Le fait de disposer de la neuvième symphonie de Mahler, la crépusculaire, sur un seul cd pourrait être trompeur sachant qu'à la baguette ou à la main plus précisémment, il y a Pierre Boulez. Est-ce la un signe de précipitation, de lecture froide, désincarnée mais techniquement impeccable? . Eh Bien non! Malgré les magnifiques versions Karajan, Giulini, Bernstein, même Chailly, celle ci est véritablement bouleversante, d'une intensité rare. Le pied levé sur le rubato, Boulez dirige un somptueux orchestre de Chicago avec une fluidité, un naturel déconcertant qui assure les transitions avec une intense émotion, une compréhension qui porte son geste parmi les plus belles interprétations. La vitesse (relative tout de même: 79'46'') de son exécution confère à l'ensemble un certain sentiment d'urgence poignant.
La prise de son de Ulrich Vette est bonne, bien qu'un peu sèche comme à son habitude, et l'on regrette tout de même l'absence sur ce projet de Rainer Maillard qui nous avait avec la première symphonie et le même orchestre, offert une prise de son plus dense, plus charnelle, plus grisante et à la dynamique saisissante.