus large et ouverte sur le monde. C'est l'émergence des sociétés d'hommes et du rôle réduit des femmes qui se réfugient dans des cultes de déesses plutôt sombres et noires comme Hécate, la triple déesse à trois corps, à trois têtes mais aussi à trois noms et trois identités, Hécate, Sémélé et Diane-Artémis, le royaume des morts, la nuit et la lune, et enfin le jour, la chasse, le soleil. Pasolini en reste en fait à l'horreur traditionnel du mythe classique : Le vol de la toison d'or avec la complicité de Médée ; la mort d'Absyrtos perpétrée par Médée ; la séduction de Jason par Médée et la trahison ultérieure amoureuse et maritale de Jason ; le mariage avec Glaucé la fille de Créon ; la robe empoisonnée et la mort de Glaucé et de son père Créon ; l'assassinat des deux enfants de Médée par Médée elle-même et sa mort dans les flammes de sa maison. A trop vouloir être fidèle à Euripide il en devient partial sur le personnage de Médée. Mais certains détails sont surprenants, en particulier la présence de champs de maïs en Colchide, alors que le maïs n'arrivera en Europe et Eurasie que vers les 17ème-18ème siècles venant du Mexique. Le livre alors - comme le film et le commentaire de Giacomo Gambetti - manque le fait essentiel que la Colchide était de langue, culture et tradition turkique et que l'Anatolie turkique fut conquise par les Hittites indo-européens en marche vers la Grèce. La coupure est donc beaucoup plus radicale et endosser Euripide c'est aussi endosser le profond racisme de cette culture grecque qui n'a d'heur que de dénoncer le barbarisme des populations turkiques bien plus anciennes dans leurs traditions que les Grecs, et en plus ancêtres de l'homme de Cromagnon. Pasolini aurait pu écrire une autre histoire, celle que Christa Wolf après lui a tenté de véritablement explorer. Dr Jacques COULARDEAU Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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