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Tiens, l'an passé encore, je racontais des belles histoires aux filles avant qu'elles ne s'endorment. J'étais capable de les emmener en week-end sans presque rien attendre en retour, capable de luxe, d'un coup de téléphone le jour de l'anniversaire et même (pourquoi le nier), capable d'être attentif à leur plaisir s'il m'arrivait de faire l'amour. Tu vois comme on change.
Comment survivre à la fatigue, à un mariage conclu trop vite, à des litres d'alcool, à des tonnes de Lexomil ou à des rails de coke à foison, comme si la vie était un plan de RER ? Et à une lucidité à toutes épreuves, qui ne nous passe aucun détail de notre descente aux enfers ? Gabriel n'a pas la réponse. Gabriel subit. Rédacteur de messages radiophoniques, Gabriel ne se reconnaît plus. Autrefois, il a été amoureux, drôle, sympathique, agréable avec les autres, plein d'énergie. Mais les temps changent. Gabriel n'est plus sûr d'aimer Sophie, désormais sa femme. Et il ne sait plus très bien quels furent ses actes, la nuit précédant son mariage, en compagnie de son ami Denis et de l'étrange Franck Lespinasse. Gabriel ne sait plus. Il a la "mémoire courte" et va tout faire, même malgré lui, même le pire, pour se souvenir...
Un sens de la formule, un humour noir qui laisse percevoir, en transparence, un goût certain pour la beauté des moments éphémères, voilà ce que nous offre Nicolas Rey avec Mémoire courte. Il fait de Gabriel notre poisson-pilote dans l'eau trouble des sentiments et d'une vie qui bascule. C'est parfois drôle, parfois dérangeant, parfois les deux et l'on aurait aimé que cette "mémoire courte" soit un peu plus longue, pour prolonger notre plaisir. --Hector Chavez
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Revue de presse
Pour être tout à fait honnête, on aurait bien aimé détester
Mémoire courte de Nicolas Rey. D'abord parce qu'il a reçu le Prix de Flore, celui du roman le plus neo-post-moderne-trash de l'année. Ensuite, parce que l'auteur nous plonge ici dans le énième récit cru d'une réalité quotidienne morose.
Néanmoins, il faut bien l'avouer, le romancier réussit à nous avoir sur toute la ligne.
Mémoire courte est une tranche de vie d'un être abjecte, libidineux, paresseux, grand fêtard devant l'Eternel. De lignes de coke en partouzes, il salit tout ce qu'il touche : sa femme Alice qu'il trompe sans vergogne, son boulot à France 3 dont il n'a que faire, ses fidèles compagnons de beuverie et même, sa maîtresse. En résumé, on pourrait dire que Gabriel est un sale type, et qu'en plus, il le sait. Pire encore, l'auteur n'assume pas cette descente aux enfers et nous gratifie d'une - presque - happy end : Gabriel finit par rentrer au foyer conjugal, la queue entre les jambes - au propre comme au figuré d'ailleurs. Après avoir fait l'éloge du harcèlement sexuel, des pratiques scatologiques et de la bouteille de Whisky, Nicolas Rey se dégonfle et fait renter son personnage dans le rang. Mais au fond, ce n'est pas si grave. Ce qu'on aime dans
Mémoire courte, c'est d'avantage l'écriture incisive, fraîche, que le fond du propos, somme toute banalement provoc. C'est dans une vision, naïve, perverse et romantique de la vie, que Nicolas Rey parvient à nous happer dans le récit.
Une fois encore, le Prix de Flore - qui compte Michel Houellebecq et Virginie Despentes au nombre de ses lauréats et jurés- nous énerve en primant un roman volontairement cru, trash, immoral. Et indéniablement bon
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Chloé S.-- --
Urbuz.com
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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