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Écrit à la première personne, ce livre est un carnet de bord plus qu'un récit, le témoignage vivant d'une femme qui a vécu ce qu'elle expose ici et cherche à nous faire partager l'horreur, les souffrances et les émotions du monde carcéral. Et elle y parvient : rarement un témoignage sur la prison avait touché aussi juste. Les descriptions, les anecdotes peuvent être pénibles à lire : horreur des crimes commis, des conditions de détention, des pathologies d'un autre âge. Elles font parfois sourire, ce qui étonne dans cet enfer qu'est la Santé. Elles émeuvent toujours.
La Santé, c'est une ville dans la ville où règnent la saleté, la détresse, la maladie, la perversité... Illogique, irrationnel, incompréhensible, c'est un monde à part, coupé de la vie. (...) C'est comme un grand couvent, sale et sans spiritualité. Il faut vraiment une énergie incroyable pour ne pas sombrer. C'est plus qu'une punition, c'est l'impasse totale, la bouteille qu'on referme, l'oxygène qu'on vous coupe brutalement. La plupart [des détenus] font de courts séjours dehors et se retrouvent vite ici. C'est notre ghetto, notre honte.--Maya KANDEL --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Indispensable !,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Médecin chef à la prison de la santé (Poche)
C'est à une véritable épopée que nous convie Véronique Vasseur. Entrée un peu par hasard dans cette institution complexe à laquelle elle a fini par s'attacher suffisamment pour y rester sept ans.
« La Sante, c'est une grosse verrue avec des murs de forteresse trouée de petites fenêtres. La seule prison a l'intérieur de Paris. Il y a cent cinquante ans, quand elle a été construite, c'était une prison exemplaire. Un modèle du genre en ce qui concerne la salubrité, ce qui fait rire aujourd'hui quand on voit ce que c'est... » écrit-telle. S'ensuit, au fil des pages, une sorte d'inventaire de Prévert éternellement renouvelé, mais en beaucoup moins joli, des galeries de portraits qui font passer le lecteur de l'effroi au saisissement, parfois même au rire : « Les arrivants sont très varies : un directeur de société très classe, pas rase avec une barbe de trois jours mais ayant garde une bonne prestance ; un policier véreux qui pleure ; un vieil assassin de soixante-dix-huit ans qui a tue sa femme de quatre-vingt-deux ans - crime passionnel ou ras-le-bol après soixante ans de mariage ? - ; un autre qui se plaint d'un cancer généralisé depuis cinq ans [...] ». Un livre déroulant également un récit parfois causasse, voire rocambolesque : « A la Santé, on vendait des espadrilles à semelles de corde. Les détenus avaient droit à deux paires. Mais certains s'étaient groupés pour en acheter plusieurs paires. Ils avaient alors dévidé toute la corde des semelles et s'étaient fabriqué une grosse corde. On n'imagine pas le métrage de corde que peut contenir une simple espadrille : plus de cinq mètres ! ». Il y a aussi le quartier VIP ouÌ transitent, entre autres, le Dr Garretta (sang contaminé), Paul Touvier (chef de la milice de Lyon), Bernard Tapie, Bob Denard, Pierre Botton et qui ne ressemble pas précisément à un hôtel cinq étoiles. Et avec tout cela, un lot inimaginables de pathologies plus invraisemblables les unes que les autres, allant de celles liées à l'ingestion d'objets hétéroclites (clés, fourchettes, tubes de dentifrice, etc.) aux conséquences du Sida, en passant par un nombre considérable de maladies de peau dues à l'humidité ambiante, à la vermine grouinant dans les matelas, ou alors aux innombrables mutilations que s'infligent les prisonniers. Véronique Vasseur est une femme soudain plongée dans un milieu presque exclusivement masculin, dans une brutalité inouïe. D'une écriture rapide et efficace, reflétant bien l'agitation, l'angoisse et la frénésie qui peuvent prendre possession de tous les protagonistes de ce milieu bien particulier qu'est la prison, elle a écrit un livre qui a fait date. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Témoignage à la limite du soutenable,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Médecin chef à la prison de la santé (Poche)
Véronique Vasseur, médecin chef, décrit le quotidien des détenus de la prison de la santé...Elle soulève surtout le problème des soins en milieu carcéral. Véritable casse tête au quotidien car deux conceptions différentes s'affrontent : la justice et le domaine de la santé...Bataille quotidienne pour faire accepter des soins de qualité, sans discrimination et ce quel que soit le déli commis. Témoignage poignant, cruel, boulversant...Avec une ligne de conduite, le respect de la dignité humaine pour tous. Merci, Madame Vasseur, pour ce témoignage honnête sur le milieu carcéral. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Courage sans révélations,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Médecin chef à la prison de la santé (Poche)
Un ouvrage intéressant sur le fond bien que ne révélant pas grand chose à ceux qui ont déja cotoyé l'univers carcéral ou simplement lu sur la question. Sur la forme c un catalogue d'anecdotes crues mais ô combien réalistes. Un livre qui vaut surtt d'être lu pour honoirer le courage de son auteur. A conseiller. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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