Cette oeuvre est pour moi l'oeuvre la plus complexe, la plus belle et la plus à même de décrire les sentiments humains comme la nostalgie, l'amour de la vie et une vision optimiste de la mort, avec une conscience de la disparition des choses de la vie. Alban Berg a écrit sur le premier mouvement que c'est la plus belle chose écrite par Mahler, j'irai plus loin en disant que c'est le plus beau mouvement jamais écrit.
Si le Claudio Abbado des années 70 n'est pas connu pour être le plus émotionnel des chefs, ce qui n'enlève rien à son talent, la maladie l'a profondément changé. Ce CD est le meilleur exemple de ce changement, et bien que la première version de la 9ème avec les Berliner soit intéressante, celle-ci est complètement transfigurée. Bien que certains préfèrent des versions plus romantiques de cette symphonie, comme Sinopoli/DG ou dernièrement la version de Jonathan Nott, il faut pour moi ressentir un sentiment permanent d'angoisse dans cette oeuvre, sans aller trop loin comme Karajan/DG Studio ou Klemperer car c'est insoutenable. Ici, l'équilibre est juste et l'émotion est forte, malgré de très belles attaques, de très beaux fortissimi et des mouvements médians plutôt joyeux.
C'est pour moi la troisième version a posséder de l'oeuvre, après Bernstein/Berliner/DG et Sinopoli/Dresden/Hännsler, mais elle peut également s'apprécier en première version, et a l'avantage d'être sur un seul CD, ce qui évite le changement agaçant de CD au milieu de l'oeuvre...