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Commentaires client les plus utiles
12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
frisson,
Par lolo_static (Chartres, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Métacortex : Liber Mundi II (Broché)
Dantec a lu René Girard. Pour ceux qui connaissent l'œuvre de l'anthropologue du fait religieux, cela ne peut pas faire de doute. Et il a lu avec attention Joseph de Maistre, dans son éclaircissement sur les sacrifices, qui fut aussi important à Girard pour dévoiler la vérité du christianisme. Dans ses journaux polémiques, Dantec nous raconte souvent ce qu'il lit, écoute, afin de le digérer et de s'en nourrir pour écrire à son tour. Après la fin du IIIème tome du théâtre des opérations, nous n'avions plus ces informations. Mais là, on peut être sûr qu'il a ajouté la théorie mimétique à son corpus intellectuel, à sa bibliothèque de combat. Pour le reste c'est difficile à déterminer. Il a encore progressé dans sa compréhension du crime, et il est particulièrement effrayant d'imaginer que ses théories soient vraies. Mais c'est tout à fait plausible qu'une telle organisation existe et agisse de la sorte. Dans son premier tome Liber Mundi, Villa Vortex, il y avait deux livres qui se suivaient. Ici nous avons deux livres qui s'interpénètrent, entre l'histoire du père et celle du fils. On passe de l'un à l'autre, d'une guerre à l'autre. Les passages consacrés aux récits paternels sont vraiment de toute beauté. Si je pouvais résumer, il y a l'enquête policière dans la narration du fils, une intrigue superbement construite avec beaucoup d'éléments appartenant à des enquêtes diverses qu'on voit converger de façon très surprenante, signe d'un scénario bien ficelé. Et il y a la narration du père, jeune soldat allemand qui va combattre en europe de l'est puis en Russie. Ces passages sont mes préférés. Tour à tour oniriques, bouleversants, ils vous hypnotisent. La coloration politique et religieuse est moins importante que dans les livres précédents. On retrouve le même type de duo de flics assez efficace, et la même fascination de Dantec pour l'enfance innocente face au crime. Là où la fin de Villa Vortex pouvait laisser sceptique, la double narration convergente emporte le lecteur vers une fin assez extraordinaire. C'est vraiment archi maitrisé. L'écriture est toujours très belle, originale, inventive, personnelle et multiple. Ceux qui apprécient apprécieront. Ceux qui détestent détesteront. J'adore. Définitivement. Du très haut niveau.
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Excellent,
Par Marco Herreras (Spain, Europe) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Métacortex : Liber Mundi II (Broché)
En dépit du titre "Liber Mundi II", et comme Dantec explique lui-même dans une interview sur son website, ce livre n'est pas une suite de son roman Villa Vortex (Liber Mundi I); on peut très bien lire Métacortex indépendamment de Villa Vortex, et même indépendamment de tout autre ouvrage de Dantec.Au premier plan, deux flics de la Sûreté du Québec (qui ne sont pas sans rappeler Campbell et McCoy, les héros du roman Grande Jonction), ont de nombreuses investigations ouvertes -terrorisme, éxécutions, enlèvements et crimes pédophiles- sans relation apparente. Ce rythme lent du début du roman s'accélère sans arrêt, et bientôt toutes les différentes histoires et personnages du début, celui-ci étant très rhizomique et quelque peu déroutant, s'emboîtent progressivement et fusionnent complètement à la fin, très bien ficelée. Il faut souligner que Métacortex est bien plus fluide, cohérent, et facile à lire que Villa Vortex et pratiquement tous les autres ouvrages de Dantec, même malgré ses 800+ pages. On y trouve toujours la maîtrise Dantequienne de la description, et un échaffaudage de l'univers sous-jacent très riche et solide; Métacortex n'est nullement le polar typique écrit à la va-vite: Ici, il y a un (ou plusieurs) arrière-plan richissime en citations, oeuvres, détails, le tout très bien intégré et servant à soutenir très efficacement le premier plan du récit, et à produire de plus beaucoup de passages purement descriptifs d'une beauté peu fréquente. Petite comparaison avec Villa Vortex: Métacortex conserve les thèmes de Liber Mundi I (les livres et le livre au coeur du roman, la maison à la périphérie du récit, la polis (et aussi la police), le crime, la guerre, le chaos, les structures quadripolaires inspirées peut-être de la Structure Absolue d'Abellio), mais au lieu de Paris à la fin du XXème, on a le Québec de 2018. On sent que Dantec a quitté Paris pour s'installer au Québec il y a longtemps, et, si la ville de Grande Jonction (dans le roman Cosmos Incorporated publié en 2005), était Paris transplantée au Québec, dans Métacortex (publié en 2010) c'est à peine si l'Europe apparaît, et seulement dans la narration parallèle et "synthétiquement disjointe" du père du héros, en pleine Seconde Guerre Mondiale. On laisse le serial-killer singulier et individuel au premier plan de Villa Vortex pour passer au crime pédophile industriel. La violence et la guerre dans les faubourgs parisiens laissent sa place ici à l'ubiquité de la guerre généralisée dans tout le globe. Si Villa Vortex "partait de la mort", avec le 11 Septembre, Métacortex s'ouvre aussi avec un évènement semblable, mais courant et anonyme dans ce Québec et ce monde de 2018, et non plus évènement singulier et pivotal. Le thème du livre dans le livre, le "manuscrit trouvé à Sarajevo" de Villa Vortex, laisse place ici à un petit hommage à 2001, L'Odyssée de l'espace, très bien mené. La fin est bien plus réussie que dans Villa Vortex, et, pour ceux qui ont lu Cosmos Incorporated, elle laisse penser à la fondation de la ville de Grande Jonction... La différence majeure est la fluidité et cohérence de Métacortex. Les citations et tout le "matériel de soutien" sont très bien intégrés dans la narration, de même que les trois grandes parties et tous les sous-parties, sans discontinuités décelables. En conclusion: tous les amateurs de Dantec aimeront Métacortex, et retrouveront tous les thèmes chers à l'auteur, avec en plus quelques flashes des romans Cosmos Incorporated et Grande Jonction, qui pourraient être des futurs potentiels du présent de Métacortex. Mais aussi, et surtout, tous ceux qui ne connaissent pas Dantec vont sûrement aimer Métacortex, et cela bien plus facilement qu'avec tous ses autres ouvrages. On attendra avec impatience Liber Mundi III en relisant Métacortex... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Dantec le déchiffreur,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Métacortex : Liber Mundi II (Broché)
j'avais lu et apprécié les deux derniers romans de dantec que sont "cosmos incorporated" et "grande jonction", "métacortex est un ton au dessus, l'écriture est plus fluide avec un vocabulaire moins politico-théologique et malgré les 807 pages se lit d'une traite...Métacortex est un livre vraiment original par les thèmes abordés comme la "notion" de sacrifice inspirée de rené girard, l'évocation de la matière noire ou devrait-on dire invisible,et de son lien probable avec ce que l'on désigne sous le nom de "paranormal", de la "junk dna" et et de son role possible dans la "mutation" future de l'humanité.Tous ces thèmes étant inextricablement mis ensemble dans une histoire charnelle et violente, avec une fin "illuminée"...En fait pour comprendre vraiment ce livre il faut avoir lu et approuvé le bien-fondé des thèses développées par des auteurs aussi différents que sont rené Girard et bernard d'Espagnat ou encore sir john Eccles et dont le livre de jean Staune "notre existence a t'elle un sens?" rend en partie très bien compte.Dantec essaie d'englober toutes ces thèses ,c'est ambitieux et exigeant, mais il y parvient d'une manière originale et convaincante.
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