C’est à l’âge de dix-sept ans, au terme d’une enfance religieuse et sans heurt, avec la mort de ce père qu’il abhorrait parce qu’il buvait, que Pierre découvre enfin la véritable personnalité de cette mère qu’il révérait tant. Car c’est le moment qu’elle choisit pour enfin lui révéler le côté obscur qui l’habite, sa folie délirante, son délire sensuel, sa sexualité débridée, son amour des femmes, du vin et des orgies.
Elle décide de déniaiser son fils et de lui apprendre sa folie, de la lui faire découvrir et partager, pour qu’il s’en repaisse lui aussi jusqu’à plus soif… Elle lui apprend la perversion, le désir, l’absence de limite, l’excès en toute chose, l’indécence et la démesure, le plaisir, le vice et la corruption, et l’entraîne avec elle dans un jeu insensé avec la mort…
Dire de ce roman qu’il est pervers, débridé et scandaleux semble une évidence indéniable. Les rapports de cette femme avec son fils sont infâmes et indécents. Mais, derrière le dégoût de soi et l’ignorance des règles de la morale, se dessine une œuvre d’une rare puissance et d’une exceptionnelle beauté.
Ne se pourrait-il pas qu’au final, l’audace du propos ne cache que la fragilité des cœurs blessés et l’angoisse de ne vivre qu’à moitié une vie somme toute bien éphémère ? Un chef d’œuvre de la littérature française mis en images en 2004 par Christophe Honoré avec Isabelle Huppert, Louis Garrel, et Emma de Caunes.