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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Fascinant ouvrage qui démystifie la mondialisation,
Par Max Weber "Max Weber" (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Made in monde : Les nouvelles frontières de l'économie mondiale (Broché)
Voici certainement l'ouvrage le plus utile que j'ai pu lire ces derniers mois. Bilan d'une enquête menée sur plus de cinq ans auprès de plus de 500 entreprises du monde entier, "Made in monde" nous démontre que les entreprises ne sont pas condamnées à converger vers un seul modèle pour faire face aux enjeux de la mondialisation, à savoir cet épouvantail que constitue l'entreprise qui délocalise ses activités de production dans les pays émergents pour économiser sur les coûts de la main-d'oeuvre.J'ai particulièrement apprécié l'approche pragmatique des chercheurs qui se sont donnés la peine de se rendre sur le terrain pour vérifier précisément en quoi la mondialisation consiste pour les entreprises, et je ne peux que rejoindre Suzanne Berger quand elle condamne vertement l'approche toute théorique du phénomène qu'on sait propre aux macroéconomistes et autres affabulateurs qui déversent leurs inepties sur Radio Classique chaque matin - ce qui n'est pas une raison pour ne pas les écouter, bien entendu. Je ne résiste pas au plaisir de la citer : "Le modèles théoriques partent du niveau macroéconomique en analysant comment les économies fonctionnent et évoluent. Ils en déduisent comment les économies fonctionnent et évoluent. Ils en déduisent comment fonctionnent et réagiront les individus et les entreprises face à une pression commune, au lieu d'étudier la réalités de ces réactions. Le raisonnement déductif se concentre généralement sur les similitudes des réactions entre individus confrontés aux mêmes tensions". Effectivement, un approche totalement abstraite et généraliste de la mondialisation dans le domaine de l'élaboration des stratégies des entreprises fait l'impasse sur des singularités essentielles, et on ne peut que trembler à l'idée que des discours aussi réducteurs soit entendus, voire même écoutés, de décideurs politiques. Loin de s'en tenir à ce point de vue, Suzanne Berger développe l'idée que chaque entreprise compose avec son histoire, qui est aussi celle du pays dans lequel elle est née, pour répondre de la manière qui lui est rendue la plus opportune à l'ouverture des marchés. Pour reprendre son expression, les entreprises "font" la mondialisation, et elles la font toujours en apportant une contribution singulière. Les exemples présentés dans le livre sont empruntés aux secteurs du textile, de l'électronique et de l'automobile, ceux dont les contempteurs de la mondialisation voudraient nous le faire croire qu'ils sont condamnés à disparaître de nos belles contrées - méchante Chine, va ! Suzanne Berger nous montre des entreprises comme Zara ou comme American Apparel, qui continuent à produire dans leurs pays d'origine respectifs, soit l'Espagne et les Etats-Unis. Si de telles exceptions sont possibles, c'est justement qu'elles n'en sont pas, si on veut bien considérer qu'il s'agit là, comme toutes celles qui prospèrent, d'entreprises qui ont appris à être plus réactives. Zara et American Apparel ne parviendraient pas à satisfaire la demande qu'elles suscitent si elles devaient sous-traiter la fabrication à l'autre bout du monde. Leur succès tient à la rapidité avec laquelle elles servent leurs clients. Mais ce serait manquer l'essentiel que de s'en tenir à ces exemples, car le modèle de l'intégration verticale n'est qu'un de ceux parmi d'autres que les entreprises peuvent accroître leur réactivité. En fait, le principal effet de la mondialisation est de conduire les entreprises à fragmenter leur production pour se concentrer sur les phases où elles sont le plus susceptibles d'apporter de la plus-value. D'où le fait que leurs produits sont effectivement de plus en plus "Made in monde". Ceci donne lieu à bien des possibilités, et le livre n'est pas avare d'exemples pour l'illustrer. Je laisse au lecteur la surprise de les découvrir. In fine, on comprend que la mondialisation impose aux entreprises de réfléchir sur elles-mêmes, en se gardant bien de céder à ce premier réflexe qu'il faut délocaliser pour délocaliser, car les économies de coûts de main-d'oeuvre ne sont certainement pas un critère de décision suffisant - d'aucunes s'en sont mordues les doigts, en accumulant les frais occasionnés par la gestion d'une main-d'oeuvre mal qualifiée. Les entreprises sont invitées à se revisiter, à identifier les domaines où elles sont capables d'innover et à investir lourdement dessus en mobilisant le capital humain dont elles disposent. Il est autodestructeur de se serrer la ceinture quand il faut investir ; il n'y a pas d'avenir pour les entreprises anorexiques. Vraiment, il faut lire ce livre : cela conduit définitivement à repenser l'image totalement caricaturale qu'on a pu se faire de la mondialisation, et ce commentaire ne saurait épuiser la richesse du propos qui est tenu. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Question de choix,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Made in Monde : Les nouvelles frontières de l'économie mondiale (Poche)
Le livre enquête de Suzanne Berger est particulièrement intéressant d'abord parce qu'il permet de mieux comprendre les mécanismes concurrentiels et la mondialisation aujourd'hui. Même si on ne partage pas l'approche très libérale (et américano-centrée) de l'auteur qui cherche à rassurer sur le phénomène et à montrer que la mondialisation peut avoir des effets positifs, l'ouvrage n'en reste pas moins intéressant pour la thèse qu'il défend qui tend à démontrer - contrairement aux discours critiques largement répandus - que le contexte de mondialisation actuel n'impose pas une voie unique de développement. En d'autres termes, délocalisation, course aux bas salaires, stratégie de réduction de coûts ne sont pas une fatalité même dans une économie mondialisée. Certes la mondialisation oblige les acteurs économiques à changer leurs façon de faire, à transformer leurs activités ; mais elles ne les condamnent pas à une spirale "vers le bas". Plusieurs exemples parmis les 500 entreprises ayant servies à l'étude sont même de belles résussites d'entreprises ayant fait d'autres choix. Finalement, une vision assez optimiste.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une enquête sérieuse et impartiale,
Par Arnaud "lecteur lambda" (Le Creusot, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Made in monde : Les nouvelles frontières de l'économie mondiale (Broché)
Ce livre m'a été conseillé par le dirigeant d'une grande entreprise et je ne regrette pas de l'avoir acheté!Basé sur une enquête réalisée sans partie pris, les auteurs nous montrent qu'il existe encore de multiples schémas de grandes ou de petites entreprises performantes qui ne passent pas forcément par la délocalisation en Asie. Ne vous laissez pas décourager par le langage un peu technique du début (qui pose les bases de l'études) et vous serez vite captivés par cette très bonne analyse, assez éloignée, il est vrai, de la pensée unique à la française dont on nous abreuve. Un livre à conseiller en particulier à tous les entrepreneurs de France et de Navarre pour les bonnes idées qu'il pourra leur donner. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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