Sigmund Freud entreprend dans cette oeuvre de développer différents discours qui fondent le concept de métapsychologie. De fait, il s'agit d'un recueil de plusieurs articles dont la rédaction fut terminée en août 1915. Jean Laplanche et J-B Pontalis, qui participèrent à la présente traduction dans le cadre d'un travail collectif où l'on compte également Jean-Pierre Briand, Jean-Pierre Grossein et Michel Tort, précisent à cet égard qu'il se compose de cinq articles achevés, « les seuls qui nous soient parvenus, qu'on regroupe habituellement sous le titre "Métapsychologie", comme Freud le fit lui-même dans ses "Gesammelte Schriften". »
On distingue ainsi six sous-ensembles intitulés respectivement : « Pulsions et destins des pulsions », « Le refoulement », « L'inconscient », « Complément métapsychologique à la théorie du rêve », « Deuil et mélancolie » et un appendice dont le sous-titre est « Note sur l'inconscient en psychanalyse ».
En premier lieu, Freud choisit de rapporter le fruit de ses analyses dans le domaine des pulsions : « le concept de "pulsion" nous apparaît comme un concept limite entre le psychique et le somatique, comme le représentant psychique des excitations, issues de l'intérieur du corps et parvenant au psychisme, comme une mesure de l'exigence de travail qui est imposée au psychique en conséquence de sa liaison au corporel. » Il ajoute par exemple que « le but d'une pulsion est toujours la satisfaction, qui ne peut être obtenue qu'en supprimant l'état d'excitation à la source de la pulsion. »
Ensuite, Freud s'attache à l'analyse du refoulement, en particulier dans ses rapports avec les affections du psychisme qu'il put observer (« l'essence du refoulement ne consiste qu'en ceci : mettre à l'écart et tenir à distance du conscient. »)
Les quatre dernières parties, enfin, relèvent d'une interprétation dont l'axe fondateur est celui de l'inconscient. Freud apporte d'abord une définition de l'inconscient au regard de deux autres systèmes psychiques que sont le préconscient et le conscient, puis il livre le résultat de ses investigations quant à l'importance que revêt le système inconscient dans le cadre de la production des rêves et dans celui du deuil et de la mélancolie (« Après nous être servis du rêve comme du modèle normal des troubles psychiques narcissiques, nous allons tenter d'éclairer l'essence de la mélancolie en la comparant avec l'affect normal du deuil [...] Le système conscient doit disposer d'une innervation motrice qui permet de décider si on peut faire disparaître la perception ou si celle-ci se révèle résistante. L'épreuve de réalité n'a pas à être autre chose que ce dispositif. »)
Somme toute, cette oeuvre apporte un savant éclairage sur la dynamique des enquêtes que mena Freud sur l'âme humaine (« psukhê ») dans la perspective de rendre accessible au plus grand nombre le résultat de ses observations et, par là même, d'établir l'état des lieux qui structurent l'individu.