Chirac n'est peut-être pas, pour tout le monde, le président sympathique et rigolard qu'affectionnait tant la génération Guignol emballlée par le simple mais efficace "Mangez des pommes". Non Chriac n'est sans doute pas un homme aussi bonhomme et sans tête que sa caricature pouvait laisser à penser. Pour preuve, selon le Canard Enchainé et sans que l'interressé n'ait jamais cherché à démentir, il déclara quand même que "Sarkozy, il faut lui marcher dessus du pied gauche, çà porte bonheur". On se rend bien compte à la lumière de cette citation, malheureusement non reprise dans le livre, que Jacques Chirac est avant tout un homme de coeur, fidèle à ses idées et ses valeurs, et dont le jugement est très souvent empli d'une parfaite lucidité.
D'aucun, comme
les Wampas, souhaiteraient sans doute voir le grand homme finir ses jours derrière les barreaux, mais il y a fort à parier que, même si l'on est en droit d'estimer qu'il doit répondre des actes qu'il évoque très peu dans ces présentes mémoires, devant la justice, peut être ne mérite-t-il pas un tel sort, lui qui, comme il l'évoque tout au long de cet ouvrage instructif, quoiqu'en disent les journalistes toujours tellement informés qu'ils n'apprennent finalement jamais rien, lui qui donc, a toujours eu le soucis de protéger les plus faibles (handicapés, malades du cancer, personnes agées...) sans doute marqué par la lourde maladie de sa fille évoquée longuement mais pudiquement et qui permet d'appréhender le personnage et son action sous un jour nouveau.
A lire ces mémoires, c'est assez vrai qu'on a l'impression que plus que mener une action en profondeur à la tête du pays, l'ancien président s'est surtout attachée à créer une société française homogène, forte de sa laicité, e la mémoire de ses valeurs et du maintien d'une paix sociale au niveau nationale et paix globale au niveau mondial. Effectivement ce soucis d'apaisement a été empreint d'un relatif immobilisme mais celà était il vraiment plus mauvais que le tourbillon de vent agité à grand renfort de tour de bras (d'honneur) de l'équipe actuellement en place ? N'était ce pas préférable à la casse en règle d'un modèle français qui s'est avéré moins pire que prévu surtout en tempss de crise ? Peut être est-ce pour toutes ces raisons qu'avec une certaine nostalgie, les français considérent toujours Jacques Chirac comme l'un de leur homme politique préféré et certainement comme le dernier grand (dans tous les sens du terme) président que la France ait eu.
Manger des pommes et flatter le derrière des vaches, çà semble tout bête comme programme mais bien plus rassurant, pour les français, que l'injustice permanente et le chaos social. Si le livre est loin d'être spectaculaire, en terme de révélations et de style, s'il souffre d'oublis bien suspects, il doit néanmoins son succès au capital sympathie dont bénéficie toujours le président.