Avec ce film, Mad max trouvait des accents post-apocalyptiques majeurs qui étaient déjà latents dans le premier film. Le génie de la mécanique et du bidouillage atteint des sommets dans la récupération des véhicules, leur reconfiguration en machines de combat et de poursuite. Max est sorti de la police et n'a plus de raison de vivre dans un monde qui lui a pris femme et enfant. La séquence d'ouverture indique qu'il est solitaire et n'a de dialogue qu'avec un chien, seul être autorisé à apaiser sa douleur. Seule la poursuite de l'essence pour poursuivre sa route l'interesse. De là la rencontre qu'il fait avec le pilote de l'autogyre et, par la suite, avec cette communauté de reclus.
Le film indique le parcours d''un homme qui refuse de s'inclure dans une communauté. Cette dernière tente de retrouver un chemin d'humanité en partant en exil. La forteresse improvisée de la raffinerie est une sorte d'arche que ces combattants n'hésiteront pas à détruire, afin qu'elle ne soit plus utile à ceux qu'ils considèrent comme des barbares. Une arche avec des élus qui savent quel impitoyable sort serait le leur s'ils tombaient entre les mains de la légion Humungus, ce qui ne manque pas d'arriver à certains. Max ne côtoie cette communauté que contraint et forcé, par pur utilitarisme. Le conclusion du film ne donne en rien l'espoir qu'il s'améliorera.
Pour un monde apocalyptique, le soin a été donné aux décors (horizons infinis, routes poussiéreuses, véhicules barbares) et aux costumes (récupération, métaux, casques), faisant ressembler les protagonistes à deux armées hétéroclites issues d'un monde qui n'en finit plus de mourir. L'utilisation d'armes de jet anciennes (arc, boomerang, tridents) renforcent cette sensation.
Le film est très bien d'un point de vue visuel. Les scènes sont spectaculaires, surtout dans les poursuites qui sont un must. Les caractères des personnages sont bien tracés, sans doute plus avec la marque de la folie dans la légion Humungus que chez la communauté, laquelle paraît bien sage et résignée. Le personnage de Max a gagné en épaisseur ce qu'il a perdu en parole et Mel Gibson a épaissi son jeu.
Mad Max II a marqué son temps et a été un grand succès. A le revoir aujourd'hui, on mesure ce qu'il a d'intemporel : capter les quelques gouttes d'humanité qui restent dans un monde naufragé.