Montmartre, années 50. La police est sur les dents. Un maniaque rôde la nuit dans les rues désertes et poignarde les femmes seules. En quelques mois, il a déjà fait cinq victimes et tout laisse à penser qu'il y en aura d'autres. Mais comment arrêter un psychopathe assassinant au hasard et dont le mode opératoire échappe à toute raison? Bien décidé, pourtant, à mettre un terme aux agissements de ce tueur insaisissable, Maigret imagine alors un piège ingénieux... Qui est aussi, hélas, hautement risqué... Parue en 1955, cette enquête éminemment atmosphérique compte assurément parmi les meilleures de notre cher commissaire à la pipe dont la légendaire perspicacité est ici mise à rude épreuve! D'abord purement policière, l'intrigue évolue pour se transformer à mi-roman en une sorte de thriller freudien. Car Maigret ne traque pas seulement dans ce livre un tueur en série, il traque aussi et surtout le mobile intime de sa folie meurtrière, un mobile enfoui au plus profond de son être et qui plonge ses racines au coeur de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus fondamental. C'est ça aussi, je crois, la grandeur de Simenon. Chez lui, le crime se réduit rarement à de mesquines histoires d'intérêt. Lorsqu'on tue, sous sa plume, c'est le plus souvent pour des raisons existentielles, des raisons qui mettent en jeu des sentiments si subtils, si ténus qu'ils sont presque à la limite du formulable... Maigret, au fond, n'est pas vraiment un flic... C'est un psychanalyste sans divan...