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Sur
Making Movies, la qualité cinématographique des histoires, parfois un peu ridicules mais généralement engageantes, est immanquablement submergée par la musique, bande originale de batterie grondante, de piano en cascade, de mélodies évolutives, sur laquelle se découpent les parties de guitare de Mark Knopfler. "Skateaway" est tellement entraînante qu'on en oublie la légèreté des paroles (sur une fille qui fait du patin à roulettes dans la circulation). Lorsque Knopfler raconte des histoires à la hauteur de la musique, cet album est d'une grande beauté. "Romeo And Juliet" est particulièrement fort, avec sa déclaration d'amour tout en douceur, on ne peut plus humble.
--David Cantwell
Critique
Après un deuxième album copie conforme du premier mais sans chansons aussi fortes, Mark Knopfler imprime à son groupe une nouvelle orientation, plus élaborée, moins monolithique, privilégiant les changements de rythmes, voulant plus surprendre l’auditeur, et étoffe le son. Il a remplacé son frère David par le guitariste américain Sid McGinnis, et son co-producteur Jimmy Iovine lui a conseillé Roy Bittan le claviers du E Street Band de Bruce Springsteen. L’allégorique
« Tunnel of Love » donne aussitôt le ton, l’action se déroule dans une fête foraine et débute à l’orgue par un emprunt d’une célèbre mélodie de la comédie musicale américaine
Carousel (1945). Il se termine par un superbe solo de guitare (improvisé en studio) de Mark Knopfler qui a dû ensuite retranscrire son solo afin de le reproduire fidèlement sur scène,
« Tunnel of Love » étant devenu l’un des morceaux incontournables des concerts, réclamé par le public. On l’entend dans la bande son du film de Taylor Hackford
Officier & Gentleman et l’écrivain Douglas Adams fait référence à la chanson dans son roman de science fiction
Salut, et encore merci pour le poisson.
Toute aussi populaire est devenue le dialogue amoureux de
« Romeo and Juliet » qui débute par des arpèges à la guitare métallique National Steel, et relate la récente liaison de Knopfler avec la chanteuse Holly Beth Vincent (de Holly & The Italians puis brièvement des Waitresses). Le morceau de choix de
Making Movies demeure
« Skateaway » (dont est tiré le titre de l’album, qui provient du pont de la chanson : « she’s making movies on location »), histoire anecdotique d’une patineuse téméraire qui circule en écoutant son baladeur (le « Walkman » de Sony venait juste de sortir). Le 45 tours
« Skateaway » s’est vu attribuer deux faces B différentes, incluses dans l’album et presque aussi intéressantes :
« Solid Rock » pour le marché américain, et
« Expresso Love » pour l’européen.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story