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22 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Très bon, mais avec quelques limites vocales, 19 octobre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 8 (CD)
Que Boulez ait pu finalement achever son cycle Mahler est une bonne nouvelle pour tous ceux qui, comme moi, suivent son entreprise depuis le début. Mais la question est : que vaut vraiment cette 8e de Mahler par Boulez ? Eh bien je dirais que cet enregistrement, après l'avoir comparé avec les autres versions que je possède (Haitink, Ozawa et Abbado) constitue une très bonne version, mais avec quelques regrettables limites vocales. Comme toujours, Boulez sait alléger et clarifier les lignes, ce qui est bienvenu dans cette oeuvre particulièrement dense; il sait aussi prendre son temps et laisser respirer cette musique tout en lui apportant le tranchant et la précision requis par tous les passages qui basculent déjà vers le XXe siècle. Sur le plan orchestral et choral, c'est donc une réussite.
Mais malheureusement les chanteurs, qui sont déterminants dans cette oeuvre, ne sont pas tous très bons: Hanno Müller-Brachmann et Robert Holl, ainsi que Adriane Queiroz, Michelle de Young et Simone Schröder sont convaincants, mais Johan Botha est un peu poussif et ne peut rivaliser avec l'excellent Peter Seiffert chez Abbado. De même, Twyla Robinson et Erin Wall, avec leur voix sans charme et à la vibration parfois excessive, ne peuvent égaler la voix magnifique de Cheryl Studer, ni celle un peu légère mais très stable de Sylvia McNair (toujours chez Abbado, dont la version est vraiment la mieux chantée que je connaisse pour l'instant). Du coup, les interventions si essentielles de la Pénitente et du Docteur Marianus manquent de beauté et n'apportent pas l'émotion qu'on attend. De même, le trio qui réunit Magna Peccatrix, Mulier Samaritana et Maria Aegyptiaca n'a pas le même charme que chez Abbado.
A l'inverse il faut cependant reconnaître à cet enregistrement un vrai engagement et une vraie présence : même si Boulez, tout comme Abbado, laisse respirer la musique et ne traverse pas cette symphonie mystique au pas de charge (heureusement!), on ne peut lui reprocher le détachement poétique que certains reprochent à Abbado. L'ensemble est donc très bon, mais, à cause de ses limites vocales, il n'emporte pas totalement l'adhésion.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Boulez face à une oeuvre resplendissante de joie créatrice, 14 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 8 (CD)
C'est en 2007 que DG publia ce double CD pour permettre à Pierre Boulez de terminer son cycle mahlérien. On ne doit pas s'étonner du fait que ce grand chef d'orchestre et compositeur décida de finir par cette "Huitième" : en effet, on sait qu'elle a été surnommée symphonie des "Mille", étant donné le nombre colossal de musiciens nécessaires à son exécution. Ajoutons que c'est plus un ensemble de voix solistes et de choeurs avec orchestre qu'une simple symphonie intégrant voix solistes et choeurs.
Boulez s'attaque donc ici à un monument de l'histoire de la musique germanique postromantique (d'une durée de près d'une heure trente !), qui fut créé à Munich en 1910. Faut-il rappeler que Gustav Mahler devait mourir l'année suivante, et que - en cette année 2011 - nous allons célébrer le 100ème anniversaire de sa disparition (sans oublier qu'en 2010, nous avons pu fêter le 150ème anniversaire de sa naissance) ?
On sait que les enregistrements studio de cette oeuvre sont extrêmement difficiles à réussir pleinement, car comment rendre, dans une telle "masse", les différents plans sonores et pupitres des musiciens ? Comment échapper à l'effet de ce que certains critiques ont pu appeler - encore plus que pour Bruckner - une "symphonie mammouth" ?
Compte tenu de ce qui précède, on se doit de dire que cette interprétation est une réussite, souvent impressionnante, que ce soit la "Première Partie" (comme de la lave en fusion : Hymnus "Veni, creator spiritus"), ou la "Seconde Partie" (Scène finale du "Second Faust" de Goethe, incluant des transparences sonores superbes).
Cela dit, il faut nuancer notre enthousiasme : globalement, en effet, les solistes vocaux - assez peu connus par ailleurs, en dehors notamment du ténor Johan Botha - laissent à désirer le plus souvent.
Mais, l'orchestre (la Staatskapelle Berlin) et les choeurs sont remarquables et dirigés de main de maître par notre grand chef français Pierre Boulez ! Nous avons donc là une très bonne version d'une oeuvre si difficile à rendre en dehors du concert.
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5.0 étoiles sur 5
Le gigantisme dans la clarté, 9 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 8 (CD)
Il fallait que Pierre Boulez soit là pour rendre à cette oeuvre, si complexe et si dense, clair, précise et surtout musicale, sa parfaite dimension. Bravo au grand maître, aux solistes vocaux excellents et à ce merveilleux orchestre qu'est la Staatskapelle de Berlin.
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