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À l'origine du mythe Tabarly, il y a Pen Duick :
"Quand je le regarde, avec son habit noir et son plastron de voiles, il évoque pour moi un vieux et digne gentleman. Entre lui, dont la silhouette désuète fête ses cent ans et moi le retraité de la Marine, s'est nouée une affection qui a marqué nos existences. Sans moi, il ne serait plus qu'une épave. Sans lui ma vie eût été différente." Éric Tabarly se livrait enfin à soixante-six ans, rompant le silence que lui reprochaient souvent la presse et ses coéquipiers. Il confie à ses
Mémoires son enfance de cancre, préférant déjà le vent du large et Pen Duick au calme plat d'une scolarité médiocre. Puis jour par jour, il déroule le livre de bord haletant de la Transatlantique en solitaire de 1964. Lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée, fourbu et sans espoir, on lui annonce à sa grande surprise qu'il est le premier. Cette victoire le propulse dans la légende. Il affronte alors inlassablement les océans… durant plus de trente ans – se retrouve à la pointe des défis technologiques, forme Olivier de Kersauson et Alain Colas, avant de disparaître en mer le 13 juin 1998. Mais plus qu'un livre d'exploits maritimes,
Mémoires du large hisse la grand-voile de la passion inextinguible d'un marin d'exception. Il résume à lui seul une des plus grandes aventures humaines : la quête d'absolu.
--Emmanuel Barrault
Quatrième de couverture
Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu'il naviguait vers l'Écosse, Éric Tabarly fut frappé par la corne d'une voile au cours d'une manoeuvre et disparut en mer. Il était une légende vivante, le destin lui a donné la mort des héros de légende. Il est mort comme il avait vécu, "une voile au coeur". L'an dernier, pour la première fois, Tabarly le discret, le silencieux, Tabarly qu'on disait taciturne était sorti de sa réserve, et avait écrit ses mémoires. Il parlait de sa vie, de son enfance, de ses années d'apprentissage. Il racontait l'École navale, le Maroc, l'Indochine. Et surtout il disait sa passion, unique et absolue, pour un bateau, le plus célèbre bateau de France, celui dont le nom restera à jamais lié au sien, la "mésange à tête noire", Pen Duick. Parce que son père l'y avait embarqué à l'âge de sept ans, parce qu'il lui avait fait cadeau à sa majorité de ce vieux cotre de bois à moitié pourri, promis à la casse, il a fait tout ce qu'un homme pouvait faire, et plus encore, pour le sauver.
Inventeur infatigable et génial, il lui donnera des successeurs de Pen Duick II, qui lui valut sa première grande victoire en 1964, à Pen Duick IV, premier grand trimaran de course, et enfin à Pen Duick VI, superbe ketch de vingt-deux mètres, avec lequel il gagnera sa deuxième Transat en solitaire en 1976. Nous verrons apparaître de jeunes équipiers encore inconnus - Kersauson, Colas, Coste, Lamazou, Poupon - qui seront tous à son école et qui deviendront à leur tour célèbres. Mais toujours, c'est à son vieux Pen Duick qu'il revient. Celui dont il attendait avec tant d'impatience de fêter le centenaire. Et dont il avait écrit, cédant un jour à l'émotion
"Il est là, superbe, sous son gréement aurique, humant le vent, évaluant la force de la mer, frissonnant dans l'attente de la première risée : objet d'art, précieux, exigeant, sensuel, vif, capricieux, tel est Pen Duick, mon bateau".
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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