Après le tonitruant et apocalyptique « In rock » et le demi échec de « Fireball », Deep Purple se devait de frapper fort. Mais là, ça tient du knock out ! Rarement album de rock ne fut plus parfait que celui-là. Le son, d'abord, bluezy, groovy, avec cet orgue moelleux et sauvage à la fois, la guitare limpide de Blackmore, la voix de Gillian, plus maîtrisée mais toujours aussi puissante, le ronflement lourd et swinguant de la basse, et bien sûr, l'inventivité constante de Ian Paice à la batterie toujours sur le coup, rapide, alerte, créatif, insensé !
Parfait aussi par les morceaux qui le composent, équilibre parfait entre rock, blues, hard. Passons rapidement le menu en revue. « Highway star » déboule à cent à l'heure, avec les hurlements de Gillian et les deux solos orgue/guitare. Imparable. Un must. « Pictures of home » rapide comme l'éclair, avec une intro dynamite de Paice à la batterie. « Never before » que j'adore plus que tout, morceau parfait par excellence, par sa construction, son feeling country rock, ses changements de tempo. La seconde face aligne trois classiques : « Smoke on the water » morceau d'anthologie, dont la célébrissime intro nous épatera toujours par sa simplicité et son efficacité. Mais le reste vaut le détour ! « Lazy » le boogie rock enflammé, à la construction originale (longue intro à l'orgue, puis les solos, l'harmonica, et enfin le chant, avant le feu d'artifice final) suivi de « Space trucking » où Gillian vocalise comme un diable sur le tempo ultra speedé de Paice.
Et on rajoute pour cet édition « When a blind man cries » sublime blues lumineux à faire chialer un Hell's Angel. Le CD1 propose ces titres légèrement modifiés par rapport au vinyle, grâce aux prises oubliées en studio. Le résultat est magnifique, les titres plus longs, sans fondu, et son impeccable. Le CD2 est une redite du premier, moins dispensable, avec des arrangements récents. Peu importe, l'important est de retrouver en remasterisé ce chef d'oeuvre intemporel du rock, débauche de rythme et d'énergie, d'une grande cohérence, enregistré, rappelons-le, dans les couloirs d'un hôtel de Montreux, après l'incendie du casino abritant le studio. Pour plus de détails, écouter « Smoke on the water », titre écrit sur le vif pour conter l'évènement.
"Machine Head" , près de 35 ans plus tard, garde toute sa fraîcheur, et son efficacité. C'est prodigieux. Et pour ceux qui ne connaissent pas, achetez ensuite "Made in Japan" pour y retrouver les versions live. Vos tympans vous diront merci, s'ils s'en remmettent !