ParMélomaniac1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 10 COMMENTATEURS
Format:CD
Paul Kletzki aborde la "Quatrième" avec un naturel et une aisance déconcertants : le "bedächtig" allie candeur enfantine et émerveillement, avec des tournures facétieuses du pupitre des bois, particulièrement sollicité à l'ouvrage.
Le "scherzo" se montre plus inquiet, presque moderniste, sans que l'onirisme latent ne menace son mystère.
Le "ruhevoll" atteint des sommets de poésie, par des phrasés de cordes infiniment subtils et surtout grâce à ce hautbois impalpable, au timbre si délicat, qui permet les volutes les plus séraphiques.
Ces moments de pure magie rachètent la relative déception du lied final où les images angéliques peintes minutieusement par le chef sont dissipées par une soprano dont le chant me paraît trop prosaïque.
C'est dommage car l'esprit avait visiblement soufflé ce jour-là dans les studios d'Abbey Road, nous offrant une des plus envoûtantes lectures de cette symphonie, enluminée par les couleurs magiques du Philarmonia dans ses meilleures années.
Avec le Philarmonique d'Israël, le "Chant de la terre" trouve une incarnation vibrante dans les voix de Murray Dickie, et surtout de Dietrich Fisher-Dieskau, déchirant dans l'Adieu.
Mais il le sera tout autant avec Bernstein à Vienne, qui plonge encore plus profond dans l'océan de larmes qu'est cette ultime révérence au monde.