- Bénéficiez d'un bon d'achat de 3 euros valable sur les téléchargements d'albums MP3 pour tout achat de 15 euros minimum en CD ou vinyles sur Amazon.fr Plus d'informations (des restrictions s'appliquent)
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
Thomas Quasthoff est un très bon chanteur, et j'ai beaucoup aimé sa participation au Des Knaben Wunderhorn d'Abbado, avec Von Otter (DG), mais, ici, sa voix, qui est naturellement grave, est vraiment dépassée par la tessiture très aiguë des Lieder eines fahrenden Gesellen. Ecoutez, par exemple, le début de " Ging heut morgen übers Feld " : la voix de Quasthoff y est mise à rude épreuve et il est obligé de " crier " les mots " schöne Welt " au lieu de les chanter. Pour les Lieder eines fahrenden Gesellen, je resterai donc fidèle à Hampson/Bernstein ou à Von Otter/Gardiner (tous les deux chez DG).
Le problème de Violeta Urmana est différent : déjà présente sur le Das Lied von der Erde de Boulez, elle y était très probe mais aussi sans qualité exceptionnelle ni force expressive remarquable. Elle est tout aussi " neutre " ici (la voix est sans charme particulier et l'engagement est assez pauvre) et son chant est souvent gâché par un vibrato un peu trop ample. Pour les si sublimes Rückert Lieder, je resterai donc fidèle à Von Otter/Gardiner et Hampson/Bernstein (DG) ou, bien sûr, aux enregistrements incomplets de Ferrier/Walter (Decca) et Schwartzkopf/Walter (Music & Arts). Hampson, accompagné au piano par Wolfram Rieger, est aussi passionnant (EMI).
Quant à Von Otter, qui est sans doute l'une de mes chanteuses préférées (quoiqu'elle n'ait pas exactement ce qu'on peut appeler une belle voix, mais elle a un tel génie de l'expression !), et qui nous a donné avec Gardiner un enregistrement Mahler/Zemlinsky époustouflant (DG), elle est malheureusement un peu dépassée vocalement elle aussi : les tempi assez retenus mettent sa voix à rude épreuve et son vibrato est parfois excessif. Mais il y a aussi de très beaux moments (en particulier l'assez sauvage " In diesem Wetter ") et les admirateurs de Von Otter voudront sans doute entendre ses Kindertotenlieder qui, même imparfaits, portent la marque de son chant décanté et puissant. On n'en retournera pas moins à Ferrier/Walter (EMI) ou à Hampson/Bernstein (DG) ou encore, pour une version avec piano, à Hampson/Rieger (EMI).
Enfin Boulez est lui aussi un peu décevant : ce qui faisait à mes yeux le prix de ses Malher, c'était leur engagement (les tempi assez vifs de la 4e, la lumière aveuglante de la 3e, etc.) ; or il est ici assez en retrait et, si sa main fabuleuse est perceptible par moments (écoutez " In diesem Wetter ", la plus belle plage du disque à mes yeux), elle est aussi souvent effacée, réservée.
On peut donc acheter ce disque, comme je l'ai fait (pour Boulez et Von Otter), mais il ne faut pas s'attendre à y trouver des interprétations décisives.
|
|
|