Une trauermarsch dévastatrice, un scherzo les nerfs à vif, un adagietto ni langoureux ni bêtement "romantique" mais désespéré. la Cinquième de Mahler par Boulez est la musique de la rage et du désespoir. Sans jamais disséquer l'oeuvre, sans jamais la "squeletiser", sans jamais la tirer vers Webern ou Berg, Boulez, en fin connaisseur de son architecture et de sa forme tripartite, nous en apprend autant sur Mahler qu'Henry Louis de la Grange, son plus sérieux biographe! Il en signe une version magistrale! Superbement captée de près à chaque pupitre, le Philharmonique de Vienne a un grain, une force de frappe, une véracité des timbres, une ampleur des percussions, un soyeux des cordes à nulle autre pareil! A l'instar de sa non moins magistrale vision de la Sixième symphonie, les tonmeisters de la DG ont privilégié, avec un certain apropos le bas médium et le grave ce qui confère à l'image orchestral un désespoir accru d'une densité et d'une dynamique inouîe.