Encore plus que "Physical Graffiti" ou "Rocks", "Machine "Head" demeure (à mon humble avis) la référence suprême en matière de hard rock.
Bien que ce disque date de 1973, il sonne encore très actuel (le son est d'une clarté ! et les différents remasters sont totalement inutiles) et n'a pas pris une ride en quarante ans.
Bien sur ce disque contient l'hymne hard par excellence : "Smoke on the Water" mais ce titre emblématique s'il possède le riff le plus connu du hard rock est tout de même inférieur aux autres brûlots qui parsèment ce chef d'oeuvre, à commencer par l'époumonant "Highway Star" qui conjugue à lui seul toutes les qualités de Deep Purple : le chant extatique de Ian Gillan, une rythmique souple et rapide, un chorus d'orgue diablement efficace de Jon Lord et bien sur l'historique chorus de Ritchie Blackmore.
Rarement une telle perfection aura été atteinte, avec DP ou tout autre groupe du genre et on regrettera que Purple n'ai pas su nous pondre beaucoup d'autres pépites comparables ("Burn", "Hold On") et n'a pas assez souvent utilisé cette ambivalence entre le lyrisme de Lord et l'agressivité de Blackmore, dans certains cas c'est la guitare qui domine, d'autres les claviers.
Mais "Machine Head" ne serait pas "Machine Head "sans le merveilleux "Lazy", un quasi instrumental de génie où pour une fois orgue et guitare se partagent équitablement le travail, "Never Before" et son intro de Roger Glover presque funky, le superbe "Picture of Home" et les cavalcades de Ian Paice, le plus chaloupé "Maybe I'm a Leo" et le final "Space Trunkin'" et son intro coup de poing.
Pas un titre qui ne soit fondamental dans cet album majestueux, pas une seconde à jeter, rien n'a vieilli, nos cinq lascars sont sur un nuage et nos jeunes oreilles (à l'époque) vont se gaver de ce disque historique au même titre que "The Dark Side of the Moon" un an plus tard.
Et je ne parle même pas de l'influence que ce disque aura sur TOUS les groupes de hard rock qui vont éclore dans les trente ans qui vont suivre...