Pour fêter le 150e anniversaire de la naissance de Gustav Mahler, Universal Music propose, sous label Deutsche Grammophon, une "Edition complète" qui a le mérite de rassembler des enregistrements vraiment divers et de grande qualité issus des catalogues Philips, Decca, Deutsche Grammophon et même Teldec. Je ne possède pas encore cette édition, mais je connais bien plusieurs des enregistrements qu'elle propose et son programme me semble suffisamment original et réussi (les intégrales étant en général plutôt monolithiques et ennuyeuses) pour mériter d'être détaillé et commenté (NB: quand je ne dis rien, c'est que je ne connais pas l'enregistrement proposé):
SYMPHONIE N° 1: Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Rafael Kubelik (1967)
L'approche claire, directe et plutôt rapide de Kubelik convient très bien à cette symphonie lumineuse.
BLUMINE: Boston Symphony Orchestra, Seiji Ozawa (1977)
SYMPHONIE N° 2: Ileana Cotrubas, Christa Ludwig, Wiener Philharmoniker, Zubin Mehta (1975)
SYMPHONIE N° 3: Maureen Forrester, Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink (1966)
Cette version est, à juste titre, une référence majeure depuis sa parution. Le Concertgebouw est remarquable sous la baguette de Haitink et Maureen Forrester a une voix superbe.
SYMPHONIE N° 4: Juliane Banse, The Cleveland Orchestra, Pierre Boulez (1998)
Boulez donne à cette symphonie une vivacité et une luminosité éblouissantes. La voix de Juliane Banse est correcte, mais malheureusement pas exceptionnelle.
TOTENFEIER: Chicago Symphony Orchestra, Pierre Boulez (1996)
Boulez donne une interprétation efficace de la première mouture du 1er mouvement de la 2e symphonie.
SYMPHONIE N° 5: Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein (Live, 1985)
Comme toujours, Bernstein est plein de vie et de passion. On peut ne pas aimer mais, dans son genre, c'est fascinant.
SYMPHONIE N° 6: Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado (Live, 2004)
Abbado place l'Andante avant le Scherzo et donne une belle lecture de cette symphonie, lecture couronnée par un Choc du Monde de la Musique. Son interprétation me semble néanmoins un peu terne comparée à d'autres (Haitink, Karajan, Bernstein). La prise de son est malheureusement, elle aussi, un peu terne.
SYMPHONIE N° 7: Philharmonia Orchestra, Giuseppe Sinopoli (1992)
Sinopoli opte pour des tempi plutôt retenus, il fouille la partition et livre une lecture selon moi assez remarquable de cette symphonie si difficile à réussir.
SYMPHONIE N° 8: Heather Harper, Lucia Popp, Yvonne Minton, Helen Watts, René Kollo, John Shirley-Quirk, Martti Talvela, Wiener Sängerknaben, Wiener Singverein, Wiener Staatsopernchor, Chicago Symphony Orchestra, Georg Solti (1971)
Cette version est un classique en raison de la qualité de la distribution et de l'énergie déployée par Solti et Chicago. Je préfère néanmoins la version d'
Abbado, que je trouve plus subtile et poétique tout en étant aussi bien chantée.
SYMPHONIE N° 9: Berliner Philharmoniker, Herbert von Karajan (Live, 1982)
SYMPHONIE N° 10 (Edition Deryck Cooke): Radio-Symphonie-Orchester Berlin, Riccardo Chailly (1986)
DAS LIED VON DER ERDE: Francisco Araiza, Brigitte Fassbaender, Berliner Philharmoniker, Carlo Maria Giulini (1984)
Sans égaler celles de Walter ou Klemperer, cette interprétation assez retenue a quelque chose d'envoûtant et mérite vraiment d'être connue.
DES KNABEN WUNDERHORN: Thomas Quasthoff, Anne Sofie von Otter, Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado (1998)
Cette version n'a pas été très bien accueillie par la critique, mais je l'ai, pour ma part, toujours beaucoup aimée.
LIEDER EINES FAHRENDEN GESELLEN, KINDERTOTENLIEDER, RÜCKERT-LIEDER: Thomas Hampson, Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein (Live, 1988 et 1990)
Hampson, Vienne et Bernstein sont exceptionnels dans ces cycles. On peut bien sûr préférer parfois une voix féminine pour ces lieder, mais on ne trouvera que rarement une telle qualité d'interprétation.
DAS KLAGENDE LIED: Susan Dunn, Brigitte Fassbaender, Werner Hollweg, Andreas Schmidt, Markus Baur, Radio-Symphonie-Orchester Berlin, Riccardo Chailly (1989)
LIEDER UND GESÄNGE AUS DER JUGENDZEIT: Bernd Weikl, Philharmonia Orchestra, Giuseppe Sinopoli (1985); Anne Sofie von Otter, Ralf Gothoni (1987); Thomas Hampson, Philharmonia Orchestra, Luciano Berio; Thomas Hampson, David Lutz (1992)
Je ne connais que le disque d'
Anne Sofie von Otter avec Gothoni, et il est exceptionnel et mérite d'être connu: en plus des lieder de Mahler, il contient de remarquables lieder de Wolf.
QUATUOR POUR PIANO EN LA MINEUR (1876): Gidon Kremer, Veronika Hagen, Clemens Hagen, Oleg Maisenberg (1994)
Cette oeuvre méconnue est très belle et ici très bien interprétée.
DIE DREI PINTOS, Entr'acte (pièce de Weber complétée par Mahler): Russian National Orchestra, Mikhail Pletnev (1996)