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Madame Bâ
 
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Madame Bâ [Format Kindle]

Erik Orsenna
3.9 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (23 commentaires client)

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Descriptions du produit

Extrait

Monsieur le Président de la République française, J’ai bien réfléchi : notre ancêtre est un oiseau. « Ô serefana ni yéliné gna », comme nous disons, nous autres Soninkés.

Je me suis éloignée du village, j’ai marché entre les pousses de mil, j’ai posé les deux mains sur ma tête pour me protéger du soleil, j’ai froncé les sourcils pour m’étirer le cerveau et j’en suis arrivée à cette conclusion : celui qui ne remonte pas aux siècles lointains des ailes ne comprend rien à notre histoire.

Evidemment, je pourrais farfouiller encore plus haut dans les souvenirs.

Au commencement était la mer, qui recouvrait l’Afrique.

Au commencement était le désert, quand la mer se retira.

Une origine est toujours la fille d’une origine plus ancienne.

Mais j’ai pitié de vous.

Je vous connais. A la télévision je vous ai vus nous rendre visite, pauvres présidents. J’ai constaté que vous possédiez tout, sauf le loisir. Tout, motards, Mercedes, hôtesses d’accueil et climatisation. Tout, sauf la liberté d’aller tranquillement chasser la vérité jusque dans les époques les plus reculées. A peine arrivés quelque part, déjà de l’index vous tapotez sur le verre de votre Rolex platine. Déjà votre aide de camp vous murmure à l’oreille la litanie des prochains rendez-vous. J’en viens donc au fait. Je brûle les étapes. Je les incendie, même.

Au commencement était l’oiseau. L’oiseau volant où bon lui semble. Oublions la mer et le désert, oublions, pour l’instant, le fleuve Sénégal qui se mit un beau jour à couler de la montagne secrète Fouta-Djalon. Au commencement était l’oiseau. L’oiseau libre de jouer avec les saisons. Quand le froid se glisse sous mes plumes, je gagne le Sud. Quand le printemps revient au Nord, j’y retourne.

Alors l’exemple des oiseaux entra dans l’aˆme des hommes à peau noire. Nos peuples portent des noms qui sonnent dans l’air comme ceux des oiseaux : Peuls, Mandingues, Toucouleurs, Soninkés, Bagadais, Tounacos, Barbicans... Et nos langues se rapprochent de leurs chants.

Comme eux, nous aimons la liberté, parcourir la planète.

Comme eux, nous fuyons la douleur, autant que faire se peut, nous cherchons la douceur.

Comme eux, nous avions des ailes. Hélas, nos ailes sont tombées. Il nous reste la marche.

Monsieur le Président de la République française des armes, des lois et des aéroports, j’ai, par la présente, le très respectueux et obéissant honneur de timidement mais résolument contester vraiment la décision de votre dame Consule Générale adjointe de Bamako, Mme (non mariée) Gabrielle Lançon, qui, par une signature tarabiscotée, en date du 17 septembre 2000, a refusé ma demande (urgente) de visa.

Je sais bien que j’aurais dû plutôt saisir la commission instituée par le décret no 2000-1093 du 10 septembre 2000 et qu’aux termes de l’article premier de ce décret cette saisine est «un préalable obligatoire à l’exercice d’un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ».

Je sais bien. Mais le temps presse. Mon petit-fils a besoin, un besoin vital, de moi. Je dois le rejoindre en France, sans tarder. D’ou` mon appel direct à vous. Oh, oh, s’étonnera forcément, pressentant l’embrouille, le conseiller chargé, en votre palais, d’ouvrir à votre place le volumineux courrier qui vous est adressé. Oh, oh, comment une banale Africaine, institutrice, région de Kayes (Mali du Nord-Ouest), a-t-elle aussi précise connaissance de notre jungle juridique ? A cette interrogation légitime, je répondrai par les nom et qualité de mon conseil, le jeune et timide mais si savant Me Benoît Fabiani, avocat voyageur inscrit aux deux barreaux de Paris et Bamako. C’est lui, Blanc cent pour cent comme vous, le porte-parole de ma vérité. Chaque matin, depuis un mois, j’entre à huit heures précises dans son bureau, m’assieds sur son fauteuil (collant) de faux cuir et commence ma chanson colérique. Malheureux Me Benoît ! Tel l’infatigable chasseur de papillons, il court l’espace à la poursuite de mes paroles. Une fois capturées, il les aligne en phrases correctes et les pique sur le papier officiel. Tel le villageois bataillant contre la crue de son fleuve, il lutte pied à pied contre mes débordements, il m’entoure de digues fragiles pour me garder dans mon lit, m’obliger à suivre mon propos, et rien que lui. Tel le mari parfait, à l’infinie patience, il doit supporter mes récriminations d’auteur : tu rabotes ma spontanéité ! tu trahis ma complexité de femme ! Qu’il soit remercié et lavé de tout faux procès !

Je, soussignée Marguerite Bâ suis, Monsieur le Président de la République française, seule responsable du recours gracieux qui va suivre.

Depuis un mois, ce document précieux ne me quitte pas. Je le porte contre moi comme la lettre d’un amoureux secret. Ou je le brandis devant mes yeux pour qu’ils l’apprennent par cœur, encore et toujours, le gravent dans ma mémoire. La nuit, il accompagne toutes mes visions. Si je rêve qu’un bateau blanc vient me chercher, le formulaire 13-0021 volette autour de moi comme une tourterelle annonciatrice de bonne nouvelle. Et si je vois mon petit-fils allongé dans un hôpital, le formulaire l’évente ainsi qu’une palme bienveillante. Je l’ai recouvert de plastique, pour ne pas le tacher. Il ne manquerait plus que ça : de la graisse, une bavure de café sur la belle page bicolore blanc/marron pâle. Je ne veux dénoncer personne, mais j’en ai vu, des 13-0021 maltraités, des froissés, des demi-déchirés, des franchement dégueulassés. La chère consule générale adjointe en avait des haut-le-cœur, rien qu’à les parcourir. Aucun risque de ce genre avec moi. Je le respecte, cet imprimé, je vous le jure, je le vénère, autant que mon livret de famille. Je sais trop ce qu’il représente : la clé d’entrée dans votre beau pays, celui de Molière, Victor Hugo et Charles de Gaulle.

Bien sûr, le plus simple serait de se rencontrer. Incognito. A l’endroit le plus pratique pour vous. Pourquoi pas une très discrète salle de transit en votre aéroport de Roissy ? Des amis m’ont raconté comment ça se passait à l’arrivée de l’avion. Dès l’ouverture des portes, on sépare le bon grain de l’ivraie. A droite, une file pour les Blancs. A gauche, une file pour les Noirs. La file de Blancs avance à belle allure. Normal. Ils sont chez eux. Bon retour au pays, monsieur blanc, madame blanche. On dirait que les policiers leur ouvrent les bras, comme s’ils étaient de la famille. Peut-être que tous les Blancs ont des policiers dans leur famille. Pendant ce temps-là, les peaux plus foncées patientent, interminablement. Tandis que d’autres policiers, ou peut-être des diamantaires déguisés en policiers, examinent à la loupe, aidés par des lampes spéciales à ampoule rouge, les documents crasseux qu’on leur a présentés.

Je pourrais me trouver là, dans la ligne qui piétine. Au lu de mon nom, deux solides gaillards me mèneraient vers vous. On me prendrait pour une tricheuse, une faux-papiers. Qu’importe. Je suis prête à tout abandonner pour rejoindre mon petit-fils en danger, même ma fierté.

Je me présenterais à vous. J’approcherais doucement ma bouche de votre oreille. Je vous donnerais les vraies nouvelles du continent pauvre. Pas celles que vous envoient les gens chargés de vous renseigner. Ces gens à ont peur. Ils veulent conserver leurs salaires détaxés. Ils gardent pour eux les informations inquiétantes, celles que vous seriez furieux d’entendre. Il paraît que je suis dérangée. Qu’une telle entrevue secrète, M. le Président/Mme Bâ, n’existera jamais que dans les espérances d’une folle. Dommage, dommage.

Revenons au cher 13-0021.

Croyez-moi, j’aurais préféré vous économiser du temps et ne répondre que par trois mots maximum aux questions que, très légitimement, votre administration me pose. Mais comment puis-je vous faire comprendre la respectabilité de notre famille sans évoquer l’histoire du crocodile ? Or je consulte et reconsulte le début de votre beau formulaire gratuit et ne trouve aucune demande d’information concernant notre tana, notre animal interdit.

Sans cette connaissance primordiale, toutes les autres données que je pourrais scrupuleusement vous fournir, nom patronymique, prénoms, date et lieu de naissance, n’auraient pas plus de sens que des syllabes jetées au vent par quelque ivrogne amnésique.

Que sauriez-vous de moi si je me contentais de l’état civil et de sa maigre exactitude : je m’appelle Marguerite Dyumasi, épouse Bâ, née le 10 août 1947 à Médine, cercle de Kayes ?

Il vous manquerait l’essentiel, ma relation familiale avec le patriarche Abraham, les pouvoirs nyama de ma caste des Nomous, les folies incontrôlables de mon fleuve Sénégal et bien d’autres révélations propres à vous éclairer sur la nature véritable de cette Africaine qui se présente à vous, fille, femme, mère et grandmère. Comment, sans me connaître, pouvez-vous décider de me fermer ou de m’ouvrir les portes de la France ?

Quant à mon sexe (rubrique n°004), comment le résumer à une simple croix griffonnée dans le carré M ou F ? Comme la suite vous le prouvera, il garde en lui des mystères qui débordent largement ces classifications sommaires.

La vie est une, Monsieur le Président. Qui la découpe en trop petits morceaux n’en peut saisir le visage. Que sait du désert celui qui ne regarde qu’un grain de sable ? Au fait, me répète mon avocat-scribe, au fait, madame Bâ, je vous en supplie ! Vous croyez que la République française n’a que cette seule préoccupation : prêter l’oreille aux plaintes d’une obscure demandeuse de visa ? Evidemment, il a raison. Je ne dois pas me laisser entraîner par le courant des mots. Il faut vous dire que je suis née sur les bords du Sénégal. Les habitants du fleuve n’ont pas de frein dans leur tête. Je vais faire mon possible. Je vous promets la brièveté. Enfin, toute la brièveté compatible avec la vérité soninkée,celle qui vient des oiseaux.

Présentation de l'éditeur

Madame Bâ Marguerite est née le 10 août 1947 à Médine (Mali), sur les bords du fleuve Sénégal. Fille d'Ousmane, forgeron, sous-directeur de la chute d'eau, et de Mariama, « traditionniste », c'est-à-dire savante de toutes les choses du passé, Madame Bâ aime la connaissance.
Pour retrouver son petit-fils préféré qui a disparu en France, avalé par l'ogre du football, elle présente une demande de visa. On la lui refuse. Alors elle s'adresse au Président de la République Française. Une à une elle répond scrupuleusement à toutes les questions posées par le formulaire officiel 13-0021. Mais nul n'a jamais pu enfermer Madame Bâ dans un cadre.
Nom, prénoms, lieu de naissance ? Madame Bâ raconte l'enfance émerveillée au bord du fleuve, l'amour d'un père, l'apprentissage des oiseaux?
Situation de famille ? Madame Bâ raconte sa passion somptueuse et douloureuse pour un trop beau mari peul.
Enfants ? Madame Bâ raconte ses huit enfants, cette étrange « maladie de la boussole » qui les frappe?
Sans fard ni complaisance, Madame Bâ raconte l'Afrique d'aujourd'hui, ses violences, ses rêves cassés, ses mafias. Mais aussi ses richesses éternelles de solidarité, ce formidable tissage entre les êtres.
Madame Bâ est d'abord cela : le portrait d'une femme. Une femme africaine, c'est-à-dire une femme qui, plus encore que toutes les autres femmes, doit lutter pour sa dignité et sa liberté.
Quinze ans après L'Exposition coloniale, je suis reparti explorer les relations de la France avec son ancien empire. Mais cette fois, c'est le Sud qui nous regarde. E.O.


Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 1405 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 450 pages
  • Editeur : Fayard (23 avril 2003)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B00D2QC6QK
  • Moyenne des commentaires client : 3.9 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (23 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: n°1.513 dans la Boutique Kindle (Voir le Top 100 dans la Boutique Kindle)
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Commentaires client les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 beaucoup de poésie 8 février 2006
Par Un client
Format:Broché
Beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre. L'atmosphère, les situations, les personnages ... l'auteur parle très bien de l'Afrique, de son mystère, de sa chaleur humaine, de ses contradictions, de ses espoirs. Un petit bémol pour la fin que je trouve amenée un peu "rapidement" par rapport au rythme de l'ensemble. Bravo à un homme, français, parisien, d'avoir si bien fait parler Mme Bâ.
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17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Extraordinaire ! 7 janvier 2004
Par Jo
Format:Broché
Ce livre est extraordinaire !
On partage le quotidien de Madame Bâ, femme africaine qui se bat pour sa liberté, sa dignité et la dignité de l'Afrique.
E. Orsenna parle pour Madame Bâ avec un talent qui coupe le souffle. Mais il parle aussi de l'Afrique sans fards ni complaisance. Ce livre donne aussi la parole à ceux qui le plus souvent restent dans l'ombre et subissent.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un roman qui en dit long 7 août 2013
Par Marguet
Format:Broché
Marguerité Bâ, femme malienne d'ehnie Soninké demande un visa pour la France.
Elle remplit une à une chaque partie du formulaire 13-0021 (nom, prénom, situation familiale, motif du séjour, etc etc), et en profite pour raconter sa vie.

Pour dénoncer, en bloc :

L'indifférence de la France à l'égard des anciens combattants africains, les tarifs pratiqués par Air France, la corruption, les démarches tortueuses pour obtenir un visa, les magouilles africaines et les inepties françaises, le trafic lié aux dieux du foot (des gamins africains plus ou moins kidnappés par des businessmen français qui les poussent à s'entraîner sans relâche... quitte à les abandonner ensuite sans aucun scrupule s'ils ne donnent pas satisfaction. Pour une star du foot, combien de gosses ainsi livrés à eux-mêmes ?...), l'aide internationale complètement inutile neuf fois sur dix, et la volonté incoercible d'une bonne partie de la population malienne de migrer vers le Nord.

Ce que tente de faire Madame Bâ, afin de sauver son petit-fils Michel, kidnappé par des maniaques du football.

Du grand Orsenna ; on retrouve son désir de tout vouloir classer, catégoriser ; de répondre à cette perspicace question : « qu'est-ce qu'une femme ? » (qu'il se posait déjà dans son roman intitulé « Longtemps », que j'ai trouvé largement moins bien), son vocabulaire, son humour et sa finesse.
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la femme est l'avenir de l'Afrique 3 janvier 2004
Par "fsimo"
Format:Broché
Madame Ba raconte son village, Madame Ba aime, Madame Ba se bat pour faire vivre sa famille, le tout avec un humour qui fait que nous quittons cette femme "forte et généreuse" avec regret . Et nous avons envie de lui dire , comme à toutes ces superbes femmes Africaines qui font l'Afrique de demain par leur courage et leur pragmatisme, continuez, continuez... Si le continent s'en sort, vous en serez les anonymes vainqueurs!
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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Relations franco-africaines 15 janvier 2005
Format:Broché
La France vue de l'Afrique, l'Afrique racontée par un Français amoureux de ses terres chaudes : tel est le dernier don d'Erik Orsenna à nous, lecteurs. Son dernier roman, Madame Bâ, raconte la vie d'une femme africaine du Mali, une femme passionnément éprise de sa terre natale et qui voit tous ses compatriotes désespérément happés par le mirage du Nord, jusqu'à son petit-fils, Michel. Pour lui, elle devra se résigner à son tour à demander un visa pour la France, mais celui-ci lui sera refusé. Alors elle entreprend d'écrire directement au Président de la République Française pour lui demander son aide, c'est à lui qu'elle raconte le Mali, la France, la corruption, l'hypocrisie, les séquelles du colonialisme mais aussi la féminité, la terre, la vie... Non seulement le roman d'Erik Orsenna sait vous emporter dans les flux et les reflux de sa langue qui vous berce au rythme du fleuve Sénégal si cher à Madame Bâ, mais il vous ouvre les yeux sur une réalité des plus contemporaines : la vie dans cette région d'Afrique et surtout le rôle - symbolique tout autant que politique - qu'y joue notre cher beau pays ; il vous ouvre les yeux sur notre propre responsabilité. Il fait partie pour moi de ces romans qui sont tout à la fois terriblement actuels et universels. C'est un beau, très beau moment à passer.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un vrai bonheur ! 23 mai 2013
Par YVETTE
Format:Broché|Achat vérifié
Le style enlevé et coloré d'Orsenna, nous fait parcourir toute la vie d'une femme africaine!
L'idée de la lettre à Chirac décrivant sur plusieurs centaines de pages la vie et l'esprit qui règnent chez eux, en vue d'obtenir un visa m'a enchantée...
A mettre entre toutes les mains!
Les conclusions de l'auteur sur les motivations des grands travaux en Afrique et leur ralisations nous rappellent que la vie n'est pas un roman.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A offrir... 16 mai 2013
Par Meg
Format:Broché|Achat vérifié
Un livre passionnant, à lire et à offrir pour mieux comprendre la culture africaine et pour se régaler, tout simplement !
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Jerome Cayla TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Broché
Le grand voyageur du monde qu'est Erik Orsenna nous dépeint là une fresque de toute beauté du syndrome africain. Au travers de la vie d'une femme qui réussit tant bien que mal sa vie dans le Sahel malien, l'écrivain nous conte le parcours et les aspirations d'un peuple fier de ses origines, mais aussi la confrontation entre le mode séculaire de la tradition orale et l'univers stupéfiant du modernisme européen. Sa lutte pour conduire ses enfants vers le refus de l'émigration se heurte à l'incompréhension des siens. Toujours positive, cette mère de famille trace son mode de vie et ses ambitions, son combat pour un Mali libre et autonome. Ses questionnements sont autant d'explication nous montrant que face à un affamé, nulle barrière n'est un frein ; que l'espoir de valorisation personnelle est un moteur puissant en regard des frontières ; que parfois, le risque en vaut la chandelle.

Ce livre fait aussi état de différences singulières entre notre perception de la réussite et celle de ces peuplades pauvres : mais dans les deux cas, il s'agit de montrer à ses proches et à eux seuls que l'on est devenu grand. Ce besoin de reconnaissance fait fi des difficultés, du mal vivre pourvu qu'il donne le moyen de montrer quelque éclat : brillance et opulence sont des notions bien subjectives selon la géographie...
En lisant ce livre, le lecteur se sentira africain et ne pourra s'empêcher de voir d'un jour nouveau les hommes frappant à notre porte.
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Commentaires client les plus récents
4.0 étoiles sur 5 Pour les inconditionnels
Très agréable lecture. Savoureuse et intelligente. J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à suivre madame Bâ tout au long des pages de ce truculent... Lire la suite
Publié il y a 23 jours par padrazonia
4.0 étoiles sur 5 Au coeur de l'âme africaine
Je recommande ce livre à tous ceux qui sont curieux de l'autre dans ce qui fait sa spécificité. Lire la suite
Publié il y a 23 jours par FAYARD Marie-Claire
2.0 étoiles sur 5 Autant en emporte le fleuve...
J'ai tardé à aller à la rencontre de madame Bâ, mais les événements récents du Mali ont fini par me convaincre. Lire la suite
Publié il y a 26 jours par Elrousa
3.0 étoiles sur 5 Pour tous ceux qui aiment les maliens ou qui ne comprennent rien aux...
Très bonne idée de Monsieur Orsenna que d'utiliser un document administratif pour nous parler de l'Afrique et surtout des maliens et maliennes, de leur amour pour le... Lire la suite
Publié il y a 2 mois par silvili
1.0 étoiles sur 5 Une histoire qui sonne faux...
J'ai été très déçu par cet ouvrage et j'ai du faire un effort pour le lire jusqu'à la fin. Lire la suite
Publié il y a 2 mois par Didier
3.0 étoiles sur 5 Bien
Un livre sympa. Ma mère a vraiment adoré. moi un peu moins, mais bien écrit. Un récit qui transporte, une vie aventureuse bien racontée, bien... Lire la suite
Publié il y a 3 mois par G. Jean-pierre
5.0 étoiles sur 5 Beau et profond
Comme toujours Erik Orsenna me paraît délectable. La profondeur de sa compréhension de l'Afrique et de cette femme qui marie la profondeur de sa tradition avec... Lire la suite
Publié il y a 4 mois par marianne Gassel
3.0 étoiles sur 5 La folle rêverie d'aller en France
C'est un peu angoissant pour les Français de savoir qu'un peuple rêve d'une vie en France en s'aidant de mensonges !
Publié il y a 4 mois par andanne
5.0 étoiles sur 5 Très bons moments de lecture
Au travers d'un formulaire administratif l'histoire d'une mère africaine, d'un pays le Mali, c'est très beau, bien écrit, avec humour, les problèmes... Lire la suite
Publié il y a 4 mois par Monetta
5.0 étoiles sur 5 L'âme africaine
Orsenna, dont on connait la grande qualité littéraire, nous fait découvrir cette âme africaine qui nous semble si compliquée et pourtant si attrayante. Lire la suite
Publié il y a 5 mois par VictorAyoli
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