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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Où l'assassin nargue « Mr » Maigret, piqué au vif, qui piétine !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret tend un piège (DVD)
"Maigret tend un piège" est un film policier franco-italien de Jean Delannoy (1957-1h56) sorti en 1958 à Paris
Scénario : R.M. Arlaud, Michel Audiard, Jean Delannoy et Georges Simenon (d'après son livre Homonyme) Photo (Noir et Blanc) : Louis Page / Musique : Paul Misraki / Montage : Henri Taverna Casting : Jean Gabin (Commissaire divisionnaire Jules Maigret), Annie Girardot (Yvonne Maurin), Jean Desailly (Marcel Maurin), Olivier Hussenot (Lagrume), Jeanne Boitel (Madame Maigret), Lucienne Bogaert (Mme. Maurin Adèle la mère), Jean Debucourt (Guimart), Guy Decomble (Mazet), Gérard Séty (Georges "Jojo" Vacher)... Synopsis : 1957. Une femme dont les vêtements ont été lacérés est retrouvée morte dans le quartier du Marais, à Paris. Peu après deux autres femmes sont assassinées de la même façon. Le 2 août, l'assassin recommence et nargue le commissaire Maigret pour la quatrième fois. Ce dernier, piqué au vif, décide de lui tendre un piège... Nous sommes le vendredi 2 août 1957, la nuit tombe et il fait chaud à Paris ce soir-là. Un homme fait quelques pas sous les voutes de la place des Vosges, puis traverse la rue et se dirige vers une borne de police, qu'il ouvre. Dans le commissariat du 4e arrondissement le standard résonne, un policier en uniforme branche une fiche se saisit du combiné : - oui ! j'écoute ! (Petit silence) il reprend : - Ah... C'est toi... Non vieux, rien de rien, calme plat... (éternuement) - A tes souhaits... (Attablé devant un jeu de dames) un deuxième policier interroge : - C'est Lagrume ? Signe de tête affirmatif du premier policier qui continue : - Au tabac Sévigné... Entendu, si j'entends parler du tueur j'te passe un coup d'fil ! D'accord ! Il raccroche et se tournant vers son collègue : - Celui-là avec son tueur, il se rend malade ! (l'autre policier ajoute) : - Et nous avec ! L'inspecteur Lagrume a de nouveau rejoint le trottoir sous les voutes et l'on entend, en fond sonore, la belle voix de Paule Desjardins qui chante "Ca sert à rien" (Cette chanson, paroles d'André Hornez et musique de Paul Misraki, est aussi une des musiques du film). Passant devant une boucherie qui, bien que fermée à cette heure tardive, est éclairée, car le boucher prépare ses commandes du lendemain, tout en chantonnant "Ca sert à rien". Lagrume fait quelques pas et passe devant la boutique puis disparait de l'image. Un homme chapeauté, que l'on voit de dos, se faufile le long des barreaux qu'il touche de ses gants de peau. Il est étrange et semble malade. Le boucher revient de sa chambre froide un quartier de viande dans les bras et le dépose sur l'étal de l'arrière boutique, toujours en fredonnant. Un grincement métallique attire son attention. Il jette un coup d'oeil dans la boutique et se dirige vers la grille ouverte qu'il referme et verrouille. Gros plan sur les couteaux, le boucher en saisit un, puis il repart dans sa réserve pour reprendre son ouvrage. A quelques pas de là, une femme qui tient à la main un étui à violon, passe devant trois personnes assises sur des chaises. Elle semble pressée. L'une des trois s'adresse à elle : - Bonsoir madame Juteau, vous n'êtes pas en avance ! Madame Juteau, tout en marchant, se tourne vers eux et dit - M'en parlez pas, avec ce temps là, je m'étais endormie ! Et elle active le pas en prenant une petite rue déserte. Quelques instants plus tard, elle est sauvagement assassinée. Le tueur du Marais vient de faire sa quatrième victime... Un film plutôt lent qui joue surtout sur la réflexion et la psychologie des personnages. Gabin y joue un Maigret rusé servi par la chance et son flair. Il s'approprie tellement bien le rôle du commissaire que Gabin devient Maigret et vice versa et aucun autre comédien ayant tenu ce rôle ne semblera plus jamais aussi crédible. "Maigret tend un piège" sera le premier Maigret tourné par Jean Gabin. Viendront ensuite "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre", toujours avec Jean Delannoy, puis le dernier, "Maigret voit rouge" réalisé par Gilles Grangier. Dommage qu'il se soit arrêté là. Annie Girardot qui joue Yvonne Maurin est une immense comédienne qui a tournée de 1955 son premier vrai rôle dans la comédie "Treize à table" (elle a 24 ans) jusqu'à 2007, 159 films (y compris les téléfilms et séries télés). Quelques-uns parmi tant d'autres : 1956, "L'homme aux clés d'or", 1957 "Le Rouge est mis", 1960 "Rocco et ses frères", 1973 "Traitement de choc", 1978, "La Zizanie"... Etc. Jean Desailly (Marcel Maurin) est assez bon dans son rôle de psychopathe. Mais c'est la comédienne Lucienne Bogaert qui nous révèle un tempérament qui sort de l'ordinaire elle nous avait déjà servie sa prestation surprenante dans le rôle de Gabrielle en 1956 pour "Voici le temps des assassins". Conclusion : Un excellent Maigret/Gabin dans un thriller à la française. On devine très vite qui est l'assassin mais ce n'est pas grave puisque l'intérêt premier étant l'enquête et son déroulement, piste après piste, pour aboutir à trouver les preuves formelles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Maigret vu par Jean Delannoy,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret tend un piège (DVD)
Une femme est retrouvée morte place des Vosges. C'est la première d'une série de plusieurs femmes lacérées au couteau. Pour attraper le coupable, Maigret (Jean Gabin) décide de tendre un piège au meurtrier en faisant croire qu'il a arrêté le réel responsable alors qu'il a arrêté un faux coupable de circonstance.
Les deux Maigret que Jean Delannoy a réalisés, celui-ci et Maigret et l'affaire Saint-Fiacre sont parmi les réussites du genre ; il y a, dans Maigret tend un piège une extraordinaire reconstitution du climat caniculaire et poisseux du quartier qui s'étend entre les Halles et la place des Vosges, le Marais d'avant la vogue singulière qu'il connaît actuellement. L'anecdote est à mes yeux trop tournée vers la résolution de l'énigme "Qui a tué ?" ce qui n'est pas le souci premier de Simenon la plupart du temps mais qui était sans doute nécessaire pour réaliser un franc succès public, mais la distribution est remarquable. Gabin est parfait et les personnages féminins supérieurement choisis, d'Annie Girardot en femme passionnée et adultère par amour, curiosité et frustration à Paulette Dubost, caissière à la cuisse légère. La palme à Lucienne Bogaert - visage comme on n'en fait plus - presque aussi fascinante et monstrueuse que dans le sublime Voici le temps des assassins. Il n'y a guère que Jean Desailly que je trouve un peu en retrait : impuissant, certes, ce qui explique bien des choses, il est tout de même un peu trop mièvre pour susciter l'amour exceptionnel que lui voue sa femme. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un Maigret parfait,
Par Michel Juvenet "micheljuvenet" (belgique) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret tend un piège (DVD)
De nombreux acteurs ont incarné Maigret (Charles Laughton, Gino Cervi, Jean Richard, Bruno Cremer, Albert Préjean et ici Jean Gabin) et tous y ont bien réussi (sauf Préjean complètement à côté du personnage). Ce qui fait la valeur particulière des 3 films tournés par Gabin, c'est surtout la richesse des seconds rôles. Nous avons ici Pierre Louis, Jean Tissier, Olivier Hussenot, Alfred Adam, Lucienne Bogaert, Annie Girardot, Paulette Dubost, Lino Ventura, Gérard Sety et Jean Desailly tous plus justes les uns que les autres, avec une mention spéciale à jean Desailly à qui sa formation théatrale permet de donner toute son étoffe à un personnage difficile et torturé. La scène de l'interrogatoire final est un régal. On peut reprocher à Gabin de faire endosser sa personnalité à Maigret plutôt que le contraire, mais le résultat est là.
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