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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Mensonges et faux semblants,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret et l'affaire Nahour (Poche)
Réveillé en pleine nuit par son ami le Docteur Pardon, Maigret apprend que celui-ci a soigné une jeune femme blessée au dos par une balle et qui a disparu avant qu'il ait pu noter ses coordonnées. Cette mystérieuse affaire a-t-elle quelque chose à voir avec le meurtre d'un joueur professionnel abattu dans son bureau d'un immeuble cossu, de l'autre côté de la ville, dans un quartier huppé? Pourquoi la blessée a-t-elle fui sans demander son reste, et pourquoi l'homme qui l'accompagnait a-t-il servi à Pardon une histoire rocambolesque?
C'est à ces questions que Maigret devra répondre en menant, avec sa patience et sa ténacité légendaires, une enquête au milieu de gens qui semblent tous avoir quelque chose à cacher. En me voyant lire ce roman, un ami s'étonnait d'un air un peu moqueur. Oui, je sais bien que Maigret n'est pas le dernier personnage à la mode, mais, bien que j'aie lu beaucoup de Simenon « traditionnels », comme « L'Aîné des Ferchaux», « Le Bourgmestre de Furnes» ou « Le Chat », j'ai lu relativement peu d'enquêtes du célèbre commissaire. Il est vrai que celle-ci n'a ni le rythme effréné, ni le suspense haletant des thrillers modernes, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut rejeter avec mépris son charme suranné, ses décors et méthodes désuets. Il y a une vraie atmosphère dans ce roman et Maigret arrive à démêler le vrai du faux, tout en restant taciturne et bonhomme. Il n'en est pas moins attentif et arrive à mener tout un raisonnement qui surprend celui qui l'avait sous estimé. Dans un Paris engourdi et ouaté par la neige et la nuit, on passe d'un intérieur bourgeois et clos à la suite d'un palace, du bar d'un casino au modeste cabinet du médecin des « petites gens ». Maigret écoute sans sourciller des personnes hautaines lui débiter des mensonges. Il feint d'entrer dans leur jeu et, par petites touches, finit par leur extorquer la vérité. Je ne peux plus dissocier son image de celle du regretté Bruno Crémer, et je pense que je replongerai encore bientôt dans les délices de cette nostalgie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3.0 étoiles sur 5
Maigret ne doute-il pas un peu de sa propre conviction ?,
Par Bertrand LE FOLL "Noir de Polars" (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret et l'affaire Nahour (Poche)
Maigret est plus ou moins à l'aise dans les milieux qu'il est amené à fréquenter, Georges Simenon de même semble-t-il, car à aucun moment le souffle que nous aimons tant, l'ambiance qu'il réussit à créer dans presque tous ses romans ne passe vraiment ici. Rassurez-vous, ça reste du Simenon, c'est donc très bien fait, mais la pâte ne lève pas complètement.Maigret n'aime pas l'enquête dont il est chargé, c'est visible. Il ne l'aime pas parce qu'il est confronté à deux éléments qu'il juge en négatif. Le milieu d'abord : bourgeois, mais pas le bourgeois qu'il connait, car ici c'est du bourgeois international, insaisissable, du bourgeois qu'il ne connait pas, qu'il n'a jamais approché auparavant. La langue ensuite : ces gens là parlent soit l'arabe, soit l'espagnol, soit le néerlandais, pas facile dans ces conditions de percevoir les nuances, de se convaincre d'instinct. Cette enquête, il la maitrise difficilement. Les personnages mentent presque tous, chacun dans leur langue, ou font semblant de ne pas comprendre. Qui a bien pu tuer Félix Nahour, né d'un père banquier mais qui s'est révélé dans le jeu, en a fait sa profession et s'y est enrichi ? Sa femme, un bel objet blond épousé pour s'afficher aux côtés de son maître ? La femme de chambre de cette dernière, qui est moins idiote qu'elle ne l'affiche ? La bonne, fielleuse parigote qui méprise, voire hait, tous ces gens trop riches ? Le frère du mort, banquier lui aussi, qui avait intérêt au décès de son aîné ? L'amant, qui n'en pouvait plus de voir madame Nahour malheureuse ? Le secrétaire du défunt, ombre maléfique de la maisonnée ? Cela, vous le saurez en lisant « Maigret et l'affaire Nahour » ' Eh bien non, vous ne le saurez pas vraiment, car si la conviction de Maigret est faite, les preuves manquent. D'ailleurs Maigret ne doute-il pas un peu de sa propre conviction ? D'ailleurs, Simenon est-il si sûr de la construction de sa trame romanesque ? C'est là que le bât blesse, ce scénario sent un peu trop le tâtonnement, respire l'indécision du final. Ce n'est pas un mauvais livre, parce que rien chez Simenon n'est petit ou mal fait, mais on a connu tellement plus fort ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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